‹ Mémoires du Général HugoChapitre 12 sur 95 · HISTORIQUE. XLI · texte numérisé non relu

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delà des mers ; les troupes qui se trouvaient autour du roi, à Aranjuez, annoneèrent hautement qu'elles ne s'y prêteraient pas ; les habitons de Madrid et d'Aranjuez effrayés de l'abandon politique où la patrie aurait ëte . réduite , par le départ du souverain, et voyant un commencement d'émigration dans, la retraite à Séville , déclarèrent qu'ils s'y opposeraient. Ainsi , l'amour des Espagnols ôtait y plus sûrement encore que la trahison, au monarque et à sa famille, les seuls moyens de salut qui fussent praticables.

Cependant , l'agitation s'étendait dans les profvinces voisines de la ^résidence royale; les citoyens armés veillaient, sans mandat, pour empêcher le départ , dont les prépara- %i& se continuaient en silence. Pourappaiser les esprits , le roi publia une proclamation destinée à rassurer le peuple sur les desseins de Napoléon (desseins sur lesquels il n'était pas tranquille lui-même), et à annoncer que le rassemblement des troupes , autour de sa cour et en Castille , n'avait pas pour unique objet dé protéger son voyage à Séville ( oii a vu qu'il voulait former un camp à Talaveyra). Cette proclamation calma, momen-

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tanément en apparence ^ les inquiétudes po*" pulaires. s •

Le Prince de la Paix engageait toujours, et avec raison, Charles IV à chercher tiii asile au ' milieu d^ ses troupes;, et dans un pays dWe défense facile en «as d'attaque ( la route de l'Andalousie est défendu^ par tes défilés de la Sierra-Morena)- Comme le^ troupes espagnoles, rassemblées à;A.ranjue2;, avaient manifesté l'intention de ne pas protéger le voyage du roi , il fit venir de Madrid ses propres gardes , des bataillons de gardes wallones et divers régiihens suisses , afin de former une escorte au souverain. Le départ était résolu , mais aucun jour n'avait encore été désigné pour commencer le voyage •

L'arrivée de ces troupes produisit quelque agitation; le bruit de la retraité du roi se répandit de nouveau : on y ajouta foi , mal* gré la proclamation royale de la veille. Les citoyens recommencèrent leurs patrouilles armées ; cependant aucun cri séditieux ne troubla la tranquillité pendant lé courant de la journée. « . . / v

Tel était, le i^ mars, l'état des choses, à la fin du jour : le feu couvait sous la

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cendre <, il ne fallait qu'un l^iger souffle pour le ranimer.

La nuit était commencée. Le peuple ^par-t conrait les FQeg avec anxiété : on surveillait le' palais et les maisom deâ officiers de lé couronne. Celle de Godc^ était Fobje^ d'une attention plus particulière^ Tout à eoap^ à minuit^ ime patrouille de citoyens armés I rencontre quelques gardes du Prince de la Ps&x^ reconduisant^ aux flambeaux, pné dame ^roilée qui venait de passer la soirée BPfee leikvoTu Soit malice; soit défiance y la pkroiiiUe f«ut reconnaître la d^me ; celle-ci refttse ée tever^son voile , elle demande pro^ tection à son escorte. Les gardes d'honneur font résistance^ et<, dans le tumulte, tirent en l^nr d^nx coups de fusil. ^

A. ôe bruit que l'on prend pour le signal du départ, Aranjuez est en concision. Le3 troupes prennent le& armes : les unes , prêtes à la révolte, courent se placer sur les routes que peterent prendre les princes ; les autres , fidèles à leur devoir, vont se ranger surFes-r planade^ devant le palais, oii s'étaient rasr semblés ^ autour du roi , les ministres et les capitaines des gardes. , ::' •

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