CHAPITRE XXXIII
Curieux détails sur les princes et les princesses.
Le duc d'Orléans , fils du régent , n'avait ni les qualités , ni les vices de son père ; tout était respectivement contradictoire dans ces deux personnages , et ce qu'on assurait de l'un, à coup sûr on devait le nier de l'autre.
Le duc d'Orléans père était ingénieux , spirituel , aimant les nouveautés, libertin, indévot, et son fils avait l'esprit borné et timide ; il n'aimait que sa femme , il avait de la religion. Le premier s'était livré à ses roués, le second s'abandonna à des religieux. Le duc d'Orléans se jouait de tous les partis, et son fils écrivit des in-folio pour défendre l'autorité de la bulle. La facilité était une des facultés intellectuelles du duc d'Orléans ; l'opiniâtreté et la résistance étaient les bases du caractère de son fils. Le premier avait le goût des spectacles , des plaisirs bruyants et tumultueux, et le second commençait déjà à vivre en sauvage; il quitta la société à la fin, se retirant à Sainte- Geneviève pour y argumenter, avec des religieux, sur la bulle, sur l'autorité du pape, et pour y faire pénitence dans une espèce de cellule.
M. le Duc est assez connu par cette foule de traits que nous avons rapportés dans Thistoire de son ministère. On doit ajouter cependant que , rendu à lui-même et séparé de madame de Prie , qu'il ne vit jamais plus , et qui mourut l'année suivante dans son exil à Alençon, il s'attacha à la comtesse d'Egmont , qu'il avait toujours un peu aimée , et qui succéda à sa première maîtresse; mais celle-ci, pour n'être point renvoyée de la cour comme madame de Prie , remit sa place de dame du palais de la reine.
La disgrâce de M. le Duc finit en 1729, et on lui envoya la permission de revenir à la cour. Madame la Duchesse jusqu'alors n'avait pu engager le prince à se remarier, le prince ne pouvant abandonner madame de Prie ; mais, ce qu'elle ne put obtenir du règne de cette maîtresse , elle le conclut bien plus aisément par l'influence de madame d'Egmont, qui s'y prêta. Il épousa donc, en 1729, la princesse de Hesse-Rinfelds , sœur de la reine de Sardaigne et petite-nièce de Madame , sans perdre son attachement pour madame d'Egmont.
Après M. le Duc on parlera du comte de Charolais, prince vicieux et méchant , dont la jeunesse avait été très-irrégulière. Tous les vices entraient dans son caractère , excepté ceux que les seigneurs de ce temps-là appelaient encore des bassesses, tels que le vol , l'escroquerie, et les autres semblables. délits populaires que nous avons vus dans la suite monter dans tous les rangs. Charolais avait du génie et des qualités , mais son cœur était cruel et ses actions sanguinaires ; il se plaisait à tuer des chiens et des bêtes chéries ; ce qui le conduisit à d'autres plaisirs bien plus barbares, dont nous aurons à le blâmer. Les débauches de tous les genres furent successivement, et ensuite toutes ensemble , de son goût. 11 avait de l'activité et beaucoup de hardiesse dans l'esprit; mais, parce que son éducation fut manquée , il abusa de ces belles qualités.
Son frère , le comte de Clermont , n'avait point autant de ressources dans le génie ni de talents dans l'esprit ; il n'avait ni tous ses goûts dépravés , ni son caractère brutal ; il avait même de l'amabilité et des formes douces dans la société. C'est à lui que le siècle doit la première idée d'un sérail , qu'il remplit des plus jolies demoiselles qu'on put trouver, pendant quelques années , à Paris. Il était d'ailleurs brave à l'armée, fait pour l'état militaire , mais infatué du nom de Condé.
