CHAPITRE XXIV
M. Van Hogendorp nommé gouverneur de Breslau. L'armistice est conclue et Breslau évacuée. L'auteur se rend à Dresde. Levée des gardes d'honneur en Hollande. Moment critique. Le général comte Bubna. Fouché. L'empereur nomme M. Van Hogendorp gouverneur de Hambourg n part pour sa nouvelle destination. Arrivée à Hambourg (22 Juin 1813). Le prince d'Ëckmûhl. Blocus de la ville. Situation de la place et coup d'oeil rétrospectif. Tettenbom.
Le lendemain nous arrivâmes à Neumark , où le prince de Neuf-Châtel me communiqua dans la nuit Tordre de me rendre sur-le-champ au quartier-général du maréchal Ney, pour aller prendre , aussitôt que nos troupes seroient entrées dans Breslau, lecommandement de cette ville en qualité de gouverneur.
Je trouvai le maréchal au château de Leuthen. Il me dit que le général Lauriston étoit déjà entré à Breslau, et un moment après une députation de la ville arriva pour implorer la clémence du vainqueur. Comme j'allois être gouverneur de cette ville, il me chargea de recevoir la députation à laquelle je donnai l'assurance que Breslau seroit bien traitée et ménagée autant que possible. Je m'y rendis quelque temps après* La veille le général Prussien de Schoeler s' étoit fait jour à travers Tavant-garde Françoise pour rejoindre l'armée des alliés; et en passant je vis tout le terrain semé
de morts. Tout étoit tranquille à Breslau; le général Lauriston, avec son corps, y maintenoit une discipline sévère , et il n'y eut pas le moindre pillage , le moindre tumulte. Je fus logé chez un marchand de vin, qui me demanda à combien de couverts je voulois être servi? Je lui répondis qu'il n'auroit à nourrir que moi et mes deux aides-de-camp, et dans Taprës-midi les boutiques forent rouvertes , et la comédie eut lieu comme à l'ordinaire. On étoit pourtant dans une extrême anxiété pour savoir si l'armistice se concluroit, et si les François évacueroient Breslau.
Le maréchal Ney vint aussi dans la ville avec son quartier-général A ma grande . surprise j'appris que le général Jomini étoit chef de son état-major, et je ne pus m'empêcher de lui demander comment il pouvoit souffrir avec lui un pareil homme, qui s'étoit déjà si mal conduit à son égard en Espagne. Qtœ voulez-vous? me répondit-iL Mon chef â! ét<xt-^major vernit d'être tué; je Vai pris, parce que je n^en trouvais pas d^autre. Je croyois que le général Jomini, n'étant plus sous mes ordres, me feroit mettre l'épée à la main, comme il en avoit manifesté l'intention à Wilna. Mais il me laissa tranquille.
Je ne restai que dix jours à Breslau. L'armistice étant conclu, Breslau se trouva dans la ligne de neutralité entre les deux armées, et je reçus l'ordre de l'évacuer , ce qui se fit avec beaucoup d'ordre. Je ne voulus rien accepter de la ville; cependant le magistrat m'offrit avec tant d'instances un attelage de quatre chevaux, que je crus ne pouvoir les refuser. Les principaux habitants eurent encore l'obligeante attention de m'ojB&îr une voiture pour remplacer la mienne, qu'ils
savoîent avoir été brûlée; maïs je les remerciai: je venois d'ailleurs d'en acheter une autre. H parut à cette époque dans la gazette de Berlin un article de Breslau, où l'on rendoit justice à mon désintéressement et au soin que j'avois pris de maintenir le bon ordre dans la ville. Je ne rappelle ces faits que pour les opposer aux infâmes calomnies dont j'ai été l'objet dans mon gouvernement de Hambourg.
Je retournai à Dresde au grand-quartier-impérial, et en passant par Neumark je fis une visite aux commissaires Russes et Prussiens, le comte Scbuwalow et le général de Kleist, dont le premier étoit une de mes anciennes connaissances. Les commissaires François étoient le général Dumoustier , commandant de la jeune garde, et le général Flabaut, devenu peu auparavant aide-de-camp de l'empereur.
