PRECIS
tinuer son voyage, partit seul pour Bayonney où l'empereur venait d arriver. Le but apparent de ce départ était de porter à Napoléon une lettre du roi. Il revint trois jours après avec la réponse. Gétte réponse était insignifiante et engageait seulement Ferdinand à s'avancer jusqu'à Rayonne,
Le roi hésitait encore : le sort qui Tattendait en France était pressenti par tous ceux qui l'entouraient. Un sujet fidèle, le directeur des douanes de la province d' Alava, lui propfosait de venir L'enlever, à la tête de deuxm^lé douaniers, tous gens déterniinés, et de le conduire hors desiieux occupés par les Français^ à Saragosse, où l'on pouvait arriver facilement en traversant les montagnes de Rioja. Le général Savary vit qu'il allait échouer dans la mission dont il s'était chargé. Le zèle et le dévouement , dont il avait déjà donné tant de preuves à l'empereur, allaient se trouver démentis par un seul événement : Napoléon ne reconnaissait dans ses serviteurs que les efforts justifiés par las succès ; M. Savary pensa qu'il fallait tout hasarder pour vaincre la répugnarxoe de Ferdinand , et il alla jusqu'à lui dire : <£ Je me lai^rai couper la tête , si un
HISTORIQUE. UV
« quart dlieure après l'arrivée de V. M. à « Bayonne , Fempereur ne vous a pas re- CL connu pour roi d'Espagne et des Indes : « il commencera peut-être par vous donner ff le titre d'altesse , mais bientôt après il <K vous traitera de majesté , et dans trois jours « tout sera réglé. » Ferdinand se laissa persuader, continua son voyage malgré les habitans de Vittoria qui coupèrent les traits de sa voiture^ et fit répondre au brave directeur des douanes qu'aucun sujet n'avait droit de se mêler des affaires d'état , et qu'il devait restreindre son zèle à l'obéissance aux ordres de la junte suprême qui gouvernait le royaume.
Deