ARRÊTE
Sont nommés Juges à la Cour Martiale les citoyens : Colonel E. Goit, présideat; Colonel J. Collet, juge. Colonel Ledriiï, jugp ; Lieutenant tloluae! Raaoua, juge ; Commandant Lefébure -Roncier, juge suppléant ; Commandant Michevon, juge suppléant ; Lieutenant H. Arnold, juge suppléant :
Commandant A. Gouilé, juge rapporteur ; A l'Hôtel de Ville, le 12 mai ISll.
Le Comilë de Salut Public:
Ant- Arnaud ; E. Eudes ; F. Gambon ; G. Ranvieh.
Malgré la Commune et malgré tout, je parvins néanmoins à maintenir, par les chefs de légion et de ba-
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tailloi), un reste de discipline, si toutefois il est permis d'appeler ainsi un semblant d'obéissance consentie. Jusqu'au dernier jour, mes ordres farent à peu près obéis, quoique n'ayant d'autre point d'appui que ma volonté. En cela je rends justice aux gardes ; ils eurent plus de sens commun que ceux auxquels leurs votes avaient remis le pouvoir. S'ils n'avaient été malheureusement trompés par la phraséologie humanitaire de leurs chefs, la discipline eût été facile à introduire et à maintenir, car les hommes étaient généralement bons et dévoués ; les chefs seuls ne valaient rien, au point de vue militaire bien entendu. Mais la dJsciphne eût-elle jamais été assez forte pour dissiper l'ivrognerie, ce vice ignoble, fruit du siège et de l'empire, qui s'était emparé de la Garde Nationale sans distinction de grades, je n'ose l'affirmer. Il y avait là une plaie tellement profonde, tellement gangrenée que j'ai bien peur qu'elle ne soit à jamais incurable. Ah I que les classes exploitantes connaissent bien leur métier I et comme elles savent dégrader pour affaiblir et dominer !
RÉSUMÉ DB l'organisation MILITAIHE
Situation générHle au 30 avril. — Un Règlement dana les ateliers de l'adminiatratioQ de la guerre. — Les héroioes de la Gommiiiie. — L'ensemble des forces communalistes.
Telle est l'eiposilion sincère du travail d'organisation que je fis pendant les vingt-huit jours que je passai au Ministère de la Guerre.
Rien, absolument rien le 3 avril, que le chaos dans toule l'acception du mot, grâce aux généraux improvisés du Gonaité Central.
Le 30 avril, 41,500 hommes d'infanterie organisée e, pourvus de tout. De plus les matières en magasin et les contrats passés pour l'hahillement permettaient, dans l'espace de trois semaines, de porter à 105,000 hommes l'effectif de l'infanterie. J'avais en magasin 800 mille mètres de drap. Et des meilleures maisons de Paris se disputaient les marchés comme sous un gouvernement dit régulier. Dans ces contrats j'avais introduit, le premier, cette clause essentîelie au bien-être et à 1« mo-
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ralité de l'ouvrière ; un minimum de salaire obligatoire affiché dans tous les ateliers. A l'exécution de cette clause, je tenais essentiellement la n: lin, car l'ouvrière sachant qu'elle ne devait aucun remerciement h celui qui l'employait, que son salaire ne pouvait être abaissé au-dessous d'une somme fixée et qu'il lui était garanti par la Commune, devenait indépendante, se relevait à ses propres yeux et, devant sa régénération à la Commune, lui était attachée.
Plus tard la Commune fil paraître un décret dans le même sens. Là est la cause de l'attachement des femmes à la Commune. Pour la première (ois, elles ont rencontre' un gouvernement qui s'est occupé d'elles autrement que pour les corrompre et les avilir. Les nobles instincts delà vierge et de la mère qui, jamais, n'abandonnent complètement le cœur de la femme, se sont réveillés et les femmes du peuple se sont levées pour défendre leur gouvernement. Combien sont mortes et combien sont encore martyrisées pour sa défense ! Honneur à ces héroïnes qui ont eu le courage de mourir pour échapper à la honte de la prostitution, base de toutes les sociétés bourgeoises, qu'elles s'intitulent monarchiques ou républicaines I
Le type le plus grand, le plus beau de ces héroïnes est Louise Michel. Honneur à cette femme digne des temps antiques. Le peuple conservera sa mémoire et se souviendra de son exemple.
La cavalerie avait dix escadrons en formation, dont trois au complet.
L'artillerie, point faible de l'organisation, se composait de 5600 artilleurs divisés en batteries sédentaires et
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faisant un excellent gerviiie. Ses ajtprovisioonemenls étftient indéflninient assurés par la réorganisation de tous les ateliers de construction, mis en activité dans l'espace de quinze jours et fournissant plus que je ne consommais. J'avais, en matières premières et fabriquées, assez de munitions pour soutenir un siège de deux ans.
