‹ Mémoires du général Cte de Saint-Chamans, ancien aide de camp du Maréchal Soult, 1802-1832Chapitre 97 sur 218 · PRUSSIENS ET RUSSES · texte numérisé non relu

PRUSSIENS ET RUSSES

besoin de SB^re... (Regardant ladragonne :)Cesi}xnhon&àbve,., j'en ai besoin... je prends ce sabre pour moi... Vous n'avez donc rien autre chose?

Le Docteur? — Rien du tout.

Le Cosaque (ouvratU la parte et sortant). — Oh, les voleurs de Prussiens! les voleurs! je les retrouverai, ils me le payeront.

Le reste de la nuit se passa tranquillement; le lendemain, nous pensâmes que pour nous débarrasser de pareilles visites, et en même temps pour éclaircir notre avenir, qui n'était pas couleur de rose, il fallait nous mettre sous la protection de quelqu'une des grandes puissances; je sus, par des généraux autrichiens logés dans la chambre à côté de la mienne, que M. de Metternich était à Leipzig; je l'avais rencontré quelquefois dans le monde à Paris, et il était possible qu'il se rappelât mon nom ; je lui écrivis donc pour le prier de nous réclamer comme prisonniers de l'empereur d'Autriche, et de nous faire conduire en Hongrie, ou en Moravie, aussitôt que ma blessure me permettrait de voyager; les généraux, mes voisins de chambre, s'étaient chargés de lui faire remettre ma lettre; je ne sais s'ils le firent, mais je n'y ai jamais reçu de réponse.

Le docteur m'apprit, quelques jours après, que le prince royal de Suède (Bemadotte) était à Leipzig, et qu'il accueillait bien les prisonniers français; je me rappelai que le comte de Noailles (4) (Alexis), que j'avais connu autrefois à Paris et dont la famille était alliée de la mienne, servait auprès de lui comme aide de camp; je m'accrochai aussitôt à lui avec confiance; je me sentais fort d'espérance en parlant à des Fran-

(i) NoailUt (Alexis-Louis-Joseph, comte), né à Paris le !•' juin 1783, f le 14 mai 1835, aiiTÔté en 1800 pour avoir répandu la bulle d'excommunication de Pie VII contre les auteurs de l'usurpation des États romains, relusa la liberté que Pouché lui offrait à la condition de servir dans Tannée et d'accepter les fonctions d'aide de camp de l'Empereur; connut le général Malet, qui porta son nom sur la liste des membres du gouvernement provisoire. Mis en liberté en 1810, exilé en Suisse d'où il fut expulsé, il se réfugia à la cour de Vienne, puis de Suède; aide de camp de Bemadotte en 181S, aide de camp du duc de Berry, ministre d'Etat, colonel d'étai-nutjor, aide de camp de Charles X.

çais de la malheureuse position d'un colonel français; je m'imaginais qu'ils feraient tout pour m'en tirer; je ne me trompais pas.

J'écrivis donc à M. de Noailles; il accourut aussitôt auprès de moi; nous causâmes longtemps; je le trouvai tel que je le désirais; j'en revins encore à mon opinion de m'adresser aux Autrichiens; je m'imaginais que, par égards pour Marie- Louise, ils nous feraient bonne réception; d'ailleurs, de quel autre cdté me serais-je tourné? Je connaissais trop bien les Prussiens pour vouloir être prisonnier chez eux, et l'idée de la Russie me glaçait.

M. de Noailles se chargea de parler à M. de Meiternich, et il le fit avec toute la chaleur de son bon cœur, mais il n'obtint rien; le temps se passait, le prince royal de Suède pouvait quitter Leipzig d'un moment à l'autre, il fallait donc prendre un parti, et le prendre vite; M. de Noailles me proposa de faire partie d'un convoi de prisonniers français, tous officiers, que le prince envoyait en Suède, et, de guerre lasse, j'y consentis, quoique j'éprouvasse de la répugnance à aller dans ce pays-là; c'était cependant ce que je pouvais faire de mieux; mais dans l'état de faiblesse physique où je me trouvais, le climat de la Suède m'effrayait; d'ailleurs ce convoi devait partir très prochainement, et je ne pouvais encore sortir de mon lit qu'avec peine.

Quatre généraux français, prisonniers comme moi, furent chargés de l'organisation de ce convoi, dont on pressait le départ; ils avaient en conséquence l'insigne faveur de voir quelquefois le prince Repnin, gouverneur de Leipzig, afin de convenir de tout avec lui; on me persuada que si je remettais moi-même à ce prince une lettre de recommandation que H. de Noailles m'avait donnée au nom du prince royal de Suède, je serais peut-être mieux traité, et malgré mes douleurs, qui étaient encore très vives, et l'état de faiblesse où j'étais, je me traînai à l'hôtel du gouverneur; mais après être parvenu avec beaucoup de peines et d'intrigues jusque dans dans son antichambre, je trouvai là une sentinelle russe qui n'entendait ni allemand ni français, et qui repoussait rude-

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