‹ Mèmoires du gènèral Dumouriez avec une introductionChapitre 156 sur 168 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Prise d'Aix-la-Chapelle. — Quartiers d'hiver.

L'armée restait toujours campée derrière Liège. La saison était très-rude. Les soldats n'avaient ni paille ni bois. Ils brûlaient les arbres fruitiers, et les portes et les fenêtres des maisons qu'ils démolissaient. Des bataillons entiers étaient nu-pieds. 11 arrivait peu de capotes, les soldats manquaient d'habits. Tout le cours de la Meuse est un pays de corroyerie ; on aurait pu faire faire des souliers pourquatre livres ou quatrelivresdix sous. On faisait acheter tous les cuirs à Liège et ailleurs ; on les envoyait à Paris, d'où arrivaient en petitequantilé des souliers qui coûtaient de neuf à dix livres. Il en était de même pour les bottes , les bas de laine, les armes, l'habillement, qu'on aurait pu se procurer à très-bon compte. Il ne venait point d'argent.

Le général fut obligé d'emprunter cent quatorze mille livres aux sept collégiales de Liège. C'était une bien faible ressource. On se servait toujours des entrepreneurs belges; mais, malgré les ordres réitérés du géuéral et des commissaires de la convention, Ronsin ne faisait venir de subsistances qu'au jour le

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