LA DISCIPLINE
L'anarchie en tiaut et «a ba». ~ Pas de victoire saos discipline.
— L'obéissance au deToir. — Création d'un Conseil de guerre par lésion. — Organisation de !a Cour martiale. — Arrêté réglant la procédure. — Appel aux licenciés en droit. — Condamnation il mort du coratnandant Giiod. — Intervention de la Comm^esioQ executive. — Délibération de la Commune. — Manque d'énergie de la Commune. — Eossel veut d é mission ne r.
— PropoBitiua d'uûe dictature. — Nouvelle CoQC martiale.
Après r administration, ce qu'il y a de plus important dans une organisation militaire, c'est la discipline. J'ai vu bien des organisations et beaucoup d'insurrections dans ma vie. Jamais je n'ai vu rien de comparable à l'anarchie de la Garde Nationale en 1871. C'était l'idéal do genre et Proudhon a dû être satisfait des fruits que l'arbre planté par lui en 48 portait en H.
L'exemple, venant d'en haut, ne pouvait manquer d'être suivi en bas. Et du moment que le ComiléCentral et la Commune croyaient pouvoir me faire contrôler par un Ferrât, un Laccord et un Arnold, un bibassier,
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un cuiBinier et un architecte ; du moment que ia Commune poussait l'atierration mentule jusqu'à confier à Delescluze, un journaliste, le commandement suprême de ses forces, en vertu de ce principe transcendant de la supériorité du civil sur îe militaire, il était tout naturel que chaque garde national contrôlât son capitaine, son commandant ou son chef de légion. De ià ce gâchis internai qui perdit la Commune en rendant la défense impossible à mes successeurs.
Je dis eux et non moi, car, en dehors de la Commune, j'aurais toujours conservé assez d'autorité personnelle pour faire le nécessaire.
De ce qui précède il ne faudrait pas conclure que je suis opposé aus ministres de la guerre civils, tout au contraire.
Les seuls Ministres de la Guerre qui aient laissé dans l'histoire la trace lumineuse de leur génie administratif sont deux civils, Carnot en France et Stanton en Amérique. Mais autre chose est d'opérer purement comme administrateur et pourvoyeur, autre chose de commander aux hommes et diriger les opérations, surtout dans des circonstances aussi terriblement exceptionnelles que celles où nous étions placés : discerner le possible de l'impossible, se contenter du premier et l'assurer.
Ayant une foi absolue dans la discipline, je résolus de l'établir, coûte que coûte. Je dois dire que, personnellement, je fus toujours obéi, mais, dans une aussi vaste machine, qu'est l'action personnelle ?
Ce qu'il fallait fonder c'était l'obéissance au devoir. Cette obéissance qui fait qu'on meurt par ordre et pour les autres, El, pour l'établir, je devais prouver à cha-
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cun que la désobéissance était plus dangereuse que r accomplissement du devoir. Une fois le pli pris, et sous l'empire de la crainte pour commencer, les moyens moraux eussent suffi pour maintenir la discipline. Dans ce but, je fia rendre par la Commune le décret suivant :
La Commune de l'ans,
Considérant que le gouvernement de Versailles se vante ouvertement d'avoir introduit dans les bataillons de la Garde Nationale des agents qui cherchent à y jeter le déconsidérant que les ennemis de la République et de la Commune cherchent par tous les moyens possibles à produire, dans ces bataillons, l'indiscipline, espérant désarmer ainsi ceux qu'ils ne peuvent vaincre par les arraes ;
Considérant qu'il ne peut y avoir de force militaire sans ordre et qu'il est nécessaire,' en face de la gravité des circonstances, d'élablirune rigoureuse discipline, qui donne h la Garde Nationale la fermeté qui la rende invincibie ;