LIV. I. — CHAP. VII. US
de la république de Pologne aurait occassionné dans le Nord uue T grande commotion (jui eût déterminé uneguerre générale, comme le désirait le duc de Choiseul, qui se préparait à attaquer les Anglais, Le succès de ce grand plan a tenu à son existence ministérielle ; il fut disgracié le 24 décembre, et il fallut renoncer à tout. C'est la du Barry qui a eu l'avantage de faire tomber ce maire du palais ; et le sort de tout le nord de l'Europe, peut-être celui de l'Europe entière, a tenu à la passion flétrissante qu'un, roi de France de soixante ans avait conçue pourune (ille publique, que la Providence destinait à périr vingt-deux ans après sous la guillotine '.
Ce fut dans le mois de novembre, après son retour de Landscron, qu'il détailla tout ce plan au duc deChoiseul, dans une dépêche qu'il lui expédia par un officier. Il était déjà mécontent de la correspondance de ce ministre, qui ne lui écrivait plus que des lettres de bureau vagues * dans lesquelles il lui recommandait de ne pas compromettre la France, et de laisser les Polonais se conduire comme ils voudraient. Ilétaitalors uniquement occupé
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des moyens de repousser les intrigues par les intrigues; et ce soin, qui dans toutes les cours prend la moitié du temps etlestrois quarts des facultés morales des ministres, nuit toujours aux vraies affaires. .
Une autre circonstance avait contribué à rendre la correspondance encore plus froide. La cour de Varsovie, dirigée par l'ambassadeur russe, avait voulu élever une confédération contre celle de Bar, quand elle l'avait vue devenir confédération générale, et former un corps légal capable de pouvoir représenter la république. Ce projet n'ayant pas réussi, on imagina de faire accéder le roi à la confédération résidente àÉpériès : c'était ainsi qu'on avait déjoué celle de Radom , c'est ainsi qu'en 1792 on vient de déjouer celle de Targowiee.
Le premier avis en vint de Versailles par le comte Wielnorskî, qui en était d'autant plus effrayé que le premier commis Gérard protégeait hautement cet te adjonction, et lui avait dit de conseiller à la confédération d'y consentir. C'était livrer les confédérés aux Russes ; car si le roi se joignait à eux, ils ne pouvaient plus rester en pays étranger, il fallait qu'ils allassent le joindre; et ils n'avaient ni places de sûreté ui année. Si , après avoir accepté sou adhésion, appelés auprès de lui, ils refusaient de le joindre , il aurait représenté la république confédérée avec les faux frères, qui se seraient jointsà lui ; alors leur légalité tombait, ils seraient devenus des fugitifs et des rebelles. Enfin, s'ils acceptaient l'adhésion , il en résultait une suspension d'armes ; et les Turcs, qui avaient déclaré la guerre à la Russie pour maintenir la garantie delà Pologne, les auraient regardés comme des traîtres ; et c'était livrer à leur vengeance Rrazinski, Potocki, et trois mille Polonais qui étaient dans l'armée du grand vizir.
La confédération, comme toute grande assemblée, avait ses désorgauisateurs et sestraîtres. Le général Mockranowski, homme très-dangereux, arriva de Vienne; il venait de Paris. Il avait apporté à M. Durand l'avis de Gérard ; celui-ci l'avait adopté, et mandait à Dumouriez d'appuyer de soncrédit la proposition d'adhésion. Il en sentait trop le danger pour commettre une pareille perfidie : tout ce qu'il put faire fut de se déterminer, s'il était consulté publiquement sur cette affaire à répondre que les Po-