Le prince de Conti , malheureux à cause de sa femme, dont il était détesté et qu'il adorait , n'avait que des qualités ordinaires dans le cœur et l'esprit. Il n'avait jamais su plaire à sa
femme, qu'il environnait d'espions qui faisaient son martyre par leurs rapports. Madame de La Roche , qui avait soin de lui rendre compte de tout, tourmentant trop sa jalousie , il prit enfin le parti de la chasser. Conti était d'un caractère aimable , prodigue plutôt que libéral , brave et galant ; des malentendus et de la jalousie envers sa femme le rendirent malheureux.
Quant aux enfants légitimés de Louis XIV, ils vivaient dans l'éloignement, à Sceaux et à Rambouillet. L'exil et la prison avaient donné une grande leçon au duc du Maine et à son épouse , et avaient encore affaibli son caractère , que la nature avait formé plutôt pour les intrigues que pour les actions d'éclat. La cour de Sceaux était encore consternée et s'éloignait tant qu'elle pouvait, quoiqu'elle vît le triomphe de Fleury et la ruine de M. le Duc, qui s'était déclaré si ouvertement contre les princes légitimés. Son frère, le comte de Toulouse, qui n'avait jamais changé de caractère , était toujours amoureux de son épouse. Ses mœurs pures , sa société pleine de charmes faisaient les délices de Rambouillet ; il jouissait de la considération de tous les partis, et il l'avait gagnée par la tranquillité de son âme , de son caractère , de ses passions , quand le feu roi lui donna le rang de prince, quand le duc d'Orléans l'enleva au duc du Maine , et quand celui-ci s'éleva de nouveau sous le ministère de Fleury. Ses mœurs paisibles, son épouse pleine de charmes et recherchée du roi , augmentèrent l'estime dont il jouissait. Il avait des principes droits ; sa morale était pure , et son esprit , sans avoir de l'éclat , ne manquait ni de grâces , ni d'ornements.
Les princesses de ce temps-là méritent bien quelques coups de crayon.
Madame la duchesse de Rourbon, la mère, fière, hautaine même, absolue, aimant les brouilleries , l'éclat, l'appareil, le cérémonial , les bâtiments , venait peu à la cour et n'y était pas trop aimée.
Mademoiselle de Charolais , qui avait de l'esprit, et souvent
un peu malin , pleine de vivacités , de hauteur même quand elle était contredite , ne pouvant souffrir sa mère , voulant la traiter avec égalité , et goûter, hors de sa tutelle , toutes les sortes de plaisirs , était recherchée davantage du jeune roi, qu'elle s'avisait d'agacer. Elle savait faire des vers, et il fut répandu , dans ce temps-là , mille pièces fugitives ou chansons , qu'elle fit sur les affaires du temps ou sur des intrigues de cour. Des caprices de femme la tourmentaient quelquefois , et souvent elle passait , dans un clin d'ceil , de l'action et de la vivacité dans un état de tristesse et de mélancolie. Elle avait été belle comme le jour pendant sa jeunesse; arrivée à l'âge de vingt-deux ans , elle avait encore cette beauté solide et permanente que certains visages conservent jusqu'à l'âge de trente à quarante ans , et qui ne diminue que d'une manière insensible. Elle venait à Rambouillet, et elle en fut longtemps les délices, à cause de la vivacité de ses propos, de la beauté et de la finesse de sou esprit , et d'une manière de galanterie qui , sans avoir rien de trop expressif, augmentait la joie d'une cour présidée par madame de Toulouse, qui voulait qu'on gardât chez elle tout l'extérieur de la décence, les bons usages et le ton de l'ancienne cour.
Madame la comtesse de Toulouse, fière de son naturel, mais douée de bonté dans le cœur, avait des grâces dans le caractère et de la délicatesse dans l'esprit ; elle avait les yeux d'un brun foncé, le regard assuré et plein de dignité, une taille un peu épaisse, la voix perçante, une jolie bouche, beaucoup de grâces dans l'ensemble de sa figure, et passait, avec beaucoup d'apparence, pour être la première des femmes qui avait endoctriné le roi. Elle n'avait vécu que l'espace de trois ans avec Gondrin, son premier mari ; elle avait su toucher le cœur du comte de Toulouse, enfant légitimé du feu roi, qui l'avait d'abord épousée secrètement.
