‹ Mémoires du général CluseretChapitre 6 sur 26 · L INFANTERIE · texte numérisé non relu

L INFANTERIE

Divisiou de la garde nationale en garde active et gnr de se dentaire. — ItéorgaaisttUon des compagnias de marche. — Maladresses de ksùretê générale. — Les réffBOiaires et les prêtres. — Le zèle de Rossel. — Le colonel Mejer organisateur. — Proclamation à la Garde Nationale, rappel à la simplicité républicaine. — ISouvelle proclamation pour hâter l'organisBtian. — OrdreB relalifs aus légions et auï muDicipalités. — Rapport du colonel Meyer.

Ma première pensée fut de séparer immédiatement la Garde Kalîonale en deux grandes fractions; la première active ou mobile, la seconde sédentaire.

Sous l'impression qu'il existait des compagnies de marche, ainsi que me i'afflrmait le Comité Central, je rendis le décret suivant, le 4 avril.

Ministère de la Guerre.

Lea compagnies de marche seront immédiatement réorganisées.

Les ofiioiers, sous-otliciera et gardes entreront en solde, à parlir du 7 avril.

MÉMOIRES DU GÉNÉniL CLUSERET 67

Les gardes toucheront 1 (r. 50 et les vivres.

Les sous-officiers 2 francs.

Les officiers 2 fr. 50.

Quand les compagniea agiront en dehors des mura, les officiers toucheront la solda de leur grade dans l'armée.

Les quatre compagnies da chaque batailkm éliront un chef de bataillon apécia).

Les élections auront lieu le 6 avril.

La revue sera passée au Champ de Mars par les membres de !a Comrauna, le 7 avril, à 2 heures de l'aprèsmidi.

Bureau d'organisation et de renseignement au ministère de la guerre et à lit place.

Font partie des bataillons de guerre tous iea citoyens de 17 à 35 ans non mariés, les gardes mobiles licenciéa, les volontaires de l'armée ou civils. Les elfets de campement seront complétés dans le plus bref délai.

Paris, le i avril 1371.

Par ordre de la Commune :

Le Délégué au Ministère de la Guerre,

Cluseret.

On m'a reproché d'avoir dénaturé l'esprit de la révolution en forçant les citoyens, de 17 à 35 ans, de ia servir, au lieu do n'accepter que des volontaires. Malon s'est fait l'écho de cette opinion, que, pour ma part, je ne trouve pas tout à fait sans fondement. Il prétend, eu outre, que l'obligation de servir ne donna pas 1,000 hommes de plus à la Commune. En continuant ce raieonnement, il était également arbitraire de réclamer, au nom de la discipline, l'abandon de la souveraineté individuelle dans le service. Le service militaire eût

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68 MÉMOIBES DU GÉNÉRAL CLUSKRGT

dû être purement volontaire et dans la forme et dans le fond.

C'est une opinion, mais ce n'est pas la mienne. Avec un semblable système, on doit attendre, pour le triomphe des principes, d'où dépend le perfectionnement de l'humanité, qu'elle se soit perfectionnée elle-même à ce point de réunir en un seul (aisceau les bras, les cœurs et les intelligences; le tout mis en mouvement par un commun accord. C'est-à-dire attendre pour faire triompher l'idée qu'elle ait triomphé toute seule.

Ce qui constitue un cercle vicieux dont les ennemis du peuple auraient seuls les bénéfices.

Le peuple de Paris a' étant soulevé et ayant proclamé, par la voix du suffrage universel, un certain mode d'existence violemment attaque parla minorité dissidente, il n'y avait pour la majorité parisienne que deux partis à prendre : se soumettre ou résister. Ayant opté pour le dernier parti, il fallait être logique, condenser tous les moyens de résistance et détruire toutes les causes d'affaiblissement dans la défense. Or, au premier rang, se produisait le mécontentement de la masse des combattants, pour la plupart travailleurs, — en présence de la lâcheté des petits crevés de la bourgeoisie se carrant sur les boulevards, lecigare aux lèvres, quand ces braves gens marchaient à la mort pour conquérir l'indépendance municipale. D'autre part, il était moins dangereux d'avoir ces drôles dans les rangs que flânant de Paris à Versailles et vice versa. Il était également bon d'avoir un point d'appui légal pour déterminer les gens timorés, mais bien intentionnés, à faire leur service plutôt que de rester chez eux.

