‹ Mèmoires du gènèral Dumouriez avec une introductionChapitre 91 sur 168 · H ÉMOI II ES DE DUMOUBJEZ · texte numérisé non relu

H ÉMOI II ES DE DUMOUBJEZ

hommes de la Fayette suffisaient pour aller faire une révolution à Paria. Plût à Dieu qu'il eût exécuté ce projet avec rapidité! Quelque état de choses qui en fût résulté, la France ne serait pas a présent couverte de crimes, d'opprobre et de ruines ; la Fayette eût été le restaurateur de la patrie et le sauveur de la famille royale. La Providence en avait décidé autrement.

Quoi qu'il en soit , le 10 juillet, pendant que Du mouriez était occupé à faire tracer les petits ouvrages pour la fortification d'Orchies, il reçut un courrier de Luckner, qui lui ordonnait de se rendre sur-le-champ à Valenciennes. Il partit tout de suite , et ne fut pas peu étonné d'apprendre , en entrant chez 'le maréchal, que la Fayette venait d'arriver , et était enfermé avtc lui. Il frappa à la porte du cabinet : Luckner lui fit un très-bnn accueil. La Fayette, décontenancé, prit un air de dignité froide qu'il lui rendit. Alors le maréchal lui expliqua les mouvements des deux armées , lui dit que le lieutenant général Dillon arriverait le 20 à Valenciennes, avec huit bataillons et six escadrons; que lui, Luckner, partirait le 12 du camp de Famars avec son armée; qu'il ne toucliait ni aux. troupes de Dunkerque, ni au camp de Maulde, ni à celui de Maubeuge; qu'il le laisserait, avec son arrière-garde composée de six bataillons et cinq escadrons, dans le camp de Famars, avec le commandement général dans tout le departemeut du Nord , jusqu'au 20, qu'il remettrait le commandement au général Dillon, et le rejoindrait à Metz, en faisant les mêmes marches que l'armée; et que si pendant ces huit jours il arrivait quelque événement, il rendrait compte au général la Fayette, et prendrait ses ordres. Il lui remit alors la même instruction , signée du ministre.

Hréponditau maréchal que, quoiqu'il trouvât ce grand mouvement très- imprudent et très-déplacé, il exécuterait les ordres qu'il recevait. Ensuite s'adressant à la Fayette, qui était resté tout le temps tes yeux fixés sur une carte , il lui dit : « Monsieur, vous devez voir avec peine , et moi aussi , que je sois pour quelques jours à vos ordres; je vous promets devant M. le maréchal de servir avec fidélité à votre propre gloire, pourvu que vous travailliez pour le bien de votre patrie. Mais vous jugez que je ne peux pas oublier vos procédés -, et je vous jure qu'après

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