LES COMBATS DU 5 AVRIL
La prudence des VersoillaÎB. — Mon systfirne de défense et les (Êtes de colonue. — Pas d'indifférence; du sang-froid I — Projet d'assaut. — La trahison à lîsy. — L'allaque du pont de Neuilly. — Les dépêches de Thiers et la Térité. — Les balles à pointe d'acier. — Lettre d'un soldat voraaillaiE. — L'arcteTêque Darboy à Thiere.
A partir du 5 au soir, les attaques de nuit ne discontinuèrent pas contre les forts d'Issy et de Vanves.
Trois ou quatre de ces attaques furent réellement très sérieuses, entre autres celles des 5, 9, H et i3 avril.
Quand je dis sérieuses, j'entends seulement parler de l'artillerie, car pour l'infanterie, jamais elle ne dépassa les limites d'une prudente réserve. Je m'attendais à chaque instant à voir déboucher les chasseurs à pied. Je les ai connus bons, solides à toute épreuve. Je les ai commandés en Crimée, en Afrique. Mon cœur se serra voyant la mollesse de l'infanterie française. Je compris qu'étant mous, ils seraient féroces. — Rien, ahsolu-
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ment rien ; ils ne pouvaient pas même enlever une méchanLe tranchée. — Qu'ils eussent pu s'y maintenir, c'était autre chose ! mais on y va au moins. Nou3 y allions bien en Grimée. Eh I quoi, me disaîs-je, eil-ce là cette armée dans laquelle j'ai été J8 ans officzerl Cette armée dans laquelle mon père, mon grand-père ont commandé et qu'ils m'ont appris de confiance à admirer. L'Empire at-il à ce point démoralise la France qu'il n'y ait pas même laissé de quoi faire des soldats? Des généraux, passe, mais des soldats ! La France n'en a jamais manque. Elle en manquait pourtant. A moins que l'émotion, le dégoût bien légitime inspiré par une pareille lutte n'ait été cause de l'indicible faiblesse que j'avais fious les yeux. Mais dans ce cas, on refuse carrément d'assassiner ses concitoyens ou de se laisser tuer par eux. Non, ces gens étaient lâches ; lâches, ils furent féroces, c'est logique. Ce qu'ils méritaient c'étaient des coups de cravache, non des coupB de canon.
Dèsque je leaeusvus à l'œuvre une fois, une seule, cela me suffit. Le secret des victoires prussiennes me fut révélé et je compris que je n'avais rien à craindre d'une attaque de vive force, mais tout à redouter s'ils triomphaient par trahison, lassitude, division ou autre cause. — Aussi, rassuré de ce côté, mon plan de campagne fut-il des plus simples: opposer, comme je l'ai dit, des tôtes de colonne abritées par des obstacles et derrière ces têtes de colonne former une armée, l'organiser, la discipliner, la remettre en confiance en l'épargnant par la substitution des machines, mitrailleuses, barricades mobiles et wagons blindés aux
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poitrines humaines. Former une seconde enceinte pendant que la première s'émietterait sous l'artillerie ennemie, tellement supérieure comme calibre et effectif qu'il m'était impossible de lutter avec elle; puis, lorsque la France, lasse de cette lutte, lorsque les Versaillais fatigués et découragés montreraient des symptômes d'hésitation, lancer alors cette masse de Garde Nationale excitée et irritée sur un objectif à courte distance, et surtout avoir en main une forte réserve fraîche pour profiter du succès et le développer dans toute l'étendue possible, tâcher, en un mot, de réparer la faute commise le 18 Mars, Si le succès militaire ne répondait pas aux efforts de la Garde Nationale, il lui restait sa deuxième enceinte bien autrement forte que la première, car l'artillerie à longue portée des Versaiîlais devenait dans ce cas de nul effet, à moins qu'ils ne se résolussent à démolir Paris euxmêmes. Dans ce cas, nous succombions... peut-être ? — car cela eût demandé beaucoup de temps, mais Paris succombait avec nous- Tout l'odieux retombait sur Versailles et la France ne l'eût pas enduré. Et puis, des bourgeois bombardant leurs propriétés 1 Tuer, passe, mais détruire 1 Ah! j'étais bien tranquille. La France serait enfin sortie de sa léthargie et à son tour elle se fût insurgée contre Versailles et nous eussions eu alors les Communes Fédérées de France comme gouvernement, c'est-à-dire la vraie République fondée sur la seule base républicaine sérieuse, l'aÊEranchissement du trav.iil par celui des Communes.
