‹ Mèmoires du gènèral Dumouriez avec une introductionChapitre 5 sur 168 · LIV. r. — CHAP. II · texte numérisé non relu

LIV. r. — CHAP. II

injustice atroce, te petit-fils de Louis XV , qui n'avait aucun de ses vices, et qui ne lui ressemblait que par sa faiblesse.. Ce peuple était-il tyrannisé quand il a commis le crime qui le déshonore? Non. Il était souverain, et il abusait de ce titre. Est-il libre depuis celte catastrophe? Won. Il tremble tout entier sous la guillotine, et il est courbé sous le despotisme de cinq à six cents hommes de la lie de la nation. Par où finira ce nouveau genre de despotisme? Par avoir un roi , après avoir passé par toutes les calamités , plus ou moins longues , d'une anarchie absurde.

CUAPITRE II.

Guerre de sept ans.

Arrivés à Maubeuge, Dumouriez père et fils se joignirent à deux aides-maréchaux des logis de l'armée, pour préparer les marches d'une colonne commandée pur le comte de Saint-Germain. Le rendez-vous de l'armée était dans le pays de Clèves. L'un de ces deux oftlciers d'état-major, nommé JVlontazet, était plein de talent et d'activité; l'autre était ignorant et paresseux, lis étaient à cheval , les deux commissaires dans une bonne voiture; la saison était rude, la terre couverte de neige. L'échange fut bientôt fait. L'officier monta en voiture, Dumouriez monta ses chevaux. Montazet, qui avait fait les campagnes des Pays-Bas sous le maréchal de Saxe , les lui racontait en les lui expliquant sur le terrain ; en revanche, le jeune homme l'aidait avec zèle dans les détails de ses importantes fonctions , et en apprenait les premiers éléments sous ce bon chef.

Arrivés à Vésel, ils furent attachés à la division du marquis d'Armentières , mort depuis maréchal de France. Ce général portait le courage jusqu'à la témérité. Trouvant à Dumouriez de l'intelligence et de la volonté, il l'employa comme son aide de camp. Après la bataille d'IIasleinbeek, le père du jeune homme fut chargé d'aller prendre l'administration de l'Ost-Frise avec le marquis Dauvet, maréchal de camp, deux bataillons et

l(ï HÉMOIRES DE DU MOURIEZ.

quatre escadrons de dragons. Sou fils fut, obligé du quitter sou cher général , et de l'accompagner. Un lieutenant général autrichien, nommé le comte de Pisa, vint d'Anvers prendre le commandement de l'Ost-Frise avec deux bataillons impériaux de Platz et de Charles-Lorraine. Le général Dauvet partit, et les troupes françaises restèrent à ses ordres, Dimiouriez reprit ses forlCtions de commissaire des guerres. Le duc de Broglie , actuel le ment maréchal de France , alla attaquer Brème :

Uumouriez fut envoyé par son père auprès de ce général pour concerter la levée des contributions. Il le trouva attaquant deux villages près de cette ville ; entraîné par son ardeur, il alla joindre une compagnie de grenadiers de la légion royale, commandée par Saint-Victor, excellent officier, mort depuis lieutenant général. Le village, qui , autant qu'il s'en souvient,

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