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MÉMOIRES DU GÉNÉRAL CtUSRRET 69

Enfin, c'était justement la négation absolue du libre arbitre dans l'action, c'est-à-dire le point de départ de la discipline, sans laquelle il n'yapas de succès militaire possible.

J'ajoute que, dans l'application, je fus on ne peut plus coulant, permettant de quitter Paris à quiconque le demandait. En effet, pourmoi la liberté consistait dans ceci : Restez, ou allez-vous en; mais si vous restez à Paris, conformez-vous aux lois nouvelles que la majorité de ses habitants s'est données.

Si, dans l'application, te décret ne produisit pas tout ses effets, la faute en fut à la Sûreté géne'rale qui ne fit rien de ce qu'elle devait faire et fit tout ce qu'elle aurait dû éviter : aigrissant les esprits par des arrestations insensées, arbitraires, que rien ne justifiait et qui détruisaient notre principe fondamental : la liberté de conscience ; faisant de la police de caprice au lieu de faire de la police de sûreté et ne voyant rien, ne surveillant rien, faute d'organiser quoi que ce soit.

Kn sorte que le nombre des adhérents à la Commune diminuant, celuidesréfractairesaugmentait. Et, comme le peu de capacité de Rigault et de ses amis était employé à fermer des églises, à arrêter des prêtres, en un mot à faire le croquemitaine auprès de gens sans défense, il ne lui restait ni temps ni ressources pour faire son véritable métier: surveiller les menées des agents versaillais qui, répandus à profusion dans les faubourçs, payaient à boire sans compter, excitaient à l'indiscipline, effrayaient et démoralisaient par tous les moyens et constituaient le plus sérieux des obstacles à la défense de Paris. La Sûreté générale, qui devait être mon bras

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droit, non-seulement ne me (ul d'aucune utilité, mais fit plus de mal à la défense que les troupes de Versailles. Vermorel le savait bien, comme aussi Tridon, Delescluie et l'yat, mais Tridon était mourant, Vermorel suspect, Delescluze et Pyat pour rien au monde n'eussent voulu intervenir, même indirectement, en faveur des prêtres.

Je ne les aime pas plus qu'eus, mais j'ai horreur des coups d'épée dans l'eau. Enfoncer la muraille à coups de tête m'a toujours paru absurde, parce que c'est la muraille qui défonce la tête. Je suis pour tout moyen de la démolir, fut-ce à coups d'épingle, faute de ca-

Or, s'attaquer aux prêtres, individuellement dans le cas oij nous nous trouvions était juste donner de la tête contre ia muraille.

Que représente le prêtre individuellement? rien. Il n'a de valeur sociale que comme Eglise, le tout. Atteignait-on l'Eglise en touchant l'individu ? Nullement. — D'autant plus que s'il y a une organisation où l'individu disparaisse, c'est bien celle de l'Eglise personnifiée dans une lÈte, le pape; des membres, les chefs d'ordre religieux ; et des viscères, les évoques. Le clergé représenterait tout au plus la mâchoire, comme le peuple représente l'alimentation.

Ce corps n'est Tulnéruble qu'à la tête ou dans ses membres c'est-à-dire en Italie. En France nous ne pouvons que troubler l'organe digestif en y introduisant le microbe de la révolte par le bien-ôlre du bas-clergé rendu indépendant du bon vouloir des évêques. Alors, les pierres étant désunies, peut-être pourrait-on abattre

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MÉMOIRES BC GÈNÉHAL CIUSBKET 71

une partie de la muraille. Mais tout ce qu'on tentera contre l'individu profitera à l'Eglise qui puisera dans la persécution un regain de jeunesse et de popularité.

Et voilà pourquoi je suis opposé à toute taquinerie mesquine contre le clergé. Tant que je ne pourrai atteindre l'Eglise, je laisserai ses membres en paix'.

