LIV. 4, — CHAP. THI
brave Choisy ; mort depuis lieutenant généra! , qu'il avait amené avec lui , ainsi qu'une vingtaine d'excellents officiers de troupes légères. Les Russes vinrent lés assiéger. Jamais Viomesnil ne put parvenir à réunir la cavalerie polonaise pour secourir la place. Choisy, après avoir soutenu un siège mémorable, qui a fait un honneur infini aux Français , et qui est une des époques brillantes si communes dans leur histoire militaire , fut obligé de capituler après avoir défendu cette bicoque pendant deux mois. LaPolognefutpartagéeparletraitédeBerlin,et Viomesnil revint en France , ayant rempli une mission pénible , infructueuse et désagréable.
Tels sont les principaux traits de la révolution de Pologne, auxquels Dumouriez a eu part , et sur lesquels il s'est un peu étendu pour suppléer aux mémoires qu'il en avait rédigés, et qui sont perdus. Les Polonais sont encore plus à plaindre qu'à blâmer. Les nations qui ont démembré leur vaste territoire étaient toutes garantes de leur constitution et de leur liberté.
La nation polonaise est brave, généreuse, polie et sociable. A cette époque, l'esprit, les talents et l'activité étaient tombés en quenouille. Les femmes conduisaient les affaires , montraient de l'énergie, pendant que les hommes menaient une vie voluptueuse et galante. Dumouriez , pour les peindre au duc de Choiseul.les nommait, dans une de ses dépêches, les Asiatiques de CEurope. Ils avaient le plus grand désir de la liberté; ils sacrifiaient sans balancer à cette passion leur fortune et leur vie ; mais leur système social et leur constitution s'opposaient à leurs efforts, et les faisaient tourner contre eux-mêmes, Leur agitation, était un ouragan qui allumait les ateliers voisins où se forgeaient leurs fers.
Leur esclavage durait depuis soixante-dix ans, c'est-à-dire: depuis que Pierre le Grand avait opéré la création de l'empire: de Russie. C'est dès lors qu'il aurait fallu faire des confédéra- . tions , et être soutenus par les puissances intéressées à s'opposer à l'accroissement de ce nouveau peuple. Ils combattaient poùn'' . leur constitution; pour conseryer leurliberté, il eût fallu qu'ils ^'^ commençassent par la détruire. La constitution polonaise est ' ■ \ une aristocratie pure , mais dans laquelle les nobles n'avaient pas