M ÉMOI KH5 DE DDHODHIEZ
sa batterie ne peut être ni rasée ni démontée, les parapets étant de gros blocs de granit ; qu'au reste , il en apprendra bientôt des nouvelles ; que si les Anglais enlèvent cette batterie, comme ils ne peuvent pas enlever l'Ile ni l'occuper, il y remettra de l'artillerie et une garnisou,. dût-il recommencer deux fois par an , pendant tout le cours de la guerre. On lui répond de ne plus rien faire sans ordre, sans quoi on lui ôtera sa place. Huit jours après, deux frétâtes anglaises poursuivent des marchands, qui se sauvent à l'abri du fort de l'île Pelée. La batterie canonne les frégates, les fait fuir, après en avoir maltraité une. On reconnaît l'utilité de l'armement de l'île Pelée , et le ministre lui écrit une lettre d'approbation, en le conjurant de ne plus rien faire sans ordre. Ce n'était pas son compte; il voulait compléter son état de défense.
La batterie de la pointe du Homet n'était que de deux canons, absolument à barbette, n'ayant pas même une genouillère. Cette pointe battait dans la rade de Cherbourg. En continuant est-ouest, on trouvait, à environ trois cents pas, une autre pointe qui battait l'anse Sainte- Anne, au revers de la rade. Les vaisseaux qui arrivaient par l'ouest dans la rade rasaient de trèsprès ces deux pointes, pour éviter le grand courant delà Manche, qui les aurait portés trop en dehors. Les vaisseaux sortant du port et de la rade, avec le Jusant, pour naviguer dans l'ouest, étaient de même obligés de serrer cette côte par le même motif. A cette pointe donnant sur l'anse Sainte- Anne étaient les traces d'une vieille batterie, qui s'appelait encore la batterie de Choiseul.
Il projeta de fermer ces deux pointes par deux demi- bastions et de les lier ensemble par une longue courtine. Il y avait aussi sur ce terrain un grand amas de blocs de granit, parce qu'on avait projeté de bâtir, sur les roches en avant du Ilomet, un fort pareil à celui de l'île Pelée, qui a aussi été construit depuis. Il le propose à M. de Caux, qui , ayant été grondé pour la complaisance qu'il avait eue d'exécuter sans ordre du ministre la batterie de l'île Pelée, le refuse, et défend même à ses ingénieurs de s'en mêler. Il n'est point rebuté de ce refus. I! prend avec lui le chevalier Boyer, major du régiment de Normandie ,