Qu'on s'y prenne comme on voudra, il n'y a pas de liberté politique sans liberté sociale. La base de toute
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liberté est celle du travail, laquelle repose sur la garantie individuelle par l'affranchissement de la Commune, Voilà pourquoi toutes mes aspirations, comme tout mon programme, se résument en un mot : la Commune affranchie. Avec cela nous aurons le reste.
Derrière cette seconde enceinte, on en eftt construit une troisième puis une quatrième, forçant ainsi Versailles à retirer ses soldats pour canonner ou à cesser de canonner pour laisser agir ses soldats. Dans le premier cas, j'ai dit ce que produirait la destruction de Paris et, dans le second, un combat de rues, méthodiquement engagé, méthodiquement pourvu et conduit rationnellement, c'était la destruction des Versaillais. Je n'en veux pourpreuve que les 1,300 hommes de Dombrowoski tenant deux mois en échec tout le l" corps d'armée à Neuilly-
Les sept jours de résistance d'une poignée de malheureux sans chefs et sans munitions contre plus de cent milie hommes pourvus de tout, prouvent surabondamment ce que j'avance. Jamais, si la Commune n'eût elle-même, livré Paris à Versailles par son incroyable incurie, jamais Paris n'eût été pris.
Une fois renseigné sur la valeur des soldats de Versailles, je fus, comme je l'ai dit, très tranquille. Là est tout le secret de mon sang-froid, de ma nonchalance . ou de mon indifférence, suivant le goût ou l'urbanité de mes détracteurs.
Je n'ai pas aimé passionnément mon métier, je ne l'ai pas étudié, pn)fessé, pois pratiqué, pendant 30 ans, pendant toutes les luttes de ma génôralion en France, dans les guerres insurrectionnelles, en Afrique, en Cri-
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mée, en Italie, en Amérique, je n'ai pas gagné mes grades péniblement, un à un, à la pointe de mon sabre, malgré tous — car je n'ai jamais eu d'autre protecteur que moi-même, — sans avoir rien appris, A défaut d'autres qualités, j'ai une grande expérience pratique. Je peux, suivre à peu près toutes les péripéties d'une action, étant connu l'éciiiquier, sans y assister. C'était le cas à Issy. Sans quitter la fenêtre du Ministère, je suivais exactement les progrès de l'action par le bruit, et quand les ordonnances revenaient apporter les nouvelles, ils ne faisaient que conQrmer ce que j'avais dit à ceux qui m'entouraient.
Alors, tout ce qui, un instant auparavant, était effaré, — pour rester poli, — les plus braillards en général, affluaient au Ministère, qui pour s'enquérir, qui pour me congratuler, qui pour glaner de quoi faire du volume dans les clubs. Furieux de ne pouvoir me trouver ou de ne pouvoir m'arracher que des monosyllabes révélant l'ennui qu'ils me faisaient éprouver, ils allaient partout disant que j'étais allé me coucher, ou que j'étais indifférent, manquant à tous mes devoirs en ne partageant pas leur émotion.
ilègie générale : si vous voulez passer pour brave, soyez poltron avec les poltrons. Un poltron ne vous pardonne jamais de l'avoir surpris en flagrant délit de couardise ; et que j'en ai vus de ces braves elubistes, palpitants d'émotion sous le canon I
Or, il n'a éléjamais dans mon caractère de condescendre à feindre d'estimer ce que je n'estime pas ; pas plus qu'à perdre mon temps par convenance. Une fois édifié sur la marche d'une attaque, je m'occupais d'autre
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chose et généralement sortais ou feignais de sortir pour éviter tes « gâteux ». Peut-être leur disait-on que je dormais, c'est bien possible, mais j'affirme que, à pari une seule fois où, malade, je me coucliai à dix heures et demi, je ne me suis jamais couché avant deux heures et demie du malin et j'ai toujours été levé avant cinq heures. Or, pas un seul officier de mon état-major ne tenait passé minuit et ne venait avant six heures. Hossel lui-même, qui ne manquait pas de vigueur, se retirait à minuit et ne revenait qu'à sept heures du matin. Je parle de la période où il était ïéié et travaillait sérieusement.
