‹ Mémoires du général Dumouriez pour servir à l'histoire de la Convention nationale (volume 2)Chapitre 5 sur 79 · VI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT-PROPOS

orgies, aux complots avortés ! Voici la Régence, avec ses persécutions religieuses dans un temps sans morale et sans foi, avec sa politique sans dignité, ses prodigalités folles et ses mœurs dissolues entretenues parles illusions du système. Law et Richelieu devaient nécessairement paraître à cette époque. — Que la finance cède ici le pas à la pairie, de même que, pour Richelieu, bien jeune alors, l'amour, disons mieux, le plaisir l'emportait de beaucoup sur la fortune. On rappela d'abord le duc de Fronsac. Une curieuse lettre de madame de Maintenon a raconté sa présentation à la cour. Il avait quatorze ans. Beau, bien fait, charmant danseur, intrépide écuyer, plein de grâce, d'esprit, de bravoure , adroit courtisan , audacieux séducteur , entreprenant ou respectueux, selon le lieu, le temps, l'occurrence, adorant toutes les femmes, qui le lui rendaient toutes, il eut à Versailles le plus étourdissant succès : trop de succès peut-être ! La cour bigote du roi sexagénaire se souvenait parfois d'avoir été galante ; elle sourit d'abord au brillant étourdi. Mais la duchesse de Bourgogne l'appela sa jolie poupée : ces jeux d'enfant pouvaient déplaire au roi : le vieux duc de Richelieu conduisit lui-même son fils à la Bastille. Il y commença ses études, pour être, à vingtquatre ans, reçu à l'Académie française, avec un discours écrit tout entier de sa main, et qui offrait beaucoup de fautes contre la langue, mais pas une contre le goût.

Eh bien ! c'est ce brillant seigneur que la Palatine, mère du régent (jusqu'où ne vont pas les animosités personnelles et Tamour-propre humilié !), c'est ce brillant seigneur que la Palatine traite, dans sa correspondance, de « grand « poltron, fort insolent, sans cœur et sans âme. Je me « révolte, ajoute-t-elle, contre l'idée qu'il est la coqueluche

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