‹ Mèmoires du gènèral Dumouriez avec une introductionChapitre 72 sur 168 · LIT. II. — CHAP. II. 1 S · texte numérisé non relu

LIT. II. — CHAP. II. 1 S

convalescence, et alors, à force de raisonnements , il obtint d'elle son consentement. II fut obligé de devenir théologien et casuiste, et de disputer avec les principaux docteurs de Caen, pour lever les scrupules de sa cousine.

La baronne de Scliomberg, sa sœur, lui avait donné une trèsforte preuve d'amitié, en sollicitant pour lui auprès du duc d'Aiguillon, mais avec beaucoup de noblesse. Ce duc eut la bassesse de lui dire, un jour qu'elle le pressait vivement : « Madame, vous avez tort d'être si inquiète pour votre frère; il se divertit très-bien à laBastille, il est toujours gai. ■> Elle lui répondit, avec beaucoup de dignité : « Eh bien , monsieur le due, c'est une preuve qu'il n'a rien à se reprocher, et c'est un motif pour vous de vous montrer juste, en lui rendant la liberté. « Cette noble franchise l'avait brouillée avec ce ministre tout-puissant ; et Dumouriez cite avec plaisir ce trait de madame de Schomberg, pour laisser subsister sa reconnaissance après lui. Son autre sœur, abbesse de Fervacques, résidait à Saint-Quentin, ville trèsagréable : aimant passionnément son frère, dès qu'elle eut appris la résolution qu'il 'avait prise d'épouser sa cousine, elle l'engagea à venir demeurer en cette ville, et fit meubler une fort belle maison pour le recevoir.

L'assiduité de ses soins pour mademoiselle de Broissy fut le sujet de toutes les conversations de la ville ; tout le monde le loua et y prit intérêt, surtout sa bonne amie madame de Mathan . Il ne voulut pas permettre qu'elle passât sa convalescence dans une chambre mal aérée, dont tous les meubles étaient imprégnés des miasmes de sa dangereuse maladie. Il lui loua un appartement à la campagne, à une lieue et demie de Caen , et il l'y établit avec une vieille dame pensionnaire du même couvent; il leur donna son valet de chambre pour les servir. Il était bien aise aussi de ta soustraire aux importunités des prêtres et des dévoles, qui ne pouvaient que troubler son repos, sans changer sa volonté ; et lorsqu'il se crut près du terme de l'expiration de sa lettre de cachet, et que sa cousine eut repris ses forces, il l'envoya chez sa mère, à qui ils avaient tous deux fait part de leur résolution.

l'eu de jours après te départ de sa cousine, Louis XV mourut,

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