Jamais on ne vit en France un mariage aussi heureux ; il n'y eut, pendant les treize années qu'il dura, ni trouble, ni nuages
entre les époux. La vie qu'ils menèrent à Rambouillet, les principes qui y régnaient, furent si exemplaires que cette cour donna un nouveau ton et réforma la société que la Régence avait totalement dépravée. Un air de magnificence y conservait la représentation du règne précédent , et la religion , qui y régnait sans bigoterie, et qui avait été chassée de la cour pendant la Régence, s'était comme réfugiée à Rambouillet, où madame de Toulouse exigeait qu'elle fût étroitement observée. Vainement les troubles, les crimes, le libertinage semblaient s'être réunis pendant la Régence pour détruire la piété ; elle fut conservée dans ce château, et madame de Toulouse eut soin qu'elle passât dans sa famille.
C'est dans cette société que Louis XV vint apprendre les usages du monde , ses habitudes sociales et ces manières décentes et polies qu'il sut conserver le reste de sa vie. Son penchant pour le sexe commença à s'y manifester, et , comme le jeune monarque s'attachait volontiers aux personnages qui joignaient les vertus domestiques au grand ton, il trouvait à Rambouillet tout ce qui pouvait lui plaire sur cet objet; et le cardinal, qui ne craignait rien de cette cour, était charmé de voir que le roi la fréquentait.
Un fils unique fut procréé de cet heureux mariage. Madame la comtesse de Toulouse, qui l'aimait autant qu'elle-même % lui inspira de bonne heure cette piété qui , depuis ce temps-là , ne s'est point démentie. Il avait eu une enfance très-délicate, et sa mère fut mille fois désolée de le voir comme au bord du tombeau. C'est alors que , frappée de terreur, elle développait son caractère sensible et s'abandonnait à la tristesse.
Mais autant la cour de Rambouillet était décente, religieuse, autant celle de la reine d'Espagne, revenue en France à la mort de Louis Ier, son époux, était dans une espèce de désordre. Des galanteries trop publiques ayant obligé la reine, en i72G, de renvoyer quelques personnes de sa maison, Dubourg, son écuyer à qui ce renvoi déplut, persuada au
prince de Robecq que la reine ne pouvait congédier personne sans son aveu , le majordome-major, titre espagnol qu'elle avait conservé , ayant le droit de disposer des places de sa maison.
Le prince de Robecq fit plus ; il écrivit en Espagne contre la reine, et obtint une lettre du marquis de la Pax , secrétaire d'État des affaires étrangères , qui portait que le prince de Robecq remplirait les places vacantes.
La reine, offensée d'être gouvernée et soumise à ses officiers, qui devenaient indépendants, congédia le prince de Robecq, grand-maître de sa maison; et la cour d'Espagne, montrant son improbation de ce renvoi , cessa d'envoyer la pension de 660,000 livres qu'elle avait promise, La reine fut donc obligée de se retirer dans le couvent des carmélites de la rue de Grenelle, et dans le même appartement que sa sœur avait fait préparer peur elle quand elle y allait faire pénitence. Le duc de Nevers fut cause de cette grande tracasserie. Neveu de la duchesse Sforce , favorite de madame d'Orléans , il voulait supplanter le prince de Robecq , qui se plaignit à la cour d'Espagne ; et cette cour, toujours gouvernée despotiquement par la reine , saisit ce moment pour ne plus payer la pension de la reine douairière ; et cependant elle lui envoya, en 1732, cent mille écus, en partie pour habiller ses gardes, qui étaient nus.
CHAPTIRE XXXIV.
Portrait du cardinal de Fleury. — Son caractère.
