‹ Mèmoires du gènèral Dumouriez avec une introductionChapitre 97 sur 168 · LIV. III. — en AT. V · texte numérisé non relu

LIV. III. — en AT. V

qui lui donneraient le temps d'entrer dans les Pays-Bas , et de changer la nature de la guerre. Il Gt donc partir sur-le-champ Dillon avec le général Chazot, qui connaissait bien le paya, y ayant commandé longtemps. 11 lui donna le général Vouillers pour chef de son état-major. Cetofficier commandait àValenciennes, et connaissait parfaitement les détails de l'infanterie.

Alors il s'occupa entièrement de l'armée du nord qu'il voulait former et rassembler. It fit une promotion de cinq lieutenants généraux etsept maréchaux de camp. Les cinq lieutenants généraux étaient More ton, qu'il lit chef de son état-major ; la Bourdonnaye, commandant à Lille; Marassé, commandant à Douai ; Oiiiorao, commandant à Condé, et Beurnonville, qui, quoique récemment maréchal de camp , avait bien mérité cet avancement rapide pour avoir tenu tout l'été le camp de iUaulde très-audacieusement, avecà peu près trois mille hommes j contre des forces très-supérieures.

Les commissaires avaient ordre d'examiner très- scrupuleusement Lanoue, commandant le camp de Maubeuge, et même de le destituer. Dumourïez le connaissait depuis trente ans , et l'estimait, quoique les querelles de faction les eussent refroidis. Il le fit venir à Valenciennes ; il fut sa caution auprès des commissaires, et il les fit consentir à lui laisser sou commandement, qui était en très -bon nés mains.

Il fallait s'assurer des troupes du camp de Pont-su r-Sa m bre , qui étaient entière m eu tjayetthées. Le général avait au camp de Maulde un colonel des dragons, homme d'un très-grand mérite, nommé Durai. C'était un vieil officier qui avait fait les guerres d'Hanovre et de Corse , dans la légion de Soubise. Buvol joint toutes les vertus civiles à de grandes qualités militaires. II n'en coûta que la destitution d'un colonel de dragons et de deux lieutenants-colonels d'infanterie.

L'assemblée nationale avait envoyé trois nouveaux commissaires à Sedan , pour forcer la Fayette à rendre les premiers. En partant de Paris, ils avaient écrit au général Dumouriez pour l'engagera marcher avec son armée contre le général rebelle; ce qu'il ne pouvait faire, ayant l'ennemi aussi près , quoique , par

un hasard ou une combinaison singulière, le duc df .Tesclien et» [iris ce moment pour décamper de Bava y el se retirer à Morts.

Au moment où il avait reçu sa commission, il avait Écrit à (eus les pouvoirs constitues du département des Ardennes, surtout à ceux de Sedan , pour leur ordonner de (aire remettre, en liberté les commissaires, et de taire arrêter la Fayette. Il avait .envoyé les mêmes ordres à tous les commandants militaires , sous les peines les plus sévères. Ces ordres étaient arrivés à Sedan le 20.

La Fayette avait abandonné son camp le 21, avec presque tousses officiers généraux et son état-major. Il ne restait du . toute cette année que trois maréchaux de camp : Ligneville, enfermé dans Montmédi , presque investi par les Prussiens; Dangest, nom mandant de l'artillerie, qui commandait l'armée., et Dietmann, vieil officier brave, mais borné. Leveneur , lieutenant général , était parti le dernier; il revint ensuite pour reprendre son poste, que Dumouriezlui refusa; il servit pendant trois semaines comme simple hussard, et après cette expiation le générai lui rendit son rang. C'est un homme très-brave et plein d'ambition, mats sans tête: les soldats l'aiment parce qu'il est affable, et qu'il porte une énorme moustache et un bonnet de police '. il a fait beaucoup de sottises depuis , tout en servant bien 1 .

■C'est ici i'oteuton de citer un Irai! le projet de .'en emparer en prenant In de brave, Il «recueilli pur nos binturiens, garnison ô I improviste, etcnaurprennnl

latirrr l'eitrëmc .sévérité. • Apres la ha- de parapets, par^equel on arrlruit au

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