LIV. IV. — CHAP. IX
parCambon et Pnclie, avait rendu un décret pour défendre aux généraux de se mêler d'aucune affaire d'administration. Le général répondit au ministre que ce qu'il lui demandait était contraire au décret, et que quand même il pourrait faire cette démarche , il s'en garderait bien pendant q ue l'armée manquait de tout; qu'on était fort heureux d'avoir en Flandre à sa disposition cette quantité de grains, qui ne suffisait même pas pour la subsistance, jusqu'à la prochaine récolte, d'une armée qui devait lire portée au printemps à cent cinquante mille hommes.
Le général apprit à Tirlemont que la trésorerie nationale avait refusé de payer les trois cent mille livres qu'il avait été forcé d'emprunterà un banquier de Bruxellespourlasoldedes troupes. 11 porta ses plaintes avec énergie à la convention contre cet acte de mauvaise foi, et le banquier fut payé. C'est par tous ces dégoûts qu'on cherchait à décréditer le général , à le perdre , en le jetant dans quelque démarche de désespoir qui pût, en lui donnant des torts, effacer l'éclat de ses succès.
Après avoir été retenu quatre jours par ces affreux obstacles, il partit le MG de Tirlemont, et campa à Saint-Trou. Les Impériaux n'abandonnaient le terrain que pied à pied, et faisaient une fort belle retraite. Le 27, il les trouva devant Liège , dans la position de R au coux et de Varoux. Us avaient quelques gros canons dans des redoutes fort bien faites , près de ce dernier village. Le général Staray commandait cette arrière- garde. I* corps de l'armée était de l'autre côté de la Meuse, sur les hauteurs de la Chartreuse. Le combat dura toute la journée entre l'avant-garde française et l'arriére -garde ennemie. Ces deux corps étaient de sept à huit mille hommes chacun. * . •
Le général, qui avait son armée derrière lui, aurait pu faire un plus grand effort, mats il voulait éviter de sacrilier du monde mal à propos à la fin d'une campagne. 11 avait envoyé ses flanqueurs de gauche à Hertall, ceux de droite à Flemal, pour cerner cette arrière-garde et la forcer dé rentrer dans Liège , dont les habitants tout seuls suffisaient pour lui faire un mauvais parti. Il voulait attendre cet instant pour tomber sur elle avec impétuosité. Il passa toute cette journée à les ramener sur un point central. Le relard des deux corps de flauqueurs laissa la journée
SIÉMOIBBS DE DUHOIIUIEZ.
indécise ; et, d'après le jugement du général Dumouriez , l'honneur en resta tout entier au général Staray, gui y reçut une forte blessure. Le soir, les Impériaux repassèrent la rivière.
Le général campa en deçà sur les hauteurs qui, dominent Liège, pour éviter la licence de ses troupes, que leur djsetle et leur nudité avaient rendues très-indisciplinées et très- pillardes, et il n'entradaus Liège que le 28 au matin. Les Impériaux se retirèrent à Hervé ; et Dumouriez, pour inquiéter leur gauche, renforça d'une brigade d'infanterie et d'un régiment de chasseurs le corps des fianqueurs de droite du eolonel Fréeheville, qu'il envoya ; i Spa, Stabloet Malmédy. Il plaça le général Stengel eu avant de Liège, sur la hauteur de liobertmont. Le général Mtaczinski, étant arrivé de Sedan peu de jours avant, eut le corps des llanqueurs de gauche , qu'il fallut ôter au général Eus la ce , et fut porté à Datent.
En partant de Louvain, il avait envoyé legénéral Miranda prendre le commandement de l'armée du Nord , à la place de In Bourdonuoye , qui conduisait si pitoyablement le siège de la citadelle d'Anvers, qu'il ne l'aurait pas prise d'un mois. Miranda changea toutes les attaques, et la place se rendit le 26. Eu conséquence des instructions qu'il avait reçues , il se porta aussitôt à Ruremonde. Le 2 décembre, le château de Naniur.se rendit au général Valence. Ainsi, justement un mois après l'ouverture «tu la campagne , le général Dumouriez se trouva entièrement maître des Pays-Bas et du pays de Liège , .excepté le duebé du Luxembourg etla petite ville d'Hervé.