Nous avons vu ci-dessus l'état d'incertitude où étaient les affaires étrangères quand M. le Duc fut exilé ; les finances étaient en désordre, le commerce languissant, le crédit nul, la cour de France peu estimée et sans influence sur les étrangers , la religion dans le trouble, les mœurs perdues , et la nation entière fatiguée des secousses que Louis XIV, Le Tel lier, les princes légitimés , le régent , les roués, Dubois, d'Argenson , Law, madame de Prie et M. le Duc lui avaient données.
Du milieu de ce chaos s'élevait un vieillard dont l'esprit n'avait que de petites ruses et des subtilités pour réussir dans les plus grandes affaires. Timide dans ses ressources , mais patient pour parvenir à son but et à la restauration de l'État , qu'il osa commencer dans un âge décrépit; désintéressé pour lui-même et pour sa famille, il avait la passion de voir enfin le bonheur et la tranquillité de l'État, et souffrait à la vue des calamités qui avaient travaillé la France , qu'il aimait comme sa famille. Il entreprit de guérir ses maux , parvint à son but presque par l'inaction , en la laissant reposer et en écartant des affaires les intrigants ou en réprimant leurs projets.
Aimable dans la société , surtout avec les femmes , capable d'une galanterie aisée et toujours inséparable de la représentation , il couvrait toute son ambition sous le dehors le plus simple. On ne voyait point en lui, dans la conversation, l'homme véridique qui découvre la vérité ou qui la dévoile avec assurance , mais le courtisan adroit qui n'en laisse paraître que l'écorce ; et cependant il trompait rarement , car la
fourberie n'entrait point dans son caractère et ne se manifesta que dans trois ou quatre occasions de sa vie, comme , par exemple, quand il fallut enlever le ministère à M. le Duc; révolution de cour qu'il prépara par de petites ruses et par de fines supercheries qu'il fit pratiquer à son élève et qu'il pratiqua lui-même. On observa même , dans cette circonstance , qu'il trompa tout à la fois et M. le Duc , parce que ce prince lui avait offert de se retirer, et le jeune monarque son élève, parce qu'il lui persuada qu'il était parvenu à l'âge où les rois qui avaient les talents de Sa Majesté devaient gouverner euxmêmes, et renvoyer les premiers ministres , surtout quand les peuples en étaient aussi mécontents.
Mais la retenue et la timidité furent plutôt les ressources de son esprit que la fourberie ; car il ne montra dans la société , ni même dans son travail avec les différents ministres qui étaient sous lui , que des parcelles de vérité , et même que ce qui convenait à chacun , connaissant parfaitement les convenances à cet égard et se ménageant ainsi avec tous les partis, sans jamais se commettre. En effet, s'il y avait de l'artifice dans sa conduite, la tranquillité extérieure était la base de ses habitudes et de ses actions, qualité précieuse pour les ministres et les courtisans, et qui les conserve longtemps en place.
Malgré cette grande tranquillité, Fleury ne vivait point dans une absolue indifférence ; attaché à la faction des princes légitimés, à l'ancienne cour de Louis XIV, il agissait secrètement avec ce parti et en était soutenu avant qu'il gouvernât l'État en qualité de ministre. Son grand art , surtout pendant la Régence, consistait à paraître incapable ; il craignait la nouvelle cour, il la redoutait même, et, s'il éluda les coups de son audace , c'est parce qu'il eut Fart de paraître nul devant elle , qu'il vécut dans une parfaite indifférence sur les richesses , et dans une telle simplicité que la cour de la Régence , aux méchancetés de laquelle il échappa, le crut inhabile non-seulement aux affaires, mais sans aucun désir de s'en mêler.
On ne peut comprendre comment le roi de Prusse , qui a parlé avec tant de vérité de ce prélat, le représente quelquefois avec de fausses couleurs, lui qui se connut si bien en personnages. Frédéric II dit de Fleury que, si Richelieu et Mazarin avaient épuisé ce que la pompe et le faste peuvent donner de considération, Fleury fit, par contraste, consister sa grandeur dans la simplicité... Il préférait, ajoute le roi de Prusse, les négociations à la guerre, parce qu'il était fort dans les intrigues et qu'il ne savait pas commander les armées... Hardi dans ses projets, timide dans leur exécution... ces qualités le rendirent utile à la France.
