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se nomme Osterwick , fut emporté ; il y reçut mie contusion et plusieurs balles dons ses habits. Il revint ensuite remplir sa mission auprès du duc de Broglie , qui l'exhorta fort à quitter son état plumitif pour servir coume militaire.
De retour à Embden , il trouva le général Pisa très-inquiet. Dix-sept bâtiments de guerre anglais venaient d'arriver, et paraissaient menacer cette place. Il y avait peu d'ingénieurs. Dumouriez s'offrit , et traça plusieurs batteries sur les digues , et dans la petite île de Nesserland , en avant du port. Les Anglais s'en allèrent, et on cessa les travaux. La honteuse retraite d'Hanovre se fit dans l'hiver de 1757 à I75S. L'abandon de l'Ost- Frise s'ensuivit. Dumouriez, pendant la retraite, se tinta l'arrière-garde , qui fut inquiétée près de fihède, dans le pays de Munster. Il revint à Saint-Germain en Laye avec son père, qui était malade de la gravclle. Il n'avait négligé pendant cette campagne aucun des détails de l'administration des armées , ce qui lui a été très-utile par la suite. Mais il avait contracté une répugnance invincible pour son état, et une vocation décidée pour celui de la guerre.
Son père était malade, et ne pouvait plus être son guide. 11 va un matin, à la lin du mois de janvier 1758, trouver à Versailles M. deCremilles, lieutenant général, directeur du département de la guerre sous le maréchal de Belle-Isle. Le maréchal aimait beaucoup son père, dont M. de Cremilles était ami intime. Il lui fait le détail de sa campagne, lui avoue ses répugnances, et, le prie de lui procurer une cornette de cavalerie, parce qu'ayant déjà dix-neuf ans, il est trop âgé pour prendre la queue d'un régiment d'infanterie. M. deCremilles, après quelques légères observations, le présente au ministre, qui en parle au vicomte d'Escars , colonel d'un régiment de cavalerie , qui promet la première place vacante. Dumouriez va retrouver son pere, lui dit ce qu'il a fait, a le bonheur d'être approuvé, et se prépare à aller servir comme volontaire , en attendant l'emploi promis. Dans l'excès de sa joie, il dit alors à son père : ■> Vous me rendez heureux. Mais connue j'entre lard au service , je ne perdrai point de temps : je vous jure que je serai tué , ou chevalier de Saiut-Louis dans quatre ans. » Cela n'était pas
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rassurant pour un père qui s'était donné autant de soins peur suit (ils unique. Il tint parole.
Ce régiment avait la plus grande réputation de valeur depuis sa création. Il portait pour devise dans ses étendards : Fais ce que dois, advienne que pourra. Du mou riez en a fait sa maxime toute sa vie. A la bataille de Hosbach ce corps avait été si maltraité , après avoir enfoncé les gardes du corps du roi de Prusse, le marquis de Ca stries combattant à sa tète , qiïe sur huit capitaines il n'en était resté que quatre vivants , qu'il n'en était revenu que cent cavaliers , dont trente seulement , et un seul officier sans blessures. On l'avait envoyé en basse Normandie pour se refaire ; et il y avait travaillé avec tant d'ardeur, qu'au mois de mai I75H , lorsque Dumouriez le joignit, il était presque complet et très-beau. F.n arrivant il trouva douze autres volontaires qui s'y étaient attachés, dont même plusieurs avaient fait la première campagne : cela recula ses. prétentions, et il servit pendant six mois comme simple cavalier.
L'éducation vigoureuse et variée qu'il avait reçue de son respectable père lui donnait beaucoup d'avantages sur ses camarades. II s'était fait une petite bibliothèque qui l'a toujours suivi a la guerre, composée do la Bible, des lissais de Montaigne, d'Horace, des Commentaires de César, de Montecuculli , du Parfait capitaine du duc de Rohan , des Mémoires de Feuquières , de la Géométrie de le Blond. Il relisait et étudiait continuellement ces livres , y joignant la lecture de tous ceux qu'il pouvait se procurer en plusieurs langues. 11 vivait souvent seul, et, sans se refuser les plaisirs, il a toujours évite les cafés, les billards, le jeu, les sociétés de garnison , en un mot, toutes les ressources de l'oisiveté, dont il n'avait pas besoin. Cependant son caractère ouvert et irès-gai prévenait la jalousie , et il n'a jamais eu d'ennemis parmi ses camarades.
Le régiment d'Escars fut bientôt tiré du repos dont on avait cm le faire jouir en Normandie. Les Anglais prirent Cherbourg, par la lâche ineptie d'un maréchal de camp nomme Baiinond '.
