‹ Mémoires du général Dumouriez pour servir à l'histoire de la Convention nationale (volume 2)Chapitre 2 sur 79 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

À peine échappée à la Terreur, la société de Paris, décimée, dispersée, ruinée, cherchait déjà cependant quelque image des réunions dont elle avait autrefois goûté les charmes. Ceux qui avaient miraculeusement conservé leur fortune ouvraient, timidement encore, leurs salons, si longtemps solitaires, aux personnes qu'elles croyaient pouvoir y rassembler ; mais on se rencontrait souvent dans le même cercle, à la même table, sans se connaître. Une femme que distinguaient entre toutes ses manières, son esprit, ses talents, madame de Bawr, se trouvait ainsi placée, dans undiner, en face d'une personne, jeune encore, qui commença un récit par ces mots : « Louis XIV disait à mon mari... — Oh! mon Dieu ! dit tout bas madame de Bawr en se penchant vers sa voisine, qu'elle ne connaissait pas davantage, cette dame intéressante aurait-elle perdu la raison? — Pas le moins du monde, répondit avec la même réserve la voisine consultée ; cette dame est mademoiselle de Lavaux, troisième femme du duc de Richelieu, qui l'épousa en 1780, quand elle n'avait que trente ans et qu'il en avait quatre-vingt-quatre. Vous savez qu'il était né en 1696, et que par conséquent il a vu les dernières armées de Louis XIV, mort en 1715. »

Ces dernières années ne furent pas heureuses : tristes

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