Quand je fus de retour à Dresde, l'empereur me dit: Votre commandement n'a pas été long. Mais je vous en ai destiné un autre.
J'y trouvai mon fils avec le maréchal Grouvion Saînt- Cyr. n n'étoit toujours que capitaine, et il me pria de demander pour lui le grade de chef d'escadron , que l'empereur lui accorda sur le champ.
Napoléon demeuroit dans le palais Marcolini où il y avoit un grand jardia, dans lequel il se promenoit beaucoup. Une fois que je l'y allai trouver pour lui porter un message, il me demanda si j'avois des nouvelles de Hollande? Comment, ajouta-t-il, va la levée des gardes d^ honneur? Je haussai les épaules, et je lui dis, que les préfets d'Amsterdam et de la Haye, par un zèle outré, dépassoient leurs instructions et la teneur des décrets , et les exécutoient avec une vigueur
qui alloit certainement contre ses intentions et fesoit beaucoup de mal en Hollande. Mais, dit-il, ces deux préfets sont vos compatriotes, — Jfe sont Belges , répondis-je , et nous ne considérons par comme nos compatriotes les Belges, qui de leur côté ne nous considèrent pas non plus comme tels. Il en fut surpris , et je lui racontai quelques traits de la sévérité outrée que ces préfets mettoient dans l'exécution du décret pour les gardes d'honneur, sans que je susse même encore que le fils de mon frère Charles eut été traité aussi indignement par le baron de Stassart. Autrement je n'aurois pas manqué cette occasion d'en instruire l'empereur.
L'agitation étoit pourtant extrême à Dresde, et les têtes fortement occupées. L'armistice avoit été conclu dans l'intention de parvenir à la paix. Tous protestoient la vouloir ; mais ce désir , hautement proclamé , étoit-il dans tout bien réel? Ce moment a certainement été le plus critique de toute l'époque des guerres de la révolution, pour Napoléon en particulier. Je n'ai pas été initié à ces transactions diplomatiques, ainsi je ne me hazarderai pas à en faire le détail, qui ne peut être donné fidèlement que par les principaux personnages , qui s'y sont trouvés jouer un rôle actif; encore, pour savoir la vérité, faudra-t-il les entendre ou les lire contradictoirement, selon le parti qu'ils auront servi. S'il est vrai qu'on ait présenté à l'empereur Napoléon des conditions définitives, alors il s'est trouvé pendant quelques instants l'arbitre de son propre sort, et, comme l'événement a prouvé contre lui, on pourroitle condamner de n'avoir pas accepté la paix. Mais dans ce cas même , sait-on si les propositions n'étoient pas inadmissibles, et si la détermination qu'il a prise ne lui
présentoit pas pins de chances favorables, et des conséqnences moins fatales ponrlni? L'histoire senle pourra mettre la postérité en état de juger ces questions.
Le prince de Mettemich étoit venu à Dresde conférer avec le duc de Bassano, ministre des relations extérieures. Le général comte Bubna y fit aussi une apparition, je ne sais sous quel prétexte. Mais si on n'a cherché qu'à irriter et à aigrir l'empereur Napoléon , . personne n'étoit plus propre à remplir ce but. Sur son front on lisoit: défaite en Russie, et dans ses yeux: vot4S vtHes plus ce que vous avee été. Sa bouche exprimoit des regrets ironiques sur ce qu'on avoit souffert. Il étoit un des ennemis les plus acharnés de Napoléon.
L'empereur avoit mandé auprès de lui le duc d'Otrante, peut-être pour savoir son opinion sur la crise où se trouvoient les affaires. C'est à Dresde que je vis Fouché pour la première fois. Quand je l'apperçus et que je me fus assuré, en demandant son nom, que c' étoit lui,, mon sang se glaça d'horreur dans mes veines. Je n& sais quels conseils il donna à l'empereur, avec lequel il eut de longues conversations en se promenant dansle jardin. Mais est-il sûr qu'il ne lui en ait pas donné de perfides? On ne sauroit douter qu'il ne songeât dèslors à le trahir. Quand un souverain disgracie un homme comme Fouché, il ne devroit plus l'admettre en sa présence.