1 • LeBaott 175», dit un historien, riaient seulHiifhl «lie ville. Trop faible, île i;ln-rtHiurK; tleui rrgiiiirnU iléfeii- culrer ions remuer. T.ej A pg lois profil r-
On rassembla une petite armée a Valngncs; elle lit une petite guerre assez mal entendue dans la fore"t de Cherbourg, où Dumouriez prit un officier de dragons anglais. Ceux-ci se rembarquèrent, ét allèrent se faire battre à Saint-Cast en Bretagne. Le? régiments de liourbon et d'Escars eurent ordre de retourner en Allemagne, où ils arrivèrent à1a fin de l'année; ce fut alors qu'il reçut son. brevet d'officier.
En 1759, le régiment lit la campagne sous les ordres du marquis d'Armenticres, qui caressa son ancien aide de camp. 11 était chargé, aveesept à huit mille hommes, de secourir Munster, où le général Boisclereau se couvrait de gloire , et'effaçait celle du marquis de Gaillon, qui commandait dans la place. Le général Imhoff, Hanovrien, couvrait ce siège avec un erpsun peu plus fort que celui du marquis d'Armentières, qui se conduisit trèsbien, et eut trois actions brillantes : le passage de la Lippe à Halleren, devant le général Imhoff, qu'il déposta, et les combats d'Emsdetten et d'Atbachten, pendant lesquels il lit entrer un grand convoi dans Munster. Dumouriez eut une contusion à la. hanche, d'une balle de carabine, au combat d'Emsdetten. Cependant Munster capitula après un siège mémorable, et on entra en quartiers d'hiver. Us furent troublés par la marche du prince Ferdinand sur la liesse et Francfort ; et le régiment d'Escars se porta dans le petit comté d'Hackenbourg en Westplialie, où l'on lit la guerre tout l'hiver.
Le père de Dumouriez avait été nommé, pendant cette campagne, intendant de l'armée du maréchal de Broglie. 11 se brouilla avec le comte de Broglie, maréchal général des logis de l'armée de son frère. Tous deux ardents et ailiers , le chef de l'état- major et l'iutendant ne purent pas s'accorder. L'intendant fut sacrifié au vainqueur de Bergen , et remplacé par le fameux Fou ■ lou, une des premières viclimesde la révolution française en 1 789.
Cette disgrâce du père de Dumouriez fut compensée par un héritage de cinquante mille écus, qui lui arriva lorsqu'il s'y attendait le moins. Le maréchal de Belle-Isle lui avait donné le
rent d'un si-jour de trois joars pour com- momeal mime où de* En rr es respect ni Jea Merle burin de re port, emporlèresi s 'approebalrat pour réprimer leur piru-
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MÉMOIRES DR DIJMOUniEZ.
département de Paris, comme commissaire ordonnateur; sa santé était devenue très- mauvaise. Il acheta une petite terre près de Saint-Germain en Laye, où il se relira avec sa fille, qui épousa en I7G4 le baron de Schomberg. Il a vécu philosophiquement dans la retraite jusqu'à sa mort, au commencement de 1709. Malgré un grand fonds de philosophie, sou état maladif, le souvenir de beaucoup d'injustices qu'il avait essuyées, un caractèretrop vif et trop sensible, lui avaient donné sur la fin de sa vie un fond de misanthropie et de dureté qui faisait son malheur et celui de ses entours. Né avec le génie , ayant acquis les talents convenables aux plus grands emplois , il avait été déplacé par le hasard de sa naissance; et il n'a pas été heureux, parce qu'il a conservé jusqu'à sa mort une ambition contrariée par la médiocrité de son état. 11 était brave , noble , généreux, d'une probité austère; mais, quoique réunissant de vastes connaissances à tous les talents agréables, Il n'était ni souple ni complaisant, et son caractère antique l'a toujours rendu désagréable aux distributeurs des grâces d'une cour corrompue; ils l'ont toujours comblé de marques d'estime et d'aversion.
Ed 1760, le régiment d'Escars fut de l'armée du comte de Saint-Germain. Celle du maréchal de Broglie partit de Francfort pour entrer en liesse; et quoiqu'il eût été plus utile de faire opérer séparément celle de Saint-Germain , la jalousie du maréchal lui prescrivit de venir se réunir à lui. La jonction se fît dans les plaines de Corbach , après un combat dont le comte de Saiut-Germain eut tout le fardeau, et dont le maréchal se donna tout l'honneur. Ce combat fut assez insignifiant par lui-m3me, ainsi que ceux de AVoif hagen et de Volkmûssen, que l'armée de Saint-Germain donna peu de jours après. Le prince Ferdinand, quoique très-inférieur au maréchal de Broglie, se tint toujours à sa vue , et battit tour à tour sa droite du corps des Saxons sur la Fulde , et sa gauche à Warbourg. Cette gauche était une partie de l'armée de Saint-Germain, qu'on avait démembrée. Le maréchal avait tant fait, que ce général, qui n'était qu'un simple gentilhomme, ce que les gens de la cour appelaient un officier de fortune, fut disgracié, et passa au service de Danemarck. Dumouriez y perdit un bon protecteur.