‹ Mèmoires du gènèral Dumouriez avec une introductionChapitre 128 sur 168 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Un mou rie/ à Paris.

Le général Dumouriez arriva le 16 octobre à Paris. I! reçut sur sa route les marques les plus touchantes de la reconnaissance des peuples , surtout dans la Champagne, dont les habitants lui doivent leur salut. Ceux de Paris lui firent aussi un très-bon aecueil ; maïs la convention craignit de trop élever sa considération en lui donnant des marques publiques de satisfaction nationale; et, bien loin d'imiter les républiques anciennes par le triomphe, par des fêtes, par des récompenses , à peine approuvât-elle les promotions que la nécessité ou l'esprit de justice avaient fait faire au général.

Il se présenta à la convention le lendemain de son arrivée ; il lit un discours très-laconique à la barre 1 , dans lequel il annonça qu'il n'était que pour quatre jours à Paris ; qu'une partie de son armée étant en marchejiour aller au secours de Lille , il avait cru nécessaire de passer par la capitale , pour venir traiter avec les ministres sur ses mesures ultérieures ; qu'il serait du 20 au 25 à Valenciennes, et qu'aussitôt il entrerait en campagne.

Il fut oblige de se prêter à cette espèce d'excuse sur son apparition, parce qu'il fut averti que, pour lui trouver un tort quelconque , on avait cherché à le blâmer sur ce qu'il avait quitté son armée sans permission. Il ne quittait point son armée , puis*

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qu'elle était en marche ; il lui était très- essentiel de s'aboucher aveu les ministres pour convenir (l'un plan générai, et des opérations particulières de son entrée dans les Pays-Bas. Au lieu de suivre la route de son année , il passait par Paris ; et il n'y avait ijue la haine , la méchanceté et la jalousie qui pussent blàmtr ce voyage indispensable, dont il avait prévenu le pouvoir exécutif. Cependant le président lui répondit honnêtement, et lui accorda les honneurs de la séance , qui fut même levée presque aussitôt , parce que les impartiaux et Ses girondistes l'accablèrent d'embrassades et de caresses , quoiqu'on fût convenu de maintenir la dignité par une gravité qui ne put pas se soutenir.

Les ministres , qui étaient Servan , Roland , Clavières , Danton , Lebrun et Monge , lui parurent y mettre beaucoup de cordialité. On le mena à deux spectacles, où il fut fort applaudi ; et une femme célèbre de Paris lui donna une jolie fête, dont tous les virtuoses de tous les spectacles de Paris lui firent tes honneurs Plusieurs membres de la convention et plusieurs ministres assistèrent à cette fêle, qui fut un moment interrompue par une scène très- ridicule.

Lors de la retraite des Prussiens , il avait envoyé le général Chazot avec quatre bataillons et trois escadrons pour renforcer la garnison de Sedan, et, conjointement avec le lieutenant général Ligneville, inquiéter l'arrière -garde des Prussiens. Parmi ces bataillons il y en avait deux de fédérés de Paris : l'un nommé le Républicain , l'autre de la section de Mauconseil. Chazot s'était rendu avec eux à Retnel. Quatre déserteurs des émigrés arrivèrent dans cette ville pour "se rendre. C'étaient de

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