‹ Mémoires du Général HugoChapitre 16 sur 95 · LVI PRÉCIS · texte numérisé non relu

LVI PRÉCIS

tané par lequel le vieux roi, devançant Tordre de la nature , cédait la couronne à son légitime héritier. En conséquence , et dès le jour même de l'entrée des Français dans Madrid , le général Monthyon fut envoyé à Aranjuez, oii Charles IV habitait encore avec la reine- On attaqua les deux époux par leur côté faible ; on leur promit , au nom de Tempereur, la liberté du Prince de la Paix: en échange de cette promesse , Charles IV remit , à l'envoyé français , une protestation contre son abdication (*) .

Le duc de Berg, maître de cette pièce importante , se garda bien de la faire connaître tout de suite. Les événemens d'Aranjuez étaient trop récens pour être facilement dénaturés. Les. témoins dé ce grand drame politique étaient encore tous réunis, et Charles IV n'aurait pas voulu , sans doute , démentir hautement devant eux la libre dé-

. (*) Cet acte reçut, à dessein, une date antérieure à Parrivée du général Monthyon, celle du ai mars; mais plusieurs preuves irrécusables ont démontré, depuis sa publication , quMl ne pouvait avoir été écrit et signé que le a3, à Tinstigation du prince Murât.

HISTORIQUE. LVil

marche qu'il avait faite, quatre jours auparavant. Outre ces motifs, une autre, et très forte raison , commandait le silence au général français , c'était la captivité du Prince de la Paix, gardé dans le château de Villa- Viciosa, par des officiers dévoués à Ferdinand VII : un éclat intempestif aurait pu rendre sa délivrance impossible. La protestation fut donc envoyée à Bayonne , oîi elle resta secrëté jusqu'au moment oii la résistance opiniâtre du jeune roi obligea Napoléon à mettre de coté toute pudeur et tout ménagement. Murât, afin de ne pas troubler la sécurité de Ferdinand , continua à communiquer avec lui , par, le moyen de tierces personnes, évitant ainsi de le reconnaître formellement pour roi d'Espagne.

* Cependant , les événemens devenaient de plus en plus, graves ; les intrigues se compliquaient. Les habitans lassés des hôtes armés qui avaient envahi leur territoire et surpris leurs citadelles , ne cachaient plus leur mécontentement : l'inquiétude générale s'accroissait encore par l'imprudence de plusieurs employés des administrations françaises , qui , dans leurs discours , laissaient

pëWe^ qttelque chose des pi^ojets mehaçarife dé l^afiol^bn } étiflh ^ h coflduîlfe deà officiel s dé rétat-ihâjor du gt^and duc de Berg, qill, tràitâtit cdttiiiîe prindé celui (Jue lêS Espd^ gnôls rècoftnaîssaierit totis pôtit* toi ;; s'bbstitlaîéht à regarder, ccrtniné setll souVeràîn ^' le prîrice tjuie sàh abdication volontaire fttflit fait dépendre du trôHë ; cette cbndbifë, diSje , augmentait , par son incotiVëtianfcé , la défiance dte la nation eSpagrible.

Lfeà rhiriistrfeg de Ftéfdinâhd étaient mttvaincuè qiiê le sort db là ihOtiafchîé déjJërtdait eritiërr^mëht db Napoléon -, toute résistance à ses VOlotîtë» eût i^té plils dâHgei»ëUse (Jù'ûiile. Le roi lîbifë , en appàï^cëv dàhs ëâ okpltale,§e trouvait au pbtiVoir dû dttë de Berg; car vîhj^-cihq mille hbrhfflës An Vàt^ iiiée irtipéHàlë ocëttpaiëht Madrid et feéëfehVirons , tandis ^ë l'àrtille^iè frattbàiâe gar* iltésait les dettk hautetirt» tjùl domirte«t la Ville C). Fëi-dihahd faisait -,ért Vaitt, d^iftàtt^ dcèPàMuratdès explication* ptJSitiVës. Celttî** ci évitait de t-éJMsndt^. il ehërch*tt k ôetiu-' pèt 1 attefttîôft dë$ iftinfeWeé et * détotiWiëi'

(*) Lô Adtirô étU h\\Uc do Va Càs'd H^'i^à'mpô

Page 1