‹ Mémoires du général CluseretChapitre 5 sur 26 · L ARMEMENT · texte numérisé non relu

L ARMEMENT

L'état major composÉ ot mis en mouvement, je m'occupai d'approvisionner l'arlillerie. C'était la principaie chose car il fallait s'occuper de riposter aux coups de canon de Versailles.

Je fu3 assez heureux pour retrouver l'outillage des approvisionnements de sept. On confectionnait au quai du Billy et on chargeait h Vanves. Ceci fait, je rétablis successivement tous les ateliers de fabrication qui étaient en activité pendant le siège et hâtai, de tout mon pouvoir, les constructions de mitrailleuses. Après CD avoir essayé de trente espèces différentes, je m'arrêtai au système américain Gattling. La portée est plus considérable, le chargement plus rapide, l'entretien plus facile. Elles nécessitent moins de réparations que la plupart des autres systèmes',

' En 1871. ~ Depuis on a perfectionaii cet engin.

En huit jours tout fut en pleine activité et je produisais plus que je ne dépensais. Je dois dire que cette partie de ma tâche fut relativement facile par les raisons suivantes : agissant directement, de clerc à maître, et a}'ant supprimé tous les intermédiaires entre les ouvriers producteurs et le ministère de la guerre consommateur je me trou\<H8 dans les conditions d'un industriel ajant ians «es mams personnel, capital et outillage en j arFait t^tat Ce personnel était celui des travailleurs travaillant pjur eux mêmes, sans autre adjonction que celle du centre maître choisi par moi parmi eux. Le capital monétaire était fourni par le ministère des tinances toujours en mesure, et l'outillage avait été laissé par le (,ouvernement du 4 Septembre. Je n'eus donc pas grand mérite à mettre cette branche de service en activité et la plus grande part du succès revient aux ouvriers.

L'armement fut une des branches les plus mal administrées, ce qui s'explique, en partie, par le malheureux choix, que je fis de M. Brin, traître vendu à Versailles. N'ayant personne sous la main à mettre à la tête de cette branche du service, je cédais aux instances de ce jeune homme, fort actif, intelligent, mais surtout fort intrigant. Depuis mon arrivée à l'Hôtel de Ville, il s'était attaché à mes pas, m'assommant de projets tous plus hétéroclites les uns que les autres. Au milieu de tout cela je croyais discerner un énorme besoin de percer et pensai qu'en ouvrant un exutoire à cette activité, je pourrais l'otihser au profit de la Commune. C'est pourquoi je le mis à la tête du bureau de l'armement avec des fonctions ainsi limitées ;

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MÉKOIRES DU GÉNÉEUL CLUSERET 65

trûler et emmagasiner ; au besoin faire rentrer les armes provenant du désarmement des gardes nationaux réfractaires ou ne faisant pas de service pour un motif quelconque. Je m'aperçus bientôt qu'il ne rentrait aucune arme, mais qu'en revanche, M. Brin, imitant M... passait des contrats insensés pour fourniture de sabres, de revolvers etc., etc. Je destituai M. Brin.

La véritable, la seule difficulté sérieuse que je rencontrai, dans l'organisation générale, fut celle des cadres. Il n'y avail certainement pas cent officiers dignes de ce nom, pour encadrer cent mille hommes. Pour l'artillerie, j'avais deux officiers capables.

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