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Cette aventure n'empêcha pas le généra! Dumouriez d'être fort bien reçu aux jacobins, où il fut obligé de se présenter une fois. A Id vérité, le ministre Danton était président 1 . Collot-d'IIerbois , ei-devant mauvais comédien , devenu depuis l'ange exterminateur de la malheureuse ville de Lyon, fit rire l'assemblée en disant au général : Tu vas conquérir Bruxelles; tu y trouveras ma femme, et tu la baiseras'. Trois semaines après, Dumouriez a pris Bruxelles; mais il n'a point vu lu femme de Collot , et il a oublié la commission de cet orateur.
Tout ce qu'il vit pendant les quatre jours qu'il passa à Paris lui causa beaucoup de dégoût et de chagrin. L'assemblée qui existait à son départ de Paris pour l'armée, au mois de juin pré- .cédent, était remplie de factieux et d'intrigants, mais on y trouvait encore de l'esprit , du talent, et de la décence. Celle qui l'avait remplacée était composée de tous les scélérats les plus grossiers. Les girondins étaient encore les maîtres; mais leur pouvoir, continuellement attaqué par les violences de Marat et des jacobins, commençait à décliner, et ils ne se soutenaient que par un machiavélisme faible qui les a perdus.
Un seul homme pouvait les soutenir, sauver le roi et sa patrie; mais ils achevèrent de l'aliéner, quoique Dumouriez eût donné le conseil de le ménager, et de se lier avec lui. Cet homme était Danton. Avec une figure hideuse , un cœur dur et violent , très-ignorant , très<grosster , il a beaucoup d'esprit naturel et un caractère très-énergique. Lui seul , dans le plus grand danger
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jusque attendrissement, et du tua d'un
MÉMOIRES DE DDMOUBIEZ.
des Prussiens , n'avait point perdu courage , n'avait point partagé la consternation publique, s'était opposé à ce qu'on transférât la convention et le roi de l'autre coté de la Loire, et avait forcé, la convention et les ministres à déployer toutes les ressources nationales. Il avait rendu des services aussi importants a Paris que Du mou riez en Champagne ; et si les girondins avaient eu le bon esprit de se coaliser avec lui, il aurait abattu l'atroce faction de Marat ; il aurait ou dompté ou anéanti les jacobins , et peutêtre Louis XVI lui aurait dil la vie. Mais on l'a poussé à bout, et il a tout sacrifié à sa vengeance".
Le général voulut alors quitter le commandement de l'armée ; il en parla à quelques amis; tout le monde l'en dissuada, et lui-même céda à d'autres considérations, auxquelles se joignirent les illusions de l'amour-propre. Il avait pris l'engagement de conquérir les Pays-Bas : il voulait prouver la bonté du plan d'opérations qu'avaient manqué les généraux qui l'avaient précédé. Voilà ce que son orgueil , mis en jeu par les contradictions , avait gravé au fond de son cœur; mais son imagination voilait à ses propres yeux ces motifs d'intérêt personnel , avec des raisons plus patriotiques.
- Il avait désiré la guerre, dans l'espoir qu'elle éteindrait toutes les factions en les réunissant contre l'ennemi extérieur, qu'elle débarrasserait la capitale de tous les esprits turbulents qui assiégeaient .les législateurs et le pouvoir exécutif; il voyait que, bien loin de produire cet effet, elle avait livré Paris à une plus grande agitation : il jugea alors qu'il fallait trouver d'autres moyens de la faire cesser.
1 PI uileurs historiens confirment a Elle opinion du (-encrai Domonriei, sur lei nïn!Ll:i<;ps i|i:c L'-iHironiliiii nariikjit |m
Voici ce qu'on lit i ce sujet dans un
et paMa franchi» hûntoriqud de l'auteur, comenlionnel Ini-niJme, Et do purti de In tiironde : t Je tirai, (lit-il, d'un députe de noire cité, l'un de mej camarade! d'iùforlune, qui usait cependant conservé dei relations htoc llanlon, qa'il y avnit en des conférences iiSceuui, entre les ehefa des deui
(du for^ifi ri" 2 cl 11 M-,.',i:iu>ire \ Danton lui adressa ces pamlcs : (.'undet, tu ne tais point faire à ta patrie l». j:.=,-i.fïfc de loti mstattiatit : I" ne
dctmopinitltrtti. • ( J, Ch. umi.t.eui .
Ei-jiwr.n lies rtiitxHrrulians sur in rr.
i-ulullon française , par niiinVime do Staël, 3* édition, tome 11, p. 183.)
( Sott de l'éditeur. )