‹ Mèmoires du gènèral Dumouriez avec une introductionChapitre 121 sur 168 · SOS · texte numérisé non relu

SOS

MÉMOIRES DB DUMOUHIRZ.

jours foule autour de lui quand i! allait au camp : « Mes enfants, que pensez-vous de toutes ces négociations avec les Prussiens? Ne vous donnent-elles pas quelques soupçons contre moi? — Général, lui répondit un officier pour tous les autres , si c'était . un autre que vous , nous serions inquiets, et nous éplucherions sa conduite : mais avec vous nous fermons les yeux; vous êtes notre père. » Hélas ! si cette coufiance avait duré, cette nation, alors si noble, si généreuse, de si bonne foi, ne serait pas à présent gouvernée par des monstres et par la guillotine; elle ne serait pas tombée dans l'abîme de la barbarie et de l'anarchie.

Le général leur avait toujours dît que dès que sa négociation serait finie, quel qu'en fdt le résultat, il les en instruirait. Il en rendait compte exactement au pouvoir exécutif et aux trois commissaires qui résidaient auprès de lui. Dès qu'il eut rompu la trêve, il fit imprimer toutes les pièces , c'est-à-dire sa correspondance avec Maustein, son mémoire pour le roi de Prusse, et le manifeste du duc de Brunswick. La convention, l'armée et tous les bons citoyens l'approuvèrent ; mais tes journaux infâmes des jacobins, les Prudhomme et les Marat, cherchèrent à lui en faire des crimes.

Telle est exactement toute la négociation qui a existé entre le général Dumouriez et les Prussiens. Leur retraite , qui a suivi de près, a fait bâtir mille fables absurdes. On l'a cru si bien hors d'espoir de résistera une armée aussi formidable, qu'on a cherché à trouver dans les ressources d'une politique profonde les causes de son salut. On a ensuite passé d'une extrémité à l'autre. Après avoir imaginé qu'il s'était tiré d'embarras en trompant tes Prussiens, quand on a su le délabrement de cette armée, et qu'on l'a vue sauvée, on a attribué le bonheur de cette retraite à une connivence entre lui et le roi de Prusse; et quantité de gros penseurs sont encore persuadés que le salut de l'armée française d'abord, et celui dé l'armée prussienne ensuite, sont les effets d'une politique très-raffinée et très-profonde.

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