J'ai cru devoir donner ces explications au peuple dont seuljerelève cl pour qu'il soit à même de juger des accusations portées contre moi. Quant à descendre h des explications vis à-vis de mes détracteurs, soit de la Commune, soit de Versailles, jamais ! Qu'il m'eût été facile, utilisant mes connaissances miUtaires au point de vue charlalanesque, de me faire une popularité contre laquelle nul n'eût pu lutter ! Je n!en eus pas même la pensée, car si je ne respecte pas beaucoup les individualités, j'ai du moins le profond respect de moi-même. Une action vile ne me paierait jamais de ses dégoûts.
Ce qui prouve surabondamment que l'intention des généraux de Versailles était bien de donner l'assaut et qu'ils n'y renoncèrent que parce que, trop prudents pour enlever leurs troupes, celles-ci ne s'enlevèrent pas toutes seules, c'est qu'ils s'étaient préalablement assuré des intelligences dans la place. On trouva, ie matin qui suivit la grande attaque du 9 ou du H, — je ne me rappelle plus exactement les dates, toutes les poternes
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du fort d'Issy ouvertes, les serrures forcées, les gonds sciés, les vis enlevées. J'ai payé moi-même le serrurier qui a réparé ces dégâts.
De plus, la brèche faite par les Prussiens ne fut jamais réparée. Et si je ne la fis pas réparer, c'est que je jugeais les Versaillais incapables d'en profiter.
Ainsi les moyens d'entrer dans le fort ne manquaient pas plus que la volonté. Ce qui manqua à Mac-Mahon etVinoy,ce fut le courage. On comprend dès lors pourquoi Mac-Mahon saute par dessus cette période désagréable et commence seulement le récit de ses opérations le 11 avril. Chacune de ses attaques coûta beaucoup de monde aux Versaillais, car on voyait encore, au jour, défiler les ambulances et les brancards qui emportaient morts et blessés.
Mac-Mahon n'était plus le généra! montant à l'assaut deMalakoIfet cherchant à gagner son bâton de maréchal. Il avait vieilli et n'était plus que ce maréchal de l'empire vain et débauché, laissant ses bagages aux mains des Prussiens qui y trouvèrent des toilettes de bal de Madame, beaucoup de Champagne et des gravures obscènes. Tout l'empire était là : fanfaronnade, frivolité et débauche.
Quant à Vinoy, toujours le même, il jouait les hyènes et marchaient à la queue des colonnes pour assassiner. Exemples : 2 décembre, 18 mars et 4 avril.
Et l'on s'étonneraitque de tels généraux aient préféré la prison en Allemagne à la victoire dans la tombel Allons donc, la mort est trop froide et le Champagne trop pétillant I
Pouah I les sales gens!
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Dans ces différentes attaques nos pertes furent minimes, très minimes, ce qui s'explique, mes hommes combattant à l'afari.
Du côté deNeuilly les aliaques se multipliaient déplus en plus furieuses et non sansquelqaesuccèsaudéfaut.
Le 6 avril, M. Thiers envoyait la dépêche suivante aux préfets.
Chef du pouvoir Exécutif à Prélets etc..
