‹ Mèmoires du gènèral Dumouriez avec une introductionChapitre 21 sur 168 · LIV. t. — CHÀP. IV · texte numérisé non relu

LIV. t. — CHÀP. IV

ques années après, maréchaux de camp en France. Plût à Dieu qu'ils fussent restés en Espagne I

I! s'était engagé vivement dans une nouvelle inclination avec une demoiselle qui n'était pas extrêmement jolie , mais pleine d'esprit et de talents, fille d'un Français, nommé Marquât, premier architecte du roi. Elle avait une sensibilité exquise et un grand caractère. Elle n'était pas riche, et ne voulut jamais qu'il fit la folie de la demander en mariage, comme il le désirait. Il a fait pour elle deux petits volumes intitulés Leçons de géographie , et Leçons (Tkistoire et de philosophie , perdus, comme ses autres manuscrits devenus la proie des anarchistes. Cette aimable personne se sacrifia elle-même lorsqu'il fut rappelé en France; elle tomba dans la dévotion. Son père lui fit épouser un alcade ou juge de Valladolid ; elle est morte peu de temps après; et, avant sa mort, elle fit parvenir une lettre à son ancien ami, pour lui faire les adieux les plus tendres.

Il passa ainsi l'année 1767 en Espagne, y menant une vie très-agréable, grâces aux bontés du marquis d'Ossun, à l'amabilité de ses amis, et à la tendresse de mademoiselle Marquet; mais il était toujours sans état. Il apprit que sa sœur aînée était devenue abbesse de Fervacques par son mérite , et que la seconde était mariée avec le baron de Schomberg. il était toujours brouillé avec son père, dont il reçut de nouveaux reproches sur son inclination d'Espagne , sans qu'il ait jamais pu savoir comment celui-ci avait pu en être informe , mais ce qui prouve que ce bon père ne l'oubliait pas. Depuis son voyage de Portugal, l'ambassadeur , sans diminuer ses bontés pour lui , mettait moins de zèle que jamais à lui procurer un emploi en Espagne, et lui répondait toujours avec froideur lorsqu'il le pressait à cet égard. Il a eu lieu de juger depuis que c'était de peur qu'il n'épousât sa maîtresse dès qu'il aurait un emploi. Cette froideur occasionnait de sa part une plus grande réserve avec ce généreux ministre; il craignait d'abuser de ses bontés, quoique très-géné du côté de l'argent ; mais il travaillait beaucoup , avait de bons amis et une maîtresse aimable, et le temps passait très-vite.

Les événements qui avaient lieu en Corse lui ouvraient alors,

KKMOIBES DE DITHOUBIEZ.

à son insu , une carrière plus.active. Tout ce qu'il avait prédit au duc de Choiseul en 17H3 , dans ses conférences et dans sou mémoire, était arrivé. Paolî d'un côté, les Génois et les intrigants de l'autre, l'avaient joué ; on tirait des coups de fusil, on commettait des voiesdefoit. Les Corses, quiavaient quelques petits bateaux armés, arrêtaient nos tartanes; Paoli protégeait la désertion de nos garnisons; on était en état de guerre. Le duc de Clioiseul , après avoir pris ses mesures avec la cour de Londres , fit un second traité avec Gènes , qui lui vendit la Corse » , et cette conquête fut résolue : on se disposa à renforcer de dix bataillons et de deux légions les garnisous de celte île, où l'on espérait ne pas trouver de résistance- Le mémoire envoyé par Dumouriez en novembre 1703 fut tiré de la poussière, et consulté; le duc de Clioiseul, se livrant à la noblesse de son caractère et à son équité naturelle, crut devoir rappeler cet officier.

Un matin, le marquis d'Ossun l'envoya chercher, et lui dit : ■ Je vous l'avais bien prédit , et vous voyez que j'ai bien fait de vous empêcher d'entrer au service d'Espagne : voilà un ordre du duc de Clioiseul d'aller le joindre; partez demain matin. » II courut aussitôt chez sa maîtresse, et, en lui annonçant cette nouvelle, il lui promit de lui être fidèle. «Non, lui dit-elle, suivez votre destinée, et ne me regardez désormais que comme votre meilleure amie. » 11 retourna chez l'ambassadeur, à qui il raconta sa scène avec mademoiselle Marquet : ce ministre fut frappé de la noblesse d'un sacrifice aussi rare; il alla le même jour chez elle , et l'assura de son amitié et de sa protection. Il prêta encore trente louis à Dumouriez, qui partit le lendemain, quittant à regret une ville où il avait été heureux pendant un

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uue.par lui limlf, I,.. <;,■„<„., avuknt cédé 11b du Corse à lu France. A la vé-

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ïuient de reprendre la iDuverotiieir de l'île . en remboursant les frais qu'aurait coùtéj cette cououfte. Celle mïrlctkin iiliixiiirc n'avilit . ■ 1 1 - iinanince c|ue pour nmdfrer !e relirntlmriil des Ânclsl*. I.e mi de France ia démentit en se hilta.il de jjrcr,.lrn le litre (1.; r,.i rie Corse. •

( iVofe de l'éditeur. )

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