J'essayai d'enrayer le mouvement en interdisant aux gardes nationaux les arrestations arbitraires et faisant moi-même arrêter, comme à Saint Roch, les agents de Rigault qui mettaient tout sens dessus dessous par la fermeture des églises et l'arrestation des prêtres. Mais, d'une part, mon temps, tout entier à la réorganisation, ne me permettait pas de consacrer l'attention nécessaire à cette affaire et, d'autre pari, je m'étais fait une règle absolue, inflexible, de ne me mêler en rien à la politique : la défense de Paris, rien de plus. C'est ainsi que je ne lus aucun journal, tant que je fus au pouvoir et parus cinq fois à !u Commune, la première pour l'affaire Bergeret, la deuxième pour l'affaire Giraud, la troisième pour être accusé, la quatrième pour être arrêté et la cinquième pour être jugé et acquitté.

Cette détermination, grosse d'inconvénients, je le

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lonté d'aller jusqu'au bout.

Bais, avait été prise afin d'éviter de donner le mauvais exemple (le ritnmixtion du pouvoir militaire dans la direction politique. J'ai la foi la plus absolue dans la liberté et crois qu'elle ne peut se fonder que par ellemêreie. Or, l'immixtion du commandement militaire dans la politique, c'est forcément, logiquement, la dictature à courte échéance, et jamais on n'établira la liberté par la dictature.

li était utile de donner ces éclaircissements indispensaljles à l'intelligence de ma conduite durant mon passage au Ministère delà guerre.

Rossel me seconda puissamment pendant quelques jours; son zèle ne se ralentit pas jusqu'à l'affaire de la Cour martiale dont je parlerai plus loin. Mais Rossel n'était pas organisateur ; je m'en aperçus bien vite. Cassant et personnel, il éloignait au lieu d'attirer et rendait impossibles des Iiommes qu'on aurait pu utiliser en n'exigeant pas d'eux certaines conditions qu'on ne peut trouver que chez des officiers de profession. Le grand tort de Rossel était d'avoir vingt-sept ans et de ne s'être jamais frotté à l'humanité '. Or, dans les conditions où nous nous trouvions, il ne suffisait pas de bien connaître le métier ; il fallait, en outre, connaître les hommes, être aussi familier avec les organisations volontaires qu'avec celles dites régulières, afin de n'exiger que l'indispensable et faire la part du feu en aban-

< Quand la. guerre âulata, Rossel était ca.pitaiue employé au Ministère de la. Guerre où il dessinait. Il ne put obtenir d'être envoyé à l'armée qu'au moment de l'investissement de Metz. Aptes la capitulation il fut employé par Gambelta à installer un camp. Voilà tous ses états de service. Pas de eampagaes. Officitr de bureau.

MÉMOIBES DU GÈNÉNAL CLUSKHIir "3

donnant ce qui ne pouvait s'obtenir. Cette sorte d'espérience manquait complètement à Rossel et la raideur de son caractère s'opposait à ce qu'il put l'acquérir promptfiment. D'autre part, il n'avait aucun prestige personnel qui pût faire oublier aux officiers de la garde nationaie, sans cesse en contact avec lui, les formes sèches et hautaines dont il affectait de se servir. Malgré ces défauts, qui me forgaiûnt trop souvent à intervenir, les qualités de Rossel me furent, je le répète, d'un certain secours au déhut. 11 se faisait obéir de ses officiers "et savait répartir le travail. Il était clair, lucide, et son état-major fonctionnait régulièrement sous sa direction. Aussi lui en laissar-JD la direction absolue, et mis h la tête de l'organisation de la garde nationale proprement dite le colonel Meyer, Rossel ayant échoué complètement dans sa tentative d'organisation et m'ayant fait perdre plusieurs jours.

Ce coîonel avait été mon fourrier au 4° bataillon de chasseurs en Afrique et en Crimée, ou il avait été affreusement blessé et où je l'avais fait décorer pour sa belle conduite. Meyerétait organisateur jusqu'au bout desongles.llfaisait de l'organisation comme Courbet delà peinture ; c'était son art et sa vie. Je ne crois pas que Meyer fut grand socialiste, ni que la politique ait jamais troublé son cerveau, mais il eût servi Satan, si Satan lui eût confié une organisation quelconque. Aussi avais-je pleine confiance en lui et jamais je n'eus à m'en repentir. En moins de vingt jours, il organisa 41,300 hommes, les pourvut de tout, armement, habillement, équipement et campement, en un mot il les mît en état d'entrer en campagne. Tel était l'effectif de l'infanterie de la garde nationale

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74 HèMOIRES DU GÉNÉRAL CLUSERET

active ou de marche dont je pouvais disposer le 30 avril, jour de mon arrestation par la Commission executive.