<i Hier, le l'égiment de gendarmerie et la brigade Besson « ont enlevé Courbevoie, caserne et ville. Aujourd'hui la « division Montaudon, habilement et énergiquement dirigée « par son chef, parfaitement aidée des troupes du génie, a a enlevé le pont de Neuilly, défendu par un ouvrage des c< plus considérables. L'entrain des troupes a été extraordi- V naire. Le général Montaudon a été blessé légèrement, " maia le général Péohat très grièvement. Les insurgés ont i< fait des perles immenses. Cette journée sera décisive par !■ rimportaoca de la position que l'on vient de conquérir, -i
A. Thiebs.
A l'Assemblée Nationale, M. Picard lit un télégramme annonçant que
Les opérations militaires engagées au pont de Neuilly ont pleinement réussi. La barricade a été enlevée ; les pertes sont sérieuses. Le général Montaudon blessé dit qu'on est maître de la position.
On travaille actuellement à rétablir la télé du pont de Neuiily. Les troupes montrent beaucoup de bravoure. Le général Beaaoo a été tué. Le ministre ajoute que l'Assemblée voudra exprimer sa gratitude à l'armée pour son héroïque vaiilance {Apptattdissenientt.)
[Ageûce télégraphique Ilavas, Versailles 7 avril.)
Yoici comment le Cri du Peuple raconte la mort général Besson :
" Il remontait la grande rue qui aboutit à la Porie des Ternes lorsqu'en levant les yeux il aperçut à une fenêtre d'un second éf^ge un fédéré en uniforme d'infanterie de marine qui l'ajustaU.
— Passe-moi ton fusil, crie-t-il en étendant le bras, à un soldat plaué un pr'u en arrière et à droite de lui, — que je le descende, ce gredin-Ià !
I A peine avait-il prononcé eea mots qu'une balte lui traversait la poitrine de droite à gauche, et le jetait tout sanglant sur le pavé.
Quelques instant après il expirait.
II y avait effectivement un gredin de descendu. »
M. Thiers se trompait dans ses appréciations : 1" nos pertes étaient minimes ; sauf la perte du colonel Bourgoing, il n'y eut aucun officier supérieur de tué et le nombre d'hommes mis hors de combat ne dépassa pas cinquante en tout, tant tués que blesses; 2° loin d'être décisive par l'importance de la situation, la prise dupont de Netiillyne fut d'aucune utilité aux Versait lais, ainsi que le prouvèrent les éviinements. Neuilly ne fut jamais pris et ce n'est pas par le pont de Neuilly que les Versaillais débouchèrent pour occuper le bois de Boulogne. Quant à la rive gauche, il n'entra jamais dans mes plans de l'occuper sérieusement ; i " parce que je n'avais pas d'hommes capables de tenir, soit en rase campagne soit hors de protection du canon des remparts; 2° parce que cette occupation m'aurait pris beaucoup plus de monde que la Garde Nationale ne pouvait m'en fournir dans son état de démoralisation et de désorganisation. Je^n'eus jamais quedesgrandsgardesaur la rive gauche.
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186 MÉMOIBHS DU GÉNÉRAL CtUSERET
Je n'irai pas plus loin sans signaler un fait que M. Thiers nie, mais que J'affirme avec 20 mille témoins derrière moi. Dès le début des hostilités, Versailles employa des balles A Dointes d'acier. J'en ai ramassées plusieurs que j'ai exposées au Ministère de la Guerre. J'en ai encore une, et les gardes nationaux en avaient presque tous en revenant des avant-postes. On a aussi employé des balles explosiblcîi dont plusieurs ont été ramassées au fort de Vanves.
Ainsi ces engins mortels que l'humanité avait fait exclure des guerres internationales, que les bourgeois trouvaient trop meurtrières contre les Prussiens, ils les trouvaient assez doux contre des Français 1 11 est vra que les Français n'étaient que des travailleurs.
Tout cela est logique : c'est la guerre sociale, commencée en 92, qui continue sous différents aspects, mais sans trêve ni merci : tuer ou être tué; Fo be or not to he.
Ne vient-on pas de voir le jury bourgeois de Seineet-Oise acquitter quatorze fermiers qui, par lucre, ont approvisionné les Prussiens pendant le siège, tandis qu'au chef-lieu de ce même département on condamnait à mort et exécutait trois hommes coupables d'avoir trop aimé leur patrie et la liberté ' ?