Peu de jours après mon retour de Breslau, étant de service auprès de l'empereur, j'entrai dans son cabinet. Je m'occupais de vous, me dit-il. Je vous en^ voye à Hambourg pour y être gouverneur, C^est une place importûfUe que je vous confie, U faut partir demain; je suis à dicter vos instructions. Je lui répondis que
j'avois du regret d'être obligé de le quitter encore ^ mais qu'enfin je répondrois à sa confiance. Cette mission me déplaisoit sous plusieurs rapports, et elle m'entraînoit à de nouvelles dépenses, après toutes les pertes que je venois d'éprouver au commencement de cette campagne. Il est vrai que j'aurois pu alors demander à l'empereur une indemnité, et que j'étois sûr de Tobtenir. Mais je fii^ détourné de le faire par un sentiment de modération , qui ne m'a jamais quitté , et par la répugnance que j'ai toujours eue à solliciter des grâces, quelque justes qu'elles fussent. Depuis, le ministre de la guerre ne m'a rien accordé de ce qui m'étoit dû.
J'avois aussi une extrême inquiétude en pensant que j'aUois être en relations avec le prince d'Eckmûhl et sous son commandement; j'avois appris à connoîtreson caractère difficile et ombrageux; et tous les officiersgénéraux présents au grand-quartier-impérial, avec lesquels je parlois de ma nomination au gouvernement de Hambourg, m'en fesoient un tableau plus effrayant encore, en me plaignant d'être dans la nécessité de servir sous lui.
Je reçus le même jour mon décret de nomination et mes instructions, et je partis dès le lendemain.
Le duc de Padoue, qui commandoit à Leipzig, me fit demeurer un jour dans cette ville , à cause de quelques partisans Prussiens qui avoient commis des hostilités en dépit de Tarmistice. Le lendemain je me remis en route, malgré les craintes qu'ils causoient. Devant passer par Helmstadt, pour me rendre à Hambourg, je profitai de cette occasion pour aller voir ma dotation. Le professeur Gruéricke en étoit le fermier et
l'administrateur. Je le connoissois déjà par notre correspondance; c'étoit un homme d'esprit, qui entendoit parfaitement l'agriculture. Il me dit que le bien valoit plus que le capital de la rente pour lequel il m'avoit été donné, et que je pourrois, à la paix, m'en défaire avec un grand avantage, en le vendant par petites portions aux habitants de Helmstadt même. Je n'y restai qu'une demi-journée, ne voulant pas retarder mon voyage.
Le 22 Juin 1813 j'arrivai à Hambourg, et je me rendis aussitôt chez le prince d'Eckmlihl qui occupoit, hors la ville, une maison de campagne appartenant à un ancien sénateur. Il me reçut avec une apparente cordialité; mais je m'apperçus bien que ma venue ne lui étoit guère agréable. Il avoit l'air agité, rêveur, inquiet. Il me parut croire que j'avois été envoyé pour l'observer et fat , par conséquent , réservé et même gêné avec moi. Je compris alors pourquoi l'empereur m' avoit fait son aide-de-camp.
Comme la conduite que j'ai tenue en ma qualité de gouverneur de la ville de Hambourg, a donné lieu à des calomnies atroces contre moi, publiées d'abord par les journaux Allemands, et en particulier par un infâme libelle imprimé dans le quartier-général du partisan Tettenbom, sous forme de bulletins , copiées ensuite par les journaux Anglois et augmentées, envenimées de tout ce que la haine politique et l'esprit de parti pouvoient inventer de plus méchant, tandis qu'enfermé dans la ville de Hambourg, alors assiégée ou plutôt bloquée sans aucune communication au dehors, je n'avois aucun moyen, non seulement de répondre aux accusations qu'on lançoit contre moi, et d'en prouver
la fausseté absolue, mais même, de les connoître, je serai obligé de m'arrêter un peu sur cette période de ma vie, et d'entrer dans quelques détails, pour anéantir, par la force de la vérité, tous ces odieux mensonges, qui, s'ils n'ont été imaginés par le lâcbé Tettenbom lui-même, peuvent aumoins lui être imputés à crime, à lui qui les laissoit imprimer et publier sous ses yeux, et qui serviront à le déshonorer dans tous les lieux, dans tous les temps où les hommes sauront apprécier ce qu'ils se doivent les uns aux autres et regarderont la calomnie comme une bassesse anti-sociale.
