‹ Mèmoires du gènèral Dumouriez avec une introductionChapitre 68 sur 168 · LIV. II. CHAI", f · texte numérisé non relu

LIV. II. CHAI", f

avoir l'air d'un homme qui cherche à fuir. Il avait remarqué que IMtre de la cheminée, sur lequel posait son feu, était incliné. Cet atre était composé de deux grosses pierres, se joignant ensemble par le centre sur une poutre que l'extrême chaleur avait fait charbonner, ce qui occasionnait un baissement. Il réfléchit que dans cette partie affaissée il devait y avoir un vide.

Un matin , ou plutôt une nuit, car il n'était que deux heures, il leva les carreaux de son plancher attenant à l'âtre : il vit la poutre , il reconnut avec joie qu'il ne s'était pas trompé dans sa conjecture; il dérangea son feu, se fit un bélier d'une bûehe, déplaça les gravois sur lesquels portaient les deux pierres, fit un trou, le vida avec ses mains, et, à coups redoublés, il parvint à enfoncer le plafond de la chambre au-dessous de lui..

Ce travail ne dura guère plus de quatre heures, mais lui procura un spectacle effrayant. C'était un homme d'environ cinquante ans, nu comme la main, avec une barbe grise très- longue , des cheveux hérissés , qui , hurlant comme un enragé , lui lançait par le trou les gravois qu'il avait fait tomber. Il voulut parler à ce malheureux ; il était fou. Il a su depuis qu'il se nommait Eus tache Farcy, gentilhomme picard , capitaine au régiment de Piémont, enfermé alors depuis vingt- deux ans à la Bastille , pour avoir fait ou colporté une chanson contre la Pompadour.

Il acheva de jeter les deux grosses pierres et les gravois , se lava les mains le mieux qu'il put, car il avait les doigts déchirés et tout sanglants, et cria à la sentinelle externe, par sa fenêtre, d'avertir le porte-clefs. On arriva. Alors il dit que sa cheminée venait de tomber sur son voisin le fou. On le mena à l 'étatmajor; le gouverneur y vint, il lui raconta avec une grande apparence de naïveté l'accident qui était arrivé ; il l'attribua à ce que la poutre, calciuée depuis le long temps qu'elle supportait le feu, n'avait pas pu soutenir davantage le poids des deux grosses pierres. Jumilliac répondit sur le même ton, dit qu'il fallait envoyer des maçons dans .cette chambre , et ordonna qu'il fut logé dans la chambre de la chapelle. Pendant qu'on arrangeait cette chambre pour le recevoir, resté seul avec son ami , il lui montra ses doigts, et lui avoua son espièglerie. Cet

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excellent homme l'embrasse, et lui dit très-agréablement : « Mou enfant, je serai toujours votre complice, pourvu que je sois votre confident. «.Ce-nouvel appartement avait une antichambre. C'é- «lie chambre de vinj

b fortbonue cheminée. Il t obscure. Auprès delà 3, qu'on avait fait faire pour une demois de Louis XV, qui y avait passé un mois, pour avoir eu trop d'ambition. Le major, en y installant Dumouriez, fui dit, pour lui montrer son érudition, et peut-être un peu pour le mater : « Monsieur le colonel, c'est la plus belle chambre du château ; mais elle porte malheur. Le connétable Saint- Pol, le maréchal de Biron, le chevalier de Rohan et le général Lally, qui l'ont habitée, ont porté leur tête sur l'échafaud. <

,ieds de long sur dix-huit !. Il n'y avait qu'une fe- : de la cheminée était un

Il lui répondit, en lui riant au nez : <■. Monsieur le major, j'espère que vous ne croyez pas me faire peur P » Depuis lors il a toujours été ami avec ce major, nommé Chevalier ; deux ans après, il lui ition de 400 livres sur une pension de

moins d'inscriplions que dans la troit quelques pensées. et .rès.fortes, du

ne liberté. Il y ova

leux la Bourdonnaye, quelques sentences anglaises del' tuné Lally, et des paraphrases de psaumes de M. de la Cha i '. Il y trouva aussi le nom d'un ducdeCourlande( Charles

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