ARRIVÉE A FRANCFORT
verser une partie de rAUemagne; ils auraient craint que nous De donnassions au gouvernement français des renseignements atiles sur tout ce que nous avions vu et appris.
Je renonçai donc à l'espoir de revoir ma famille et mes amis, et j'arrivai à Francfort la mort dans l'âme, et en proie aux plus noirs pressentiments.
Nous trouvâmes à Francfort un autre convoi de prisonniers, partis de Ttle de Rugen avant que nous ne le fussions de Rostock, que Bernadotte avait voulu aussi renvoyer en France, qui avait été refusé comme nous devant Wesel et venait de l'être à Francfort; notre sort était donc décidé avant notre arrivée, et il fallut se borner à obtenir de rester quelques jours à Francfort pour nous y reposer, chose dont nous avions tous un grand besoin, après une route d'un mois, toujours sur des charrettes, et dans le cœur de l'hiver.
Je commençais à éprouver des maux de tète et des frissons; je ressentais aussi fréquemment des douleurs de poitrine; il était facile de voir dans ces symptômes le commencement d'une forte maladie, et je m'y préparai.
La première chose était d'avoir de l'argent : je me fis refuser chez deux ou trois banquiers à qui j'allai proposer de leur faire des billets à ordre sur Paris, même avec de gros intérêts; et, en vérité, à l'air sot et honteux que j'avais en leur faisant cette proposition, ils durent croire que je pensais plutôt à les voler qu'à les rembourser un jour; j'avais beau leur décliner mon nom, leur parler de ma famille, de ma position en France, je fus impitoyablement éconduit, et même une fois je me hâtai de me retirer, car à l'air touché de ces arabes, je craignais qu'ils ne voulussent me faire l'aumône.
Je rentrais désespéré à l'auberge où l'on m'avait logé, quand je me rappelai que ma giberne, dont le coffret était d'argent, mon ceinturon de sabre, dont les agréments étaient du même