Il ne sera pas hors de propos de donner ici une idée de la situation où se trouvoit Hambourg, au moment où j'en pris le commandement, et des causes qui l'y avoient conduite. Froissées, comme la Hollande, entre la France et l'Angleterre , les villes anséatiques , c'està-dire Hambourg, Lubeck et Bremen, avoient su, par la prudence de leur gouvernement et de leurs sénats, lutter avec succès contre tous les dangers dont elles étoient environnées; l'occupation même du Hanovre en 1803 n'avoit occasionné que les visites de quelques maréchaux François ; et les scènes sanglantes , qui eurent lieu à Lubeck en 1806, doivent être attribuées autant pour le moins aux Prussiens , qui entrèrent de force dans cette ville, et aux Suédois, qui se réfugièrent sur son territoire, qu'aux François qui les y poursuivirent.
Mais après la paix de Tilsit , quand Napoléon adopta définitivement et voulut établir sur des bases plus larges son système continental, il ne pouvoit plus admettre l'existence de pavillons de petits états, qui
n'avoient pas assez is forces par eux-mêmes pour en soutenir leur neutralité. La conséquence en fat la réunion des villes anséatiques et de tout le littoral de la mer du Nord au colosse de l'empire François. Les Hambourgeois pleurèrent , avec raison , la perte de leur existence nationale, sans avoir aucun moyen de la prévenir. Us ftirent contraints de se soumettre; et Napoléon leur envoya le maréclial prince d'Eckmûhl, en qualité de gouverneur-général de la 32™® division militaire, composée des nouveaux départements du nord, pour y introduire l'organisation de l'empire François, en même temps qu'il étoit chargé d'y former un corps, appelle alors armée d'observation d'Allemagne, qui devint ensuite le 1®^ corps de la grande armée destinée à la fatale invasion de la Eussie.
Le mal existoit dans le fait même de la réunion; l'organisation nouvelle, qui en étoit la conséquence, n'éprouva aucune difficulté. Seulement l'introduction de la régie, des droits réunis et des douanes parut un fardeau pesant aux Hambourgeois , qui n'étoient pas accoutumés à ces impositions, et surtout aux rigueurs et aux gênes de leurs formes. Néanmoins toute idée de résistance, et même de murmures, étoit alors fort éloignée de l'esprit de ce peuple doux et paisible, comme le sont ordinairement les citoyens des petits états alimentés par le commerce.
Tout étoit donc tranquille au printemps de 1812 , quand le maréchal Davoust partit avec le corps qu'il avoit formé , pour rejoindre la grande armée , qui s'ébranloit de toutes parts. Le général Carra Saint-Cyr resta , avec un petit nombre de troupes à Hambourg en qualité de commandant de la 32™® division militaire.
Tant que la grande armée eut des succès, il ne se manifesta dans la ville aucun symptôme d'agitation. Mais quand on apprit l'incendie de Moskow et la retraite calamiteuse de l'armée françoise, les agitateurs se mirent en mouvement, et, exagérant encercles événements par leurs récits perfides, engagèrent les habitants à profiter des circonstances pour se soustraire à la domination des François.
