CHAPITRE IX
Combat de Varoux — Entrée dans Liège. — Prise du château de Namur.
Le 23, tous les soupçons du généra] sur les projets désorganisateurs de ses ennemis furent conOrmés par le décret de la convention, qui lui enjoignait de faire arrêter sur-le-champ, et conduire à la barre de la convention, Malus, Petit-Jean et d'Espagnac. Cet ordre fut exécuté aussitôt. 11 laissait l'armée sans chefs d'administration. Les régisseurs des vivres et des fourrages reçurent en même temps ordre de ne plus faire aucun achat pour l'armée, et on saisit toutes leurs caisses, ce qui les mettait dans le cas de ne pouvoir pas payer leurs employés.
Un nouveau commissaire ordonnateur se présenta. II se nommait Ronsin. C'était un poète jacobin, connu par deux ou trois drames incendiaires, dont un intitulé la Ligue des tyrans. M n'avait jamais été dans aucune administration ni dans aucun bureau. On lui avait donné cette place importante pour le récompenser d'un pamphlet intitulé Relation de la bataille de Jemmapes, Cet homme, qui n'avait aucun emploi dans l'armée, avait vu celte bataille, ou comme curieux, ou comme espion des jacobins. Il disait dans cet écrit que les blessés français n'avaient eu aucun secours, parce que le commissaire ordonnateur Malus était resté à Valencieunes avec l'hôpital ambulant : c'était une calomnie grossière, car avant la bataille le général avait placé lui-même une partie de l'hôpital dans le village de Vasmesi l'autre partie était dans Boussu, où Malus était préseut ;
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et si Ronsin avait vu transporter des blessés à Vu le ne ien nés , c'étaient des hommes qui avaient eu un premier pansement, et qu'on- faisait verser sur cette ville pour éviter l'engorgement. L'est ainsi qu'un délateur sans aucun talent devenait chef de l'administration des trois armées, pour récompense d'une iufilme calomnie '.
Le général fut indigné et consterné. Ce décret lui montrait la puissance de ses ennemis ; il y voyait la ruine totale de ses succès et de ses plans. 11 jugeait avec raison que cette trame était dirigée contre lui, puisque ces administrateurs n'avaient rien fait que par ses ordres. Il écrivit à Pnelie tout ce qu'il pensait sur sa conduite; il lui manda qu'à l'avenir il adresserait par duplicata à la convention toute la correspondance qu'il tiendrait avec lui, et il le somma de remettre à la convention toutes ses dépêches précédentes.
En même temps il écrivit à la convention : il ne cacha point qu'il regardait comme personnel a lui le décret rendu contre ses administrateurs, qui n'avaient fait qu'exécuter ses ordres; ilajouta qu'il allait achever de pousser l'ennemi jusqu'à l'autre côté île la Meuse, si on ne l'en empêchait pas en le faisant manquer de tout; il demanda à être ensuite déchargé du commandement, et à paraître à la barre, pour être le défenseur de ses deux commissaires ordonnateurs, ou pour partager leur sort
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