' Le 8 septembre 1670, M. ("oirier, adjoint au maire du Xli"» arrondisse ment, écrivait offlcialltmeot au ministre de l'intérieur: « M. Darblay, maire deCorbeil, nommépar l'Empire et conservé par la République, s'est entendu avec une partie des propriétaires pour empêcher toute défense, et il est décidé i aiibir, et loéme à oITrir une certaine somme d'argent pourgarantir la ville eiîitrtoat tes approvisionnements en grninet farine gm sont conHrlérabiet.
Spuller transmit la lettre au préfet de police Kératrj qui la fit parvenir au minislredu commerce, M. MagDin.lequel la retourca
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MÉMOIRES DU GÉ^iÉRAL CLUSERËT 181
EaL-ce que Wimpfen et Mae-Mahon, capitulards de Sedan; est-ce que Bazaine et Canrobert, capitulards de Metz ne se promènent pas tranquillement dans Pa-
C'en est fait, travailleurs, et la démonstration est concluante pour les moins clairTOyanls, La loi faite par les bourgeois est faite pour eux contre vous. Un bourgeois vend à l'ennemi, l'aide ainsi à tuer des Français, Il y a gain, donc chose licite. Vous vous soulevez indignés, réclamant votre part de l'héritage commun, prêt à défendre le tout au péril de votre vie. Paria, vous vous soustrayez à l'exploitation bourgeoise, 11 y a perte, donc crime abominable, nécessitant une sanglante répression. Toute la morale, toute la philosophie de notre époque est là.
La lettre ci-jointe, dont la naïveté sincère n'échappera à personne, donnera une idée de la moralité de
écrivant au hiia de sa main : «Mon avis esl qu'il n'y a rien à faire, » signé MagaîB.
Oa sait le reste, les approTÎsionnemenls (jui rentrés dans Paris eussent prolongé la résistauce servirent au contraire à l'altaque. M. Darblayetlea autres p'opnëffiiVeî traitèrent avaatagensemant et gracieusement avec les Pruesiene.
Sur ce terrain ils étaient bien thur. eus, dans leur vcaie patrie, le sac. Et cette 'ipinion était et est encore tellement celle de toute sa classe, qu'après la guerre traduits deïant la cour pour ce crime, cependant si nettement délini par le code, ils furent acquittés haut la maio.Tant les mceura ont le pas sur la loi,tant soient-elles en arriére.
Je crois superDu d'ajouter quoi que ce soit à celte démonstration si péramptoire du principe que j'avance : il faut sapprimirr la bowgoùie comme mesure de salvt publie.
Nous eussions, nous, déménagé sans permission les approi^isionnemanta et rasé la ville en cas d'observation.
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188 MÉMOIRES DU GÉ>ÉBAL CltTSEBET
k IliUe. Elle est écrite par un simple soldat de l'armée versaillaiae :
"... Noua sommes allés, le 6 avril, soulever te pont île Cl Neuilly aiiK insurgés; nous îes avons attrapés à la " baioncette...
"-,. Nous avons pîV/i' lis maisons où ils se trouvaient; « noua avons trouvé du vin de Champagne, du vin bouché, "du cognac, de l'alisintho, du kiraeh ; il y en a parmi les I' nôtres qui se sont soûlés. Il fallait îes voir comme ils « roarchaient ; tous ceux qu'ils attrapaient passaient l'arme V à gauche !
" Noua sommes repartis, le 15, pour Neuilly nous battre " encore aven les insurgés. Nous nous sommes battus " pendanl cinq jours et quatre nuits ; la fusillade ne Cl cessait pas ; notre régiment et la légion étrangère, qui ce élail avec nous, nous avons perdu beaucoup de monde ; " le caporal B..., qui est de Meong a été tué.. ; nous leur '■i avons donné une roulée ; nous en avons pris un qui était « couché sur un matelas, dans un château, nous l'avons c( fait lever et nous l'avons fusillé sur le champ.
a Dana la rue de Longcbanips, une demoiselle de 17 ans, ce qui passait avec sa mère, a eu la tôte emportée par un c. éclat d'obus; la mère a été blessée.