Tettenborn , qui avoit été major au service d'Autriche, et aide-de-camp du prince de Schwartzenberg , quand celui-ci fat ambassadeur à Paris, avoit fait connaissance dans cette ville avec le comte Czemischew , qu'on sait avoir été envoyé plusieurs fois par l'empereur Alexandre à l'empereur Napoléon, chargé de missions intimes, et dont on connoit les intrigues avec des employés aux bureaux de la guerre ; intrigues qui coûtèrent la vie à plusieurs d'entre-eux. A son retour de France Tettenborn quitta l'Autriche et passa en Russie, où il obtint du service par l'entremise de Czernischew. Lors de la retraite des François, il se montra à la tête de quelques Cosaques. Arrivé jusqu'en Allemagne, beaucoup d'aventuriers de toutes les nations.
C'est ici qu'abruptement finit le manuscrit des Mémoires du comte D. Van Hogendorp. La partie manquante , évidemment, a servi à Fauteur pour la défense ♦de son honneur quand il s'est trouvé compromis par les événements arrivés à Hambourg lors de sa gestion comme gouverneur de cette ville. Cette partie, que nous réunissons de nouveau aux Mémoires, a été publié par l'auteur même en 1814 sous le titre: Mémoire du
général comte de Hogendorp , ponr servir de réfatation des bruits injurieux, et des calomnies , répandues contre lui, dans des Gazettes , des Journaux, et des Pamphlets , pendant qu'il était gouverneur de Hambourg, lors du dernier blocus de cette place. A Amsterdam et à La Haye, chez les frères Van Cleef. A Paris, chez Foumier frères. A Hambourg, chez J. M. Menck. A Bruxelles, chez P. J. de Mat, in-8**.
Dans cette publication, qui en même temps parut en langue Hollandaise, le comte Van Hogendorp précéda le récit historique d'une courte préface à laquelle nous donnons place ici en note; ^) et, de même que dans l'original, nous faisons suivre les pièces à l'appui, qu'il jugea utile d'être publiées alors, et qui donnent en même temps quelques indices sur les intentions ultérieures de Tauteur.
')J*avais espéré, que je n'aurais pas eu besoin de mejustifier devant le public par rapport à ma conduite comme gouverneur de Hambourg , pendant le blocus de cette place.
Car quoiqu*informé que des gazettes Allemandes, Anglaises et Hollandaises , avaient donné des articles virulents où ma conduite et mon caractère étoient horriblement calomniés; et que même dans des Pamphlets on s'était permis de ine déchirer, par des mensonges, et des accusations destituées de toute vérité, j'avais cru pouvoir opposer le silence et le mépris à ces misérables attaques. Mais appercevant, que malheureusement pour moi, ces bruits injurieux ont fait impression sur l'esprit du public , lequel , animé par les calamités qu'a souffert la ville de Hambourg, et mal informé des faits, à accoUé mon nom à celui du maréchal prince d'Eckmûhl sans faire aucune distinction entre ses actions et les miennes; je me crois enfin obligé, pour mon honneur et celui du nom que je porte, de rompre le silence, pour démontrer aux yeux du public, et à la face de l'Europe, l'injustice et la fausseté de ces accusations.
Quelqu'innocent qu'on se connaisse, avec la conscience la plus pure et l'honneur le plus intact, on est cependant bien malheureux de voir ternir ainsi son nom et sa réputation et cela sans le mériter. Les gazettes, les papiers publics, les pamphlets se copient, se repètent, se traduisent
dans toutes )es langues, parviennent, percent partout, et même jusques aux oreilles des souverains. Si un souverain, trompé par là, d'une parole ou d'un geste dénote son improbation contre un particulier, il l'écrase et le ruine peut-être. Détrompé ensuite par la vérité, son coeur magnanime voudrait et peut-être ne pourra plus réparer le mal II est facile d'induire l'opinion publique en erreur; mais il est difficile de la ramener. Comment contre-dire, comment réfuter des articles de gazettes? Comment entrer en lice avec les auteurs, anonymes ou inconnus, de Pamphlets, et les convaincre de faussetés, et de calomnie? Je veux donc me borner à donner un simple exposé des £uts et de l'ensemble de ma conduite, espérant que cela suffira pour convaincre le public honnête et impartial de la pureté de mes intentions, et de la loyauté de ma conduite.