Cette supériorité organisatrice incontestable avait excité la jalousie de Rossel qui sans cesse lui créait des conflits d'autorité ou d'attributions, dans lesquels le beau rûle n'était pas du côté de Rossel, que j'étais obligé de remellre à sa place.

J'appris, avec peine, qu'après mon départ il fit arrêter Meyer.

Les ordres ci-après servirent de base h l'organisation des légions :

MmisUre de la Guerre :

Considérant qu'il iroporte que les balaiilons de marche aient, & leur tête, des chefs qui les dirigent eiÎBctivemcnl ; Considérant que, dans les événements récents, un cerlain nombre de uheFs ont fait défaut; Vu le décret du à avril du Déiégué k la Guerre ; Le Comité central arrête :

,Dana chaque bataillon un commandunt sera noraiLé par les quatre compagnies de guerre et les conduira. Les compagnies sédentaires resteront sons son contrôle et seront administrées, en son absence, par un capitaine commandant hors cadre ;

Tous les titulaires devront se présenter ea dernier délai samedi 8, aux bureaux du Comité Central, au Ministère de la Guerre, avec leurs litres de nomination. A la date du Dimanche, 9 avril, le service des secteurs est supprimé. Par délégation :

G. Arnold ; C. Gaudikb ; Prud'iiomsie ; L. Boursier ; J. Groslahd.

"Vu el approuvé :

Le Délégué à la Guerre, Clusëret.

fiinistère de la Guerre A la Garde Nationale Citoyens, Je remarque avec peine que, oubliant notre origine modeste, la manie ridicule des galons, des broderies, des aiguillettes, commence à se faire jour parmi nous.

Travailleurs, vous avez, pour la première fois, accoreipli ta révolution par et pour le travail.

Ne renions pas notre origine el surtout n'en rougissons pas. Travailleurs nous étions, travailleurs nous sommes, travailleurs nous resterons.

C'est au nom de la vertu contre le vice, du devoir contre l'abus, de l'austérité contre la corruption que nous avons triomphé i ne l'oublions pas.

Restons vertueux et hommes du devoir avant tout, nous fonderons alors la République duslere la seule qui puisse et ait le droit d'exister

Avant de sévir, je rappelle mes concitojens à eoimêmes: plus d'aiguillettes plui de cl nquant plus de t-es galons qui coûtent si peu j. etager et ai cher à notre res ponsabilité.

A l'avenir tout ofîioier qui ne jusIiQera pas du droit de porteries nsignes de son f,rade ou qui ajoutera à l'unifoime rpglen entaire de ia Garde Nat onale des aiguillettes ou autres dist notions van teuses sera passible de peines disciplina res

Je piohte de cette circonstan e pour rappeler chacun au eentiment de 1 obéissance h érarch :) e din= le service ; en obéissant à vos élus voua obéissez a \oua mêmes. Pans 7 avnl 1871

Le Dtlégué à la Guêtre, ' G. Cluseret.

76 HÉMOIRES DU GÉNÉKAL CLUSERET

Considérant les patriotiques réclamations d'uQ grand nombre de gardes nationaux, qui tiennent, quoique mariés, à riionneur de défendre leur indépendance municipale, môme au pris de leur vie, le décret du 5 avril eef ainsi modifié :

De dlï-aept à dis-neuf ans, le service dans les compagnies de guerre sera volontaire, et de dJx-neuf ^quarante, obligatoire pour les gardes-nationaux, mariés ou non.

J'engage les bons patriotes à faire eux-mêmes la police de leur arrondissement et k forcer les réfractaîrea à

Le Délégué à la Guerre, G. Cluseret.

ORDRE

Depuis quelques jours, il règne «ne grande confusion dans certains arrondissements ; on dirait que des agents payés par Versailles prennent à tâche U de fatiguer la Garde Nationale, 2" de la désorganiser.

On fait battre la générale pendant la nuit.

