LIV. 11!. CHAP. V
conserver ni discipline ni obéissance. Les officiers craignaient les soldats, et n'osaient rien leur ordonner. Personne ne donnait d'ordres-, et- certainement si, du 22 au 28, le duc de Brunswick avait poussé seulement un corps de dix mille hommes sur Sedan, cette armée se serait dispersée dansles places, ou aura if fui jusqu'à Paris. Les membres du département et des districts s'attendaient a la contre-révolution, et n'en étaient pas fâchés. Les trois commissaires arrêtés et relâchés , et les trois qu'on avait envoyés ensuite , s'en étaient retournés précipitamment à Paris , ce qui avait augmenté la confusion et l'alarme.
Le général, qui était arrivé sans équipages, s'appropria les chevaux et les domestiques de la Fayette. Après avoir semonce et encouragé les corps administratifs de Mézières et de Sedan, il alla voir lès troupes. On les avait prévenues de longue-main contre lui; il leur vit en général un air assez morne, surtout à la cavalerie. En passant devant une compagnie degrenadiers d'un
régiment de ligue, il en entendit un qui disait : « C'est ce b -
là quia fait déclarer la guerre.» C'était un des motifs qu'on avait donnés pour le rendre odieux ; il s'arréto, et leur dit: » Ya : t-iï quelqu'un assez lâche pour être fâché de la guerre ? Croyez-vous gagner la liberté sans vous battre? • Ce mot fit un très-bon effet, et ranima tout le monde.
Le même jour, il apprit que le roi de Prusse marchait sur Verdun. Cette place est mauvaise; elle était pleine d'approvisionnements, et n'avait pour garnison que deux bataillons, commandés par le brave Beauregard. Ga.lba.rid , lieutenant- colonel d'artillerie, connaissait bien Verdun, où il avait commandé; mais la Fayette l'en avait retiré. Dumouriez le fit sur-le-champ maréchal de camp, pour lui donner de l'autorité et de l'émulation, et le fit partir, le même jour 28, avec deux bataillons, dont un de troupes de ligne. Galbaud eut beau presser sa troupe, Verdun était déjà investi entièrement. Il ne put pas aller plus loin que Dun,où il pensa être pris; et il se retira à Sainte-Menehould, au travers de la forêt d'Argon ne. Cela a peut-être avancé la prise de Verdun, mais c'est une des causes du salut de la Champagne et de la France. Il y trouva les deux bataillons de la garnison de Longwy, qui s'y étaient retirés aussi.
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M E.MO I II 1'" S DE DUSiOliBIEZ,