Le nombre de ces artilleurs s'augmentait chaque jour et j'eusse trouvé, dans les femmes, les enfants et les vieillards, d'excellentes recrues pour l'artillerie de rempart qui, se chargeant généralement par la culasse, offre un service facile. Ce service requiert, en outre, du coup d'œii et de la ténacité. J'ai remarqué, dans cette dernière guerre, que les hommes étaient les plus mous. Et cela se conçoit, c'était la génération impériale. Les vieillards dataient d'avant et les enfants d'après. Quant aux femmes, elles avalent à se venger.
L'arlillerie de campagne se composait de deux batteries caseméesà l'Ecole militaire. Mais, le 30 avril au matin, comme je l'ai dit, j'avais enfin obtenu, par le Comité Central, la mobilisation d'une partie de l'artillerie sédentaire. Comme j'avais, en matériel de toute espèce, de quoi former un nombre considérable de batteries; que, ni chevaux ni harnais ne manquaient, j'aurais eu vite une artillerie de campagne, qui m'aurait permis de sortir de la stricte défensive à laquelle j'étais forcément condamné.
Le génie se composait de dix compagnies en train d'être doublées et d'un personnel directeur suffisant pour parer au plus pressant dans les circonstances où nous nous trouvions.
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Le service médical était complètement organisé.
Quant à l'administration, pour la première fois, elle était remise logique, au lieu de rayonnerdu centre à la circonférence, ce qui fait que les états-majors regorgent tandis que les soldats meurent de faim, elle convergeait de la circonférence au centre, ce qui produit l'effet contraire. Les soldats sont servis les premiers et les élats-majors pourvoyenl eux-mêmes à leurs besoins.
Tous les services fonctionnant d'une manière indépendante, ctiacun dans son rayon étaient reliés entre'eux ' au point de vue de l'action, par le commandement militaire et, du contrôle financier par !e trésor lui-même.
L'intendance était supprimée, sans secousse, tout doucement, exactement comme le socialisme se substituera un jour au vieux monde, par une organisation supérieure et souterraine qui, fonctionnant de proche en proche, finira par tout embrasser et être seule à fonctionner.
Tout ce travail s'était accompli entre Mayer et moi pour tout ce qui concernait l'organisation de l'infanterie.
L'agent dont je dois taire le nom pour ne pas le livrer à Versailles, m'aida puissamment à rendre les divers services administratifs indépendants,
Roselly rendit des services importants dans la construction des batteries, dans le classement et la mise en ordre du matériel du génie et de l'artillerie. , Le docteur Courtillier déploya nne grande activité dans l'organisation du service médical et sut pourvoir
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MÉMOIHEB DU GÉNÉRAL CWSEPET
au personnel médical âe 41,500 hommes dam d'une vingtaine de jours.
Le commandant Larue, et généralement les c en métaux, furent mon véritable état -major dans les arsenaiis et fonderies. Ce sont enx qui ont approvisionné leurs camarades. I.e service de la fabrication fut certainement le mieux organisé et celui qui me donna le moins de mal.
Le service manutentionnaire, quoique rentrant dans le service administratif, mérite une mention spéciale. Le colonel X, que je regrette de ne pouvoir nommer, car je ne le crois pas encore hors de .danger, avait su tirer de l'établissement du quai de Billy un parti supérieur à celui que l'intendance militaire en tirait.
Jusqu'au 18 avril, Rossel me rendit de grands seryices par l'organisation de l'état-major géne'ral qu'il avait parfaitement établi et qui fonctionnait très régulièrement. A partir de ce jour il ne lit plus rien que comploter. Si je n'avais été arrêté le 30 avril, le 1" mai je le remplaçai parMayer, beaucoup plus capable comme organisateur.
Rossel s'occupa aussi de la cavalerie, dont je lui laissai l'organisation. Il n'y réussit pas plus que dans celle de l'artillerie de campagne et je fus forcé de lui retirer définitivement toute espèce d'organisation. Comme il me servait d'intermédiaire avec les Allemands, il s'était laissé embobiner par eux et voulait, à toute force, me forcer à leur acheter pour 400 mille francs de chevaux, qu'ils nous avaient volés bons et voulaient nous vendre mauvais. Ces chevaux étaient à Nancy '. Je
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m'y refusai formellement et interdis à Jourde de s'occuper de cette affaire, lamais HosseE ne me pardonna d'avoir, en cette circonstance, préféré les intérêts du peuple aux siens.
Telle était la situation, le 30 avril, jour de mon arrestation. Nous verrons ce que mes successeurs en feront.
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