On bat le rappel à tort et à travers. En sorte que personne ne sachant plus auquel entendre, on ne se dérange même plus ; et cette puissante institution, cette armée, espoir et salut du peuple, est à la veille de sombrer sous

Un tel état de choses ne saurait subsister plus longtemps. En conséquence, j'invite tous les bons citoyens à se pénétrer des instructions suivantes :

La générale ne sera battue que par mon ordre ou celui de la Commission Executive et dans le seul cas de prise d'armes générale.

Le rappel ne sera battu dans les «rrondissements que par ordre de la Place, signé du Commandaut do place, et pour la réunion d'un certain nombre de bataillons commandés par un service spécial.

MÉMOIRES DU GÉriÉBAL CLL'SKBET T7

Ce n'est pas tout. Malgré mes ordres formels, une canonnade mceasante diminue nos provieions, fatigue la population, irrite les esprits etain&ne, d'un côté, la fatigue, de l'autre la colère et la passion.

En sorte que cette Révolution, si grande, si belle et si pacifique, pourrait devenir violente, c'est-à-dire faible

Nous sommes forts ; restons calmes- Cet état de choses est dû, en partie, à des chefs militaires trop jeunes et surtout trop faibles pour résister à la pression populaire. L'homme du devoir ne connaît que sa conscience et méprise la popularité. Je réitère l'ordre d'avoir à. se tenir sur la plus stricte défensive et à ne pas jouer le jeu de nos adversaires, en gaspillant et nos rounitions et nos forces et surtout la vie de ces grands citoyens, enfants du peuple, qni ont fait la Révolution actuelle.

Quand le bruit aura cessé, que îe calme de- la rue aura passé dans les esprils, nous serons beaucoup plus aptes à perfectionner notre organisation, d'où dépend notre avenir.

Kn attendant, citoyens, laissons de côté toutes ces petites rivalités, toutes ces personnalités mesquines, qui tendent à désunir ce magnifique faisceau populaire lormé par la communauté de la souffrance. Si nous voulons vaincre, il faut être unis. Et quel plus beau, plus simple et plus noble lien que celui de la fraternité des armes au service de la Justice!

Formez vite vos compagnies de guerre ou plutôt, complétez-îes, car elles esistent déjà.

De dix-sept à diï-neuf ans, le service est facultatif, de dix-neuf à quarante, il est obligatoire, marié ou non.

Faites, entre vous, la police patriotique, forcez las lâches à marcher sous votre œil vigilant.

Aussitôt que quatre compagnies formant au mirimum un etfoctif de 500 hommes seront constituées, que leur chef de biitaillon demande k la place un casernement. En en-

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78 MÉMOIRES DU aÉNÉBAL CLU8BRBT

Berne ou au camp, son organisation s'achèvera rapidement et alors tout ce trouble, toute cette confusion s'évanouiront au souffle puissent Je la victoire.

Dantou demandait à nos pères de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace; je vous demande de l'ordre, de 1a discipline, du calme et de la patience ; l'audace, alors, sera facile. En ce moment, elle estcoupeble et

Paris, le 8 avril 1811.

Le Délégué à la Guerre, Q. Glusebet,

Paris, le n avril 181i.

Chaque Compagnie doit élire trois délégués, sans distinction de grade pour former le cercle de bataillon, avec un officier nommé par le corps des officiers et le chef de bataillon.

Les cercles de bataillon d'un arrondissement doivent élire deux délégués pour Former le conseil de légion avec les chefs de bataillons de l'arrondissement,

r.es conseils de Légion de chaque arrondissement doivent élire trois délégués pour former le Comité Central.

Les chefs de bataillon d'un arrondissement désignent i i'éleel ion l'un deux comme chef de légion pour faire également partie du Comité Central.

Un des délégués des compagnies est spécialement désigné pour assister ans assemblées générales de la fédération et en rendre compte à ses commettants.

Assisient également aux assemblées générales les ofllciers élus par les corps (î'officiers de leurs bataillons et les chefs de bataillons.

