AVANT-PROPOS* IX
« colat ; le troisième a fait pis , car il a acheté toutes les « chandelles et il les a mises à l'enchère. L'autre jour, « comme il sortait de l'Opéra,, des jeunes gens se sont mis « à le suivre en chantant ce chœur de l'opéra de Phaéton :
Allez répandre la lumière;
Puisse un heureux destin
Vous conduire à la fin De votre brillante carrière.
Allez répandre la lumière. »
Le duc avait, de plus, on le savait, acheté beaucoup d'épiceries. Lui dire, comme on le fit dans un palais : Je vous remercie de votre visite , mais toutes mes provisions sont faites pour le carême , c'était un mot dur et grossier, quoique ce fût un prince qui le dit. Au contraire, à celui qui vient d'accaparer la chandelle chanter en chœur : Allez répandre la lumière, c'était une petite vengeance méritée, gaie, piquante et spirituelle autant que de bon goût. Ni la jeunesse, ni la beauté, ni le rang, ni la bienséance n'empêchent les femmes titrées d'imiter en tout leurs maris. Pour conduire une de ses filles à Gênes le duc d'Orléans cherchait une duchesse. — « Allez chez Law , Monseigneur, lui dit-on ; elles y sont toutes. » Elles y étaient, en effet, et si pressantes, en si grapd nombre et depuis si longtemps que Law, n'y tenant plus, fut forcé de leur dire à l'oreille ce qui l'obligeait de sortir. — « N'est-ce que cela? s'écrient-elles; faites donc, faites toujours, mais écoutez-nous! » Madame, mère du régent, et que j'ai citée, raconte l'anecdote en termes moins couverts : il n'y a telles que les princesses pour rendre aux duchesses un témoignage si favorable. Jusqu'où n'alla pas, qui ne le sait?
l'ardente soif de l'or? Un homme d'un aussi beau nom au