‹ Mèmoires du gènèral Dumouriez avec une introductionChapitre 9 sur 168 · LIV. I. — CHAP. II · texte numérisé non relu

LIV. I. — CHAP. II

mes. Il reçut alors une gratification de centéeus, qu'il donna à ses soldats, d'ailleurs revenus riches de cette course , qui lui valut un superbe et excellent cheval d'escadron. Le reste de la campagne ni la'suivante ne produisirent aucun événement intéressant, que l'inutile et sanglant combat d'Amoenebourg. A la lin de 1702, le régiment d'Escars rentra en France, et fut envoyé àSaint-Lô> en basse Normandie.

Au commencement de 1763, la paix étant déclarée , les soixante-quatre régiments de cavalerie furent réduits à trente; on réforma ceux qui appartenaient à des gentilshommes , et on les incorpora dans les régiments royaux ou des princes. D'Escars fut incorporé dans Penthièvre. Cela entraîna une réforme de dix capitaines par régiment, c'est-à-dire trois cents pour la cavalerie seule. Dumouriez fut compris dans cette réforme, et reçut la croix de Saint-Louis. Il ne tint qu'à son père de la recevoir deux mois après, des mains de son fils. 11 eut ainsi le bonheur d'avoir tenu sa promesse, et de mériter cette décoration longtemps avant l'âge de l'ancienneté.

II n'a pas cru devoir entrer dans de plus grands détails sur une guerre qu'il a faite comme subalterne , et dont il a rédigé les traits les plus frappants dans des mémoires quisont imprimés. H l'a faite avec application, s' étant attaché pendant quatre campagnes à suivre les leçons d'un grand maître, le fameux Fischer, qui avait beaucoup d'amitié pour lui, et qu'il accompagnait dans ses expéditions , toutes les fois qu'il le pouvait sans nuire au service de son régiment. Cet homme extraordinaire, décric par les généraux, qui l'ont fait mourir de chagrin, avait plus de talents et de plus grandes vues qu'eux. II avait été palefrenier du marquis d'Armenticres , et n'a pu s'élever plus haut que le grade de brigadier, parce qu'on lui a fait mille injustices, sous lesquelles il a enfin succombé.

Page 1