Les cercles de bataillon et les conseils de légion sont des conseils de famille qui doivent spécialement s'occuper

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UÉUÛIHES DU GËNÈHAL CLUSBRGT 79

des intérêts particuliers de leurs mandants ; ils ont S connaStre des réclamations de toute nature et à les appuyer auprès du Comité Centrai.

ils doivent faire procéder aux élections des vacances dans les délégations-

Ils doivent veiller au bon esprit de leurs bataillons ou légions, au maintien de la discipline par la persuasion et i'esemple et mettre tout en œuvre pour qu'aucun des gardes nstionaus ne puisse se soustraire à la part de service qui lui incombe.

lis font connaître au Comité Central leurs vœux et leurs idées pour les améliorations à apporter dans l'organisation générale.

Les chefs de légion peuvent recevoir directement de l'autorité militaire les ordres concernaat un ou plusieurs bataillons placés sous leur commandement.

En aucun cas, les conseils de légion, les cercles de bataillons ou les délégués de compagnies ne peuvent s'immiscer dans le commandement, donner des ordres ou faire battre ou sonner le rappel pour les bataillons.

Il importe, au salut commun, que ces prescriptions soient scrupuleusement observées, de manière à ce que tous les intérêts civils et militaires de la Garde Nationale soient complètement sauvegardés et qu'une discipline intelligente vienne s'introduire dan* les rangs des valeureux citoyens sur le courage desquels repose l'avenir de la République.

Les gardes nationaux ne sauraient apporter trop de soin dans l'élection de ceux qu'ils appellent à les commander.

La science militaire, l'énergie et la foi républicaine sont des qualités que doivent réunir les candidats.

Mais une fois les chois faits avec ce discernement, ils doivent donner leur confiance à leurs élus, s'abstenir d'interpréter les ordres qu'ils reçoivent, ne jamais perdre de vue que l'obéissance et li discipline sont la force des

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80 MÉUOIKES DU lîËHËBAL CLUSERËT

armées et que tout corps indiaciptiné devient une bande sans cohésion, Facilement battue.

L'autorité qui donne un ordre en est responsable et toule désobéissance, ((uelquefois même, toute hésitation peut devenir un crime qui compromet l'honneur de la Garde Nationale et le succès d'une opération. Les chefs doivent commander avec douceur, mais doivent en «rgiquement réprimer toutes les velléités de discorde.

Le bon sens des citoyens établira facilement ce lion de confiance et de solidarité réciproques, qui doivent être la discipline de !a Garde Nationale.

La présente circulaire sera copiée sur les livres d'ordte de chacune des compagnies et lues à trois appels consécutifs.

Pour le Comité Central ;

G. Arnold; Andignoux; Andiroard ; Avoine fils; Barouï ; Bouit ; L. Boursier ; A. Chouteau ; A. du Camp ; Fabre ; Ferrât ; Fougent ; C. Gaudier ; Grobon ; Courier; Grellier ; Gumat ; Lourlette ; Ed. Moreau; Prud'homme ; Rousseau ; , Approuvé :

Le Délégué à la Guerre,

ORDRE

A partir d'aujourd'hui, i6 avr 1 tout ce qu a rapport à l'organisation des bataillons de guerre ncombe a x m nioîpalités chargées de compléter les elTPct f** fa ce el re les cadres et diriger les bataillons sur !e Cfeamp de Mars ou le parc Monceaux. Arrivés au camp, les bataillons n auront plus de rapporta qu'avec le Ministère de la guerre, par l'intermédiaire des chefs de service.

Les chefs de légions aideront liis municipalités dans leur travail, mais n'auront aucune action sur les bataillons de

MÉMOIRES t)V OÉNÉllAL CLUSERET 81

guerre. Ceux-ci aeronl, exclusivement chargés des opérations extérieures.

Le service intérieur incombe au bataillon sédentaire, 30US la direction du chef de légion.

Paris, le 16 avril 1871.

Le Délégué à la Guerre, Clusëilet.

Ministère de la Guerre.

Considérant que l'organisation des bataillons de la Garde Nationale nécessite de la part de l'état-major de la Légion une aptitude spéciale:

L'état-major de la Légion composé de :

Un chef d'état-major; Un major de place; Deux capitaines d'état-major; Et quatre adjudants, Est nommé par le Délégué à la Guerre.

Paris, le 2o atril 1871.

