LIV. 1, — CHAP. u
D'une partie de son armée on avait formé une division de dixhuit miUehommes; elle formait la gauche del'arméedu maréchal, que le prince Ferdinand tenait en échec dans son camp de Corbach ,en occupant celui deSachsenhausendans la même plaine. Le maréchal détacha cette division aux ordres du chevalier du Moy, lieutenant général , mort depuis ministre de la guerre et maréchal de France, pour aller au loin tourner la droite du prince Ferdinand , en passautla Diemel à Warhourg. Le prince Ferdinand lui avait opposé un corps de quinze mille hommes, aux ordres du général Sporken. Le 30 août, il le renforça de vingt-cinq mille hommes commandés par le prince héréditaire , actuellement duc de Brunswick Le 31 août, le général du Muy fut attaqué, enveloppé et hattu complète nient, avec perte de six mille hommes. Dans la retraite qui se lit au travers de la Diemel , Dumonriez rallia autour d'un étendard de son régiment , porté par un de ses camarades , nommé Marligny , deux cents chevaux de différents régiments, sauva une batterie de cinq pièces de canon de douze livres , commandée par un brave lieutenantcolonel d'artillerie, son ami intime, nommé Russy, et couvrit
genou droit, l'autre à la.téte. 11 recul une gratification de cent écus , dont il donna la moitié à sa compagnie.
Pendant que le maréchal de Broglie jouait aux barres avec cent vingt mille hommes, dans le pays de Cassel, contre le prince Ferdinand qui en avait environ quatre-vingt mille, on n'avait point laissé de troupes sur le lias Rhin. Aussitôt après avoir gagné, la bataille de Warbourg, le prince héréditaire se détache rapidement avec vingt mille hommes, traverse le comté de la Mardi , et va assiéger Vésel, où il n'y avait rien de prêt pour soutenir un siège , pas une palissade , et pour toute garnison le régiment de Reding suisse, très-incomplet , avec un bataillon de milices de Saint-Denis, et cent hommes d'une compagnie franche à cheval. Si le prince héréditaire eût suivi dans celte expédition la brillante impétuosité qui le distinguait alors sur tous les généraux de l'armée ennemie , et s'il eût brusqué la place, il l'eût emportée : il voulut être méthodique, et il perdit un temps précieux.
Le. marquis de Castries avait pris le commandement de In division battue à Warbourg : il avait plus de chemin à faire que le prince héréditaire; mais avec une promptitude étonnante il arriva à Cologne , il fut joint à Creveldt par quelques régimonts arrivant d'un camp que nous avions à ISieuport, pour couvrir la Flandre autrichienne contre les escadres anglaises. 11 lit partir un excellent oflicier de troupes légères, nommé Sionville, avec un détachement de cinq cents hommes, qui , s'embarquant à Cologne, descendit jusqu'à Vésel, et eut le bonheur de se jeter dans la place , malgré le feu des batteries ennemies,
Le prince héréditaire, pour réparer sa faute, passa le Rhin , vint attaquer les Français à Clostercamp , les surprit la nuit dans leur camp, les aurait battus sans la résistance de Fischer dans l'abbaye , et sans la vigueur du comte de Rochaintieau 1 , colonel du régiment d'Auvergne, repassa le Rhin après avoir élé repoussé , leva le siège de Vésel , et lit une fort belle retraite'.
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