Fleury n'est pas bien peint par ces observations. Ce n'est pas précisément parce que Richelieu et Mazarin s'étaient distingués par le faste que Fleury voulut paraître grand par sa simplicité , mais parce que cette vertu était une qualité de son cœur, qui ne se démentit jamais de sa vie. Cette simplicité le suivit partout, à Fréjus et à la cour, dans la retraite de l'éducation du roi et quand il fut cardinal et ministre. Fleury était l'image de la simplicité ; elle était peinte sur sa belle physionomie ; elle était dans ses équipages, dans sa maison, et jusque dans ses beaux cheveux, qu'il laissait tomber flottants et sans art. Au lieu d'une maison de campagne il avait un petit appartement à Issy, comme dans un séminaire, et, s'il y eut quelque vertu bien naturelle dans ce personnage, on peut dire que ce fut cette grande et noble simplicité qu'il fit toujours paraître. Il préférait, il est vrai, comme le dit le roi de Prusse , les négociations à la guerre; mais ce n'était pas parce qu'il était fort dans les intrigues et qu'il ne savait pas commander les armées , mais plutôt parce que, voulant laisser reposer l'État, il craignait la guerre et regardait la plus heureuse comme un fléau.
Fleury eût été mieux peint si on avait dit qu'il craignait et les intrigues et la guerre, qu'il craignait également ces deux fléaux du bonheur des peuples, et que, pour avoir la paix, il
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laissait la marine de France dans le néant , écartant les intrigues du ministère.
Quant à la hardiesse de ses projets et à la timidité de leur exécution y je pense au contraire que la hardiesse caractérisait plutôt l'exécution , et la timidité, ses projets. Le cardinal , en effet, n'imaginait pas; il empêchait même qu'on imaginât de nouvelles affaires , parce que l'État était en souffrance , parce qu'on avait trop imaginé ; mais aussi , quand ce prélat avait bien conçu et voulu , la fermeté semblait sortir de cette âme timide et faible , et il fallait qu'elle triomphât de tous les obstacles qu'on lui opposait. Fleury était semblable en cela à tous les hommes pusillanimes et faibles de leur naturel ; car ce courage qui, dans un homme de génie vif et prompt, accompagne la première volonté, la première perception, et, pour ainsi dire, le commencement des opérations , ne se trouve dans l'homme faible que pour l'exécution. Voilà le beau côté du cardinal, considérons-le de l'autre.
Cet homme, alors si précieux à la France, n'était point sans défaut, il en avait même de capitaux dans l'esprit. Il était prêtre, prêtre intolérant, et il avait un confesseur, nommé Pollet , qui mérite de nous un coup de pinceau pour ses intrigues sacerdotales et secrètes, qui firent commettre à Fleury les imprudences les plus coupables. Il avait encore dans les sulpiciens des conseillers redoutables à la paix du royaume , parce que , sous les apparences extérieures de la tranquillité , ils lui suggéraient à Issy, dans les affaires de la bulle, des coups d'autorité et des actes de despotisme qui menaçaient l'État d'une guerre civile, et qui devaient finir par des batailles sanglantes y écrivait de Rome le cardinal de Polignac, que les partis se livreraient dans la plaine de Saint- Denis... L'aurore de la philosophie, qui parut en France vers 1740 , dissipant à propos ces querelles monacales , les confina sur les bancs de l'école , dans les salles de Saint- Sulpice ou de Saint-Magloire , et en dévoila si bien le ridicule qu'après
Fleury et Beaumont la France n'en a plus entendu parler. Tel fut le cardinal de Fleury, considéré sous tous les aspects possibles. Sa première conduite dans le ministère ne lui attira réloge ni de la capitale, ni de la cour. On dit hautement qu'il n'avait point développé les sentiments d'un grand caractère. Quelques-uns augurèrent même dès ce moment quels seraient les principes de son ministère.