Cl Nous avons pris aux insurgés une pièce de canon de ce 12; nous l'avons emmenée à Versailles, musique on <c tâte.
ce Nous sommes allés chez M. Thiers et Mac-Mahon ; ils ce nous ont donné 300 francs, u
i!^ational du Loiret.)
Eh I hicn qu'en pense M. Verlet? cela se passait 5 jours oprÈ3 ea déclaration dans le Cri du Peuple que l'armce était à nousl
Néanmoins, les horreurs commises par les ■Versaillais
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HiUOIRES îtV GÉNÉRAL CLUSERET 189
ne passèrent pas sans soulever de généreuses protestations même de la part du clergé de Paris. Son chef, M^' Darboy écrivait à Thiers :
n Des personnes m'ont assuré que des actes barbares avaient été commis contre des gardes nationaux par « divers corps de l'armée dans les derniers combats ; on « aurait fusillé les prisonniers et achevé les blessés sur le " champ de bataille. Ces personnes, voyant combien Il j'hésitais à croire que de tels foits avaient été exercés 11 par des Français contre des Français, m'ont dit ne parler Il que d'après des renseignements certains.
« Je pars delà, monsieur le président, pour appeler votre 11 attention sur un fait aussi grave qui, peut-être, ne vous Il est pas connu et pour vous prier instamment de voir ce " qu'il y aurait à faire dans ces conjonctures si doulou- K reuses. Si une enquête forçait à dire qu'en effet d'atroces « excès ont ajouté à l'horreur de nos discordes fratricides, 11 ils ne seraient certainement que le résultat d'entraînements particuliers et tout individuds. Néanmoins, il est 11 possible peut-être, d'en prévenir le retour et j'ai pensé « que vous pouvez, plus que personne, prendre à ce sujet Il des mesures effeaces, «
M. Degucrry, le curé de la Madeleine, tenait un langage analogue au gouvernement de Versailles. Voici un passage de sa lettre ;
Paris, 7 avril 1871.
Il A Messieurs les Membres du gouvernement de Versailles, »
« De mon libre consentement et sous l'inspiration de H ma conscience, je viens voua demander avec instance <i d'empâclier loules les exécutions, soit de bkssés, soit de priu sonniers.
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190 MÉMOIItES DU GÉKËRAL CLUSERET
« Ces exécutions soulèvent de grandes colères à Paris et « peuvent y produire de terribles reprcsailles. »
H. Degdbrry.
Curé de lu Madeleine.
t< Je crois devoir vous déclarer que j'ai conçu et écrit u cette lettre sans aucune pression, mais, comme je l'ai '■ dit au commencemeut, de mon libre mouyemeat. » H. D.
Si ce sont Li les relations que [t. Rîgault reprochait à l'archevêque d'entretenir avec Versailles ; ii faut avouer qu'elles étaient d'un caractère très peu dangereux.
Nul n'a plus souffert des prêtres que moi. Ce sont eux qui, à Lyon, Marseille, Paris, me euivant pas à pas, se sont acharnés sur moi. 11 n'est pas une des calomnies grossières employées à mon égard dont je n'aie pu, en suivant la trace, découvrir l'origine cléricale ; à Lyon, c'est la Décentralisation et le Salut public, journaux cléricaux. A Marseille, je suis accusé en pleine Bourse d'avoir volé la caisse de la GaHe Nationale, caisse que je n'avais ni vue, ni touchée et qui était intacte. Des témoins dressent immédiatement procès-verbal : je porte plainte au procureur de la Répubhquc ; le calomniateur se trouve être un afiilié de la mission de France... etc., etc. ; et ce sont ces atteintes per?onnclles qui me feraient toucher au principe sncré de la liberté de conscience et m'engageraient à justifier l'assassinat de gens par cela seul qu'ils ne pensent pas comme moi, ne s'habillent pas de la même façon et ont une morale plus relâchée que la mienne ? Allons donc I C'est œuvre de gamins et non d'hommes politiques.