‹ Mèmoires du gènèral Dumouriez avec une introductionChapitre 157 sur 168 · LIV. IV. — CHAP. XI · texte numérisé non relu

LIV. IV. — CHAP. XI

jour, et lie voulait pas faire de magasins; il voulait gagner du temps pour arriver au l tr janvier, époque où le comité des achats devait commeucer sa fourniture. Il remplissait par là un autre but, c'était d'empêcher le général d'agir en avant. Cependant les troupes souffraient beaucoup. Des régiments entiers étaient infectés de la gale. Les hôpitaux se remplissaient; on n'avait pu les établir qu'en excitant la charité des Liégeois, qui donnaient leurs couches et leurs draps pour le service des malades.

La force des bataillons diminuait considérablement. Les soldats désertaient par bandes pour retourner en France, ou aller s'amuser dans les grandes villes de la Belgique. C'étaient surtout les gardes nationales et les officiers qui abandonnaient leurs drapeaux. L'artillerie et la cavalerie souffraient encore davantage. Le fourrage manquait absolument; les généraux pouvaient à peine en avoir pour leurs chevaux. Ronsin envoyait des réquisitions avec des hommes armés dans tous les villages. Bâbord les paysans , dans l'espoir d'être payés , avaient fourni : des lors Honsin avait fait cesser le service par les entrepreneurs. Ensuite les paysans refusant, il envoyait des détachements dans les villages. Ces cavaliers, sous prétexte de la recherche du fourrage, pillaient, et commettaient des excès Les paysans, pousses au désespoir, massacraient les soldais quand ils n'étaient pas en grand nombre. RuGo , dans les mois de décembre et janvier, il est mort si» mille chevaux d'artillerie, faute de fourrages. Les commissaires de la convention voyaient tout, et ne remédiaient à rien.

On se plaignait à Paris de ce que le général s'arrêtait à Liège, et ne poussait pas jusqu'à Cologne. Il n'a jamais eu ni pain ni fourrage pour deux jours, et il n'aurait pu marcher tout au plus qu'en arrière. S'il se fût porté en avant , il eût trouvé le pays mangé par l'ennemi et mauvais par lui-même. D'ailleurs, comme on avait manqué l'exécution du plan général ; comme , par la faute de Kellermann, on avait laissé l'ennemi s'établir entre les armées du Nord et celle d'Alsace, il n'était ni prudent ni possible de prendre les quartiers d'hiver projetés dans ce plan. Quand même le général aurait pu se porter jusqu'au Rhin ,

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