Le Délégué à la Guerre,

Le Membre de la Commune délégué à la guerre ; Vu le rapport de la conamission de la guerre,

ARBËTB :

Art. i''. — Il est créé dans chaque municipalité un bureau militaire composé de sept citojens ; ils seront nommés par les membres de la Commune de chaquearrondissement ;

Leurs attributions sont ainsi fixées :

8â MÉMOIRES DU GÉHÉBAL CLUSERET

Rechercher 3es réfraelaires pour les incorporer immédiatement daQ9 lea bataillocs de l'arrondissement ;

Procéder, en même temps, au maintien, sur le pied actif, des compagnies sédentaires pour assurer le service intérieur des postes, bastions et poternes.

Akt, 3. — Les conseils de légion donneront auxbureaux militaires leur action pleine et entière pour l'exécution des mesures prises ou à prendre avec le concours du Comité Central de la Garde Nationale ;

Art. 3. — Les chefs de légion seuls sont chargés de l'exécution des ordres militaires émanant de la place pour le service intérieur et le service extérieur.

Art. 4. — Atin d'assurer l'exécution conaiante du présent décret ot pour éviter tout conflit capable de l'entraver, les bureaux militaires, les conseils de légion, les chefs de légion adressent chacun et chaque jour, à la Commission de la guerre. 90, rue Saint-Dominique Saint-Germain, un rapport écrit et sommaire donnant le résumé de leurs opé-

Art. 5. — Afin de ménager les forces de la Garde Nalionale, les municipalités, d'accord avec la légion, établiront un état du nombre et de l'importance des postes à desservir dans leur arrondissement.

Fait & Paris, 26 avril 1871.

Le Délégué à la Guerre, Gluseret.

Organisation des Légions de la Garde Nationale.

Le chef de la légion commandant en chef du service actif, est élu dans la légion conformément aux principes de la fédération

Ce po'îtp exige dcf connaissances m litiires suffisantes pour vénher et constater la valeur des chef" de bataillons et une influence capable de faire exécuter les ordres du Délégué à la Guerre. Le colonel doit surveiller et passer en

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MÉMOmeS DO GÉNÉRAL CLUSEBET 83

revue les bataillons, les Familiariser aux prises d'armes ; il doit s'assurer, en un raot, de la valeur militaire ûes divers bataillons de sa légion.

Etal-ntajûr de la Légion.

Considérant que l'organisation des balaillona delà Garde- Nationale nécesaife, de la part de l'état-majorde la légion, une aptitude spéciale,

L'état-major de la légion, composé de :

Un chef d'état-major ;

Un major de place ;

Deux capitaines d'état-major ;

El quatre adjudants,

Est nommé par le Délégué à la Guerre.

t" Le chef d'élat-major chargé de l'adininiatration restera au Dépôt. Cet officier plus spécialement chargé de l'administration, doit condenser, contrâler le mouvement de la légion, A lui appartient d'établir l'effectif et les réclamations d'effets d'habillements, d'équipement et d'armement, en un mot, la situation des bataillons qu'il doit préparer tous les jours pour le rapport de chaque matin, en présence du général délégué à la guerre et recevoir de lui les ordres pour la journée, c'est-à-dire dans les vingt-quatre heures de la présentation et communiquer oc résultat aux chefs de bataillon. Il est l'intermédiaire absolu entre le délégué à la guerre et la légion.

2" Un major de place chargé du service de place. Cet offieiep doit être spécialement en rapport immédiat avec l'état-major de la place. Il doit connaître le service du bataillon. En rapport quotidien avec les adjudants-majors, il doit leur communiquer le service delà journée, donner le mot d'ordre et être prêt à, former immédiatement le nombre exact des hommes de la légion disponibles pour

3° Deux capitaines d'état-major attachés, l'on au chef de

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légioD, l'autre au lieutenant-colonel. Ces deux olBciers montés tue paraissent indispensables. Ils assurent la prompte esécution lies ordres donnée, exercent en même temps une surveillance active de jour et de nuit.

4° Un chirurgien principal remplissant les fonctions de médecin inspecteur.

5" Quatre adjudants chargés du service des bureaux. Ces aous-ofttciers, sous la direction des différents chefs de l'état-major de la légion, établissent par un travail préparatoire, surveillé et scrupuleusement contrôlé, la situation présentée chaque matin au rapport adressé au général délégué.

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