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tant plus juste, que le duc d'Aiguillon mit le comble a leur disgrâce par un raffinement de perfidie et de méchanceté , sans but utile.
Dès le commencement de cette mission Dumouriez avait toujours mandé qu'il était sûr du comte Oginski, qui entraînerait un corps de troupes de l'armée de Litlmanie d'au moins cinq à six mille hommes, sans compter unegrande partie de la noblesse de ce grand-duel ié. Le comteVielhorski, beau-frère d'Ogi n s kî, donnait à Paris les mêmes assurances. Mais en même temps Dumouriez avait représenté que l'exemple de ce qui était arrivé au prince Itadziw.il , qui avait perdu , presque sans se battre , ses places fortes en Lithuanie, que le prince Dasclikoff, à la tète d'un petit corps de troupes russes, avait enfermé, pris et faitcapitulerdans la forte place de Niesvicze, avec le comte de Pac, quoiqu'ils fussent du double plus forts que les assiégeants , devait rendre trèscirconspect sur le choix du temps à prendre pour l'insurrection de la lithuanie;
Que quand même, ce qu'il fallait espérer, le comte Oginski, à la tête de troupes plus régulières , ferait une plus noble résistance ; comme il se trouvait derrière l'armée de Weymarn d'un côté , comme on pouvait faire marcher contre lui des troupes ou de la Livonie, ou de l'Ukraine, ou de la Moscovie, sa perte serait toujours irrémédiable , si son insurrection était partielle , et non-seulemenl si elle ne faisait pas partie d'un plan général d'attaque , mais si les troupes de la grande et de la petite Pologne n'étaient pas arrivées à une certaine hauteur, pour pouvoir ou le dégager par des secours directs et une jonction , ou le soulager par une diversion qui occupât les Russes ailleurs; que déterminer trop tôt l'insurrection du comte Oginski serait le conduire , ainsi que tous ses partisans, à une perte infaillible;
Que la Pologne n'avait déjà que trop souffert du peu d'ensemble de ses confédérations faibles, qui avaient été abattues l'une après l'autre ; que le ministère de France devait agir comme un bon père avec cette nation, qui s'était jetée dans ses bras; que, ne pouvant pas lui donner un appui direct et formidable, il devait lui donner des conseils où la force et la prudence fussent réunies; que si on ne pouvait pas faire acquérir à la confédération polo-
MÉMOIRES DE IHi MOU RIEZ.
naise une niasse puissante, capable de conquérir sa liberté, il était de la générosité paternelle du roi de France de sauver le plus qu'on pourrait d'individus, en les empêchant de courir à leur perte par une insurrection inutile ; qu'il valait mieux les réserver pour un autre temps , et attendre d'antres circonstances ; qu'une conduite contraire serait évidemment une fausseté machiavélique, qui, sacrifiant une nation entière, déshonorerait notre politique.
Ces sages' représentations avaient suffi pourleducdeChoiseul, qui cependant voulait arriver à une guerre générale ; mais elles furent inutiles auprès du duc d'Aiguillon, quoiqu'il affectât un système opposé; elles semblèrent même aiguiser sa duplicité. Gérard avait un frère nommé Rayneval, consul alors ou résident a Danizick '. Il le chargea de traiter séparément avec le comte Oginski, pour l'engager à se déclarer. Non content de ce premier moyen, d'Aiguillon envoya auprès de ce seigneur uu colonel français, le chevalier de Murinais.
Du mouriez renouvela en vain ses représentations : il fit avertir directement le comte Oginski de l'inutilité du danger qu'il allait courir ; il manda à Wielhorski de tacher de sauver son beau-frère et la Lithuanie , en l'empêchant de se livrer à ces perfides insinuations. Tout fut inutile. On prit précisément l'époque où les malheurs de la Pologne étaient assurés et irrémédiables, pour forcer Oginski à se déclarer au mois de septembre. Ce chef fit son insurrection imprudente. Le colonel Albiczew , à la tête d'un millier de Russes, ne lit que se montrera Piusk, où il faisait sort rassemblement. Il n'y eut pas même un combat , tout le parti se dissipa devant Albiczew ; le malheureux Oginski s'enfuit à Dantziek , et la dernière ressource de la liberté polonaise fut anéantie. ... A la funeste époque de la déroute de Landscron , la conduite
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