T. XI
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1111 peuple à gouverner; car on ne peut pas donner ce nom à Iwit à dix millions de serfs attachés à la glèbe , qui n'ont aucune existence politique, et dont l'esclavage se vend, s'achète, se troque, se lègue, et suit toutes les mutations de propriétés , comme les animaux domestiques. Le corps social des Polonais est un monstre composé d'une réunion de têtes et d'estomacs, sans bras et sans jambes.
Leur régime, leur code légal , ressemble à celui des colonies à sucre, qui , par la m'Cme raison , ne peuvent pas soutenir l'indépendance. La nation polonaise ne consistait donc, avant le portage, que dans un corps social de huit à neuf cent mille nobles répandus snr une surface qui , avec un autre régime, aurait pu nourrir trente millions d'hommes libres.
Les Spartiates, avaient bien leurs cultivateurs ilotes, comme les Polonais leurs paysans serfs; mais les Spartiates occupaient un territoire très-resserré; ils avaient des mœurs austères, des lois dures, et un gouvernement très-bien ordonné. LesSpartïates armaient leurs ilotes, s'en servaient à la guerre, remplaçaient la diminution des citoyens quand la guerre dépeuplait trop la cité, en élevant un certain nombre de ces mêmes ilotes à l'état de citoyens. Les nobles polonais n'osaient pas mettre les armes à la main à leurs serfs , et ne les élevaient jamais à l'honneur de la noblesse.
A Sparte, les biens étaient en commua, les citoyens étaient égaux, les rois étaient toujours indigènes et héréditaires, les épliores modéraient leur autorité ; il n'y avait aucun moyen de corruption. En Pologne, les charges héréditaires , les palatinats, castellanies, starosties, mettaient une inégalité immense entre les citoyens, c'est-à-dire les nobles; chaque élection de roi était un rengrègement de corruption et de vénalité ; et, dans le courant de l'année, desdiètes orageuses, et surtout le liberum veto, achevaient d'affaiblir la république eu la jetant, par ses formes coitstituiionnelles même, dans le désordre et l'anarchie. Les confédérations étaient elles-mêmes un moyen d' affaiblissement par leur propre légalité, et par l'habitude queles Polonais s'étaient faite de s'en jouer, et d'en faire une source d'intrigues et de manèges. . - ■ '