‹ Mèmoires du gènèral Dumouriez avec une introductionChapitre 41 sur 168 · LIV. L — CHAP. VTI · texte numérisé non relu

LIV. L — CHAP. VTI

Rnance à l'armement des paysans, qu'ils voulaient laisser dans la servitude; enfin ils se rendirent à la nécessité. Alors il écrivit à M. le duc de Choiseul de lui faire passer des ordres et des fonds; il manda au comte de Follard de lui expédier les vingt-deux mille fusils, et il s'en procura presque autant.

Voici à présent le plan d'opération qu'il se proposa pour la campagne de 1771. Il comptait stir au moins quatre mille hommes de bonne infanterie saxonne, contingent de Courlande. 11 avait près de deux mille hommes levés , la plupart déserteurs ; il devait y incorporer douze mille hommes du palatinat de Cracovie d'abord , et ensuite autant de celui de Sendomir. Le régiment des dragons de la Couronne l'avait joint en entier; il comptait aussi sur un millier d'hommes de cavalerie saxonne. 11 ne voulait garder avec lui que la cavalerie de Miaczinski, celle de "Walcwski, les Lithuaniens d'Orzewsko, et le corps de Czernitehew , ce qui lui formerait une cavalerie de plus de huit mille hommes avec de bons .chefs.

Il voulait laisser le corps, de Zaremba du côté de Posen , et celui de Sawa sur la basse Vistule, pour menacer Varsovie, et y tenir en échec le général Weymarn.

Il voulait envoyer Pulawski, dont le corps pouvait se grossir jusqu'à dix mille hommes, sans infanterie, sur les frontières de la Podolie , pour inquiéter les magasins des Russes.

Il avait dépêché un nommé Putkammer, député de la Samogitie, auprès du comte Oginski, maître de l'armée delà Lituanie , composée de huit mille hommes de troupes régulières , et des corps tartares de Bielack et Kurilsky.

Pendant qu'avec l'armée de la petite Pologne, qui avec les Saxons devait monter au moins à vingt mille hommes d'infanterie et huit mille de cavalerie, il s'avancerait "sur Sendomir après s'être rendu maître de Cracovie, Oginski devait commencer son insurrection. La confédération , qui devait venir résider d'abord dans la petite ville de Landscron, pour qu'on ne chicanât plus la validité de ses actes , tenait toute prête la proclamation de la pospotilc rusceni, c'est-à-dire l'ordre à toute la noblesse de montera cheval , avec l'injonction d'aller joindre en Lituanie le général Oginski , qui , avec celte armée irrégulière , mais m.

MKHOIBES DE DUHOUMEZ.

très-nombreuse, qu'il devait réunira Pinsk , menacerait de marcher sur Varsovie.

Lorsque l'année de la petite Pologne aurait pris la bonne position de Sendomir, au confluent de la Vîslule et du San, le général Oginski aurait reçu l'ordre de marcher à grandes journées par Smolensk , d'y passer le Borysthène, et de se diriger sur Moscou. Toute l'armée russe était ou en Moldavie, ou dans les lignes d'Asow, ou en Livonie, ou en Pologne; et il n'y avait pas un seul régiment à portée de s'opposer à ce qu'Oginski pénétrât jusqu'au centre de la MOscovie. Les Russes eussent eu la guerre chez eux, et la confédération se serait trouvée déchargée, pendant cette excursion, de la paye, de l'entretien et de la nourriture de cette grande armée irrégulière.

Quant à la Pologne , Dumouriez s'en chargeait avec l'armée régulière soldée, renforcée de toute l'armée de la république , qui n'attendait qu'une occasion pour déserter. Le général Weyniarn avait deux grands intérêts à ménager : 1° de garder Varsovie et la personne du roi de Pologne, pour ménager l'influence de la Russie sur cette nation ; 2° ce qui était peut-Être plus essentiel , de garder ou couvrir les magasins de la Podo|ie. . 1

Dumouriez s'était assuré de la forteresse de Zamosc , quoiqu'il ne l'occupât point, faute d'infanterie. YY'eymarn n'avait qu'un des deux partis à prendre : ou de rassembler toutes ses . troupes à Varsovie, pour s'opposer aux Polonais qui menaceraient cette capitale; ou d'abandonner cette ville en emmenant le roi, pour tâcher de gagner Kiow, et de se joindre au général Kssen.

Dans le premier cas, Dumouriez aurai! marché sur la Podolie pour détruire les magasins ; dans le second, il aurait marché sur Varsovie pour y établir la confédération. 11 serait résulté nécessairement de ce grand mouvement un changement de théâtre de la guerre : Romantzow n'aurait pas pu rester en Moldavie, voyant une incursion en Moscovie et unfc grande guerre en Pologue ; U y serait rentré , et les Turcs, qui pendant toute cette campagne étaient encore très-forts , l'y auraient suivi. . Il n'en eût coûté à la France que la solde du contingent saxon; et il est à présumer que le change m eut énorme déposition

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