‹ Mèmoires du gènèral Dumouriez avec une introductionChapitre 43 sur 168 · LIV. I. — CHAP. VII · texte numérisé non relu

LIV. I. — CHAP. VII

lonais seuls pouvaient décider de l'avantage ou de l'inconvénient d'une démarche aussi délicate.

Mais, dans ses conférences secrètes avec Pàc et Bohucz, il les • exhorta bien à prendre tous les moyens possibles pour faire rejeter la proposition. Le général Mockranonski était homme de beaucoup d'esprit, et très-insinuant '. Avant que la proposition fût faite à l'assemblée, il crut devoir faire au roi un certain nom-

la Russie, étaient parvenues d allumer en procès, et on Je pnnrsnivrnit criminelle-,

quelques traits du portrait de Moctra- république. Moctranatnlil se crut forcé

nm>-ti,lrïjré par Uultiirri; rirCe PnbjMais, d'ulrrir. .Sun rnlpfr ;'i lu f.ur fut pleine

dans les violents eiercices auiquels In Ira sur son pnssaRC lui dirent : n Vous

/orce prodigieaje du rai Auguste 11 aïait «enei trop tard. — On ne tient point

acenutumé la jeune noblesse, pouvait trop tnrd , répondit-il d'une vois hnute,

abattre d'un seul coup la tète d'un tau- quand on ne demande rien, a Puis e'a-

reau, on tordre dam ors doigta une ba- vanrant vers te ml : n Slra, lui dit-Il,

Ruelle defer. Apres avoir servi en Franco puisque la Providence vous a placé a la

a vpr iVrnuvjr. cli-u l'rujae nvrcln faveur n'Ie d.: la r-. i.iil.U.;!!!- , j. nVii

corc ; et, malgré son peu de fortune ,11 je vous dois mon hommage- Aies sentï-

ciit MeuMt un ;<inul rVlut daas la rrpu. monta pour ina patrie ne changeront

connaissance des hommes, soS talent tontes, je les espère i et titre. »

pour Inspirer la confiance a une molli- On pente bien que Mockraaoïvski ne

tude, et ton éloquence, qui consistait fut pas l'Objet d'une grands fnveur. On

dans l'cipressinn naïve des sentiments commença pat lui faire un accueil poli-

lanse rr]nurr|uulilt des vertus admirées de ars emplois Inl furent retirés. On ne

n fuit iiiiiur clir'i Ifs nmnt.s irinrkTr.ei. Lorsque la confédération il Ror, for-

II disait nu jour à de jeunes Français : mée par l'évêqnn de Knminierlc, eut

Je q-ie<l,-m irit.-r.-T.H ..ii momie ; <h> pria une nl'ilinlo iis.ei in>p.i»:iiiln pour

•i fendre In liberté de mon pats, et perdre que l'un se mit forcé de traiter avec elle,

■ila mienne, etc. n on comprit qu'une telle négociation avait

Lorsuue, Ie5 mal 1764, ladléte po- beau!» d'un horame populaire. On jeta

lnn. In! ri ■ |mur I Vie. l'un 1rs fci.i mii M firnn i i. ' lu ■ lui

priilestn nvec une énerîic admirable liaucc durai lui-même. Mortranowski

contre l'oppression de celte assemblée , se chargea de cette miaiioii ilé.lirutr,

dont In salle des séaaces avait rte eiivsi- parce qui;, <l,t Riilliié.-e. , il rraienaltque

liie par les troupes russes. Ni le fer en- lu confédération de Rnr, qa'il nvait tuu-

ncnii, ni Ici clameurs de la faction qui juurs cliercliè à prévenir, n'alliritsur ta

IIS MÉMOIRES DE DBHO.UBIEZ.

lire de partisans, et effectivement il gagna bau coup île suffrages. Dumouriez imagina de lui opposer un antagoniste plus fort que lui ; il Écrivit à madame de Mniezeck qu'il avait besoin d'elle, et que tout était perdu si elle n'arrivait pas avant trois jours. Cette dame, 'effrayée de cette lettre, curieuse de connaître un daDger qui obligeait le ministre français à lui écrire d'une manière aussi alarmante, arriva trente heures après. Il lui expliqua l'affaire, et elle travailla il détruire les insinuations du général Mockranowski.

Cela n'aurait pas suffi, et certainement le roi aurait été déclaré chef de la confédération, si Bohucz ne s'était avisé d'un coup degenieaussi sublime qu'audacieux. Ilcomposa un discours, dans lequel il exposa tous les griefs des Polonais contre l'illégalité de l'élection du roi, et contre son entier asservissement à la Russie; il l'accusa d'être gouverné par l'ambassadeur de Russie, et d'être la cause de tous les malheurs de sa patrie , qui ne pouvaient cesser qu'en le faisant descendre d'un trône usurpé. Il composa aussi l'acte de déchéance : il ne parla de ce travail à personne.

- Bohucz gouvernait alors despotiquement eette assemblée. Une figure niflie, un grand courage, un bel organe, un style correct, une éloquence de feu, une discussion tranchante quand on voulait combattre son opinion, le rendaient l'oracle des confédérés. On .devait le lendemain mettre sur le tapis l'affaire de l'admission de Stanislas. Bohucz, après avoir traité les affaires courantes, réveille leur attention en leur annonçant qu'il va leur lire

pairie de nouvelle! calamités. H avait Bu roi : ■ Sire, on voas trompe, oh tous

cunru If ilnuljlc projet Je prévenir la di- m'avez trompe. Mail , dani l'un ou dans

vision des Polonais entre eut, et d'em- l'antre cas, il ne me convient plue.de

picher lu guerre civile, 'oui servir, n II quitta la cour, et partit

Mockrtnowak] l'acquittait de cette auiiitflt poar la France. , ■ .

mission avec toute la loyauté de scn Si plus tard { en 177U), a ion retour

caractère, lorsque, par une affreuse de t'rnoce . Mockranowski renouvela ni

trahison, et au mépris d'an armistice, efforts pour rallier au roi la parti dea l'armée russe atlaqaa les confédéré», et - confédérée, aeralt-il juste de voir, comme

fruit de quarante ans de probité : dans nnger comme une conséquence de la prèle itjups il i < Liit ci:n:l. iyr :i ut.e ]n:r. mien mission, et des opinions concilia- Aille, ™u rii."ni .■ qui ivi ,-isii'nl 1,'H lirli- Irices du K éniral Mockranowskî ï mes ne l'en >oupruum-r*nt point, tianpeté ( fivle de l'éditeur. ) parle séuat.ili'e rendit à la cour, et dit

Lii 1 t-, Ci:

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