RENTRÉE EN FRANCE
lème et par l'armée française; les affaires de l'intérieur ne lui donnaient pas moins de satisfaction; il devenait à la mode en France d'être bon royaliste, et l'opposition libérale, républicaine ou bonapartiste était réduite alors à un si petit nombre d'individus, qu'elle ne donnait plus aucune crainte : la meilleure preuve que l'on pût avoir de sa nullité furent les élections pour la Chambre des députés qui eurent lieu au commencement de l'année 1824, et qui envoyèrent à la Chambre seulement une vingtaine de députés opposés au gouvernement. Les finances de l'État étaient parvenues, même après une campagne aussi coûteuse, à un degré de prospérité jusqu'alors inconnu en France; les fonds publics avaient pour la première fois atteint le pair; le gouvernement du Roi était obéi partout sans difficultés et sans observations; l'armée française» dans la guerre d'Espagne, venait de se rallier franchement au drapeau blanc, enfin la glorieuse campagne que nous venions de terminer avait replacé, parmi les puissances de l'Europe, la France au rang qu'elle doit occuper, et que les désastres de 1814 et de 1815 lui avaient fait perdre.
Il semblait donc à cette auguste famille éprouvée par tant de malheurs qu'elle n'avait plus rien à redouter des événements, et effectivement qui aurait pu croire que six ans aprèfi f ... Mais je ne veux pas anticiper sur ces tristes circonstances; il sera bien temps d'en parler en l'année 1830.
Je pris le i* janvier de cette année mon service de bimestre, comme gentilhomme de la chambre, et je fus peu de temps après envoyé par le ministre de la guerre à Compiègne et à Cambrai, pour y inspecter, au moment de leur retour d'Espagne, les deux régiments de dragons et de chasseurs de la garde royale, qui formaient la brigade dont le commandement venait de m'ètre confié; je trouvai ces corps en bon état, et la campagne qu'ils venaient de faire avec tant de succès avait donné à nos jeunes gens une tournure plus martiale et aussi une assurance militaire que beaucoup d'entre eux, n'ayant point encore fait la guerre, n'avaient pas prise jusqu'alors; l'habillement et le harnachement avaient souffert des fatigues de la campagne,[mais nous étions à cette époque en grande faveur, et les bureaux se montrèrent forts coulants pour accorder à ces deux régiments, d'après les demandes que j'établis à ce sujet, quelques remplacements anticipés qui les remirent dans le meilleur état sous ce double rapport.
Peu de temps après mon retour à Paris, le lieutenant général comte de Bourmont, qui était resté en Espagne pour y commander l'armée d'occupation, fut rappelé en France ; on trouvait, je crois, à Madrid comme à Paris, qu'il s'occupait trop des affaires de la politique espagnole et pas assez de celles de l'armée française qui lui était confiée; le lieutenant général vicomte Digeon fut nonmié pour aller le remplacer à Madrid, et il s'y rendit au mois d'avril; j'étais le plus ancien officier général de la division de cavalerie légère de la garde, et l'on