‹ Mèmoires du gènèral Dumouriez avec une introductionChapitre 139 sur 168 · L1V. IV. — CHAI'. IV · texte numérisé non relu

L1V. IV. — CHAI'. IV

quatre brigades d'infanterie et sonartillerie encore campés près de l'abbaye de Crespin , ayant l'Honneau devant lui. Il évacua effectivement Thulin, où les Impériaux se replacèrent.

Le général n'avait alors encore reçu ni souliers , ni capotes ni effets de campement, ni argent; mais sonparti était pris d'ouvrir la campagne. Précisément le jour de l'échec de Thulin , il s'étàit porté à sa droite pour faire avancer le colonel Fréchevi'lle commandant du corps des fîanqueurs de droite, et l'étendre' depuis Angres sur Fayt. Le hois de Sars est très-épais et trèsaisé à défendre, surtout avec des chasseurs autrichiens et tyroliens. 11 se trouve une clairière et un chemin dans le bois entre Fayt et le château de Sars. Le général voulait établir par cette trouée une communication avec la division du général d'Harville, qui, arrivé le 1" à Hon, avait ordre de longer la droite du bois par Blarguies et.Sars , pour être toujours à hauteur de 1 l'attaque que le général Duraouriez allait pousser par la gauche du même bois, entre ce bois et la rivière de la Haisne.

Le bois de Sars a presque la forme d'un triangle isocèle trisprolonge, dont l'angle le plus aigu se présente devant Hon et laismeres. Il a a peu près trois lieues de long. Sa base est terminée par les villages de Framery et Pâturage. Entre ces villages et Mons, qui se trouve un peu sur sa droite en partant de Hon est uue plaine montùeuse d'environ deux mille toises de largeur' En avant de Mons est le faubourg on village de Guesmes, d'où l'on descend à la ville par une grande chaussée qui conduit à Bavay.

A la droite , à côté de la ville, est une hauteur nommée Bertaimont, en arrière de laquelle est une hauteur plus élevée, nommée le mont Pallizel ; et derrière ce mont est la hauteur de' Nimy, qui flanque le grand chemin de Bruxelles. La Haisne enveloppe toutes ces hauteurs. A la gauche de la chaussée de Cuesmes, entre cette chaussée et celle de Valenciennes, est le village deJemmapes,qui s'étend sur un terrain élevé par amphithéâtres et boisé, ce qui en fait une bonne position , mais qui a le défaut d'être bornée derrière elle par la rivière de l'Haisne , et d'avoir trop peu de profondeur pour se développer en bataille.

Ce village bat toute la plaine jusqu'au bois de Sars. Audessous, et sur la gauche de Jemmapesj sont les deux villages

MÉMOIRES DE TKJMOURItZ.

de Quareignon et Je... Ce dernier est sur le bord de la Usisne. Le terrain de la gauche du bois de Sars jusqu'à la Haisne va toujours en desceudant de Mous, à Quiévraiu, Saiut-Guislaiu et Condé. Assez près de la Mke du bois, à une lieue et demie de Jemmapes, est un tertre où est placé le mouliudeBoussu.Bous.su est un gros bourg sur le bord de la rivière, par conséquent dominé par la position du moulin. Tel était le terrain dans lequel on s'est battu du 3 jusqu'au 6.

Le 3 au soir, le général , en revenant de sa droite à son quartier général de Honnaing , reçut l'avis que lui donnait Beurnonville de l'échec deThulin, et du parti qu'il prenait de replier les postes avancés de son avant-garde. Il regarda cette aventure sous un point de vue tout différent. 11 était trop supérieur aux Impériaux, pour consentira débuter par une rcculadequi ne pouvait qu'exciter leur courage et faire une mauvaise impression sur ses propres troupes. Il lui ordonna de faire marcher toute son avant-garde , en passant sur les ponts de Crespin et de Quiévrain, pour rattaquer, le lendemain-!, ies villages deMontreuil et Thulin. Il renforça cette avant-garde de trois brigades ou neuf bataillons, commandés par le duc de Chartres. Il ordonna que l'armée se tînt prête à marcher, et il se porta lui-même à son avant-garde.

Les Impériaux ne défendirent point ces villages , et se retirèrent au moulin de Boussu, où ils avaient quelques pièces de canon. 1! s'aperçut avec grand plaisir qu'il n'avait affaire qu'à des troupes légères, et que l'armée impériale ne souienait en force ni le bois de Sars, ni l'excellente position du moulin de Boussii. Il jeta trois bataillons de chasseurs dans le bois; il envoya dire aU colonel Fréclteville de pénétrer de son oôté par le centre du bois; il envoya ordre au général d'iiarville de marcher en longeant la droite du bois , se tenant toujours à sa hauteur, ce qu'il reconnaîtrait au bruit de la rnousqueterie. Il lit avancer six pièces de douze pour battre le moulin , et il marcha sur trois colonnes pour s'en emparer. Cette charge fut si brusque, que l'ennemi se dépêcha de retirer son canon. Le bataillon franc O'Donnell, qui voulut se jeter dans le bois , perdit de quatre à cinq cents hommes , qui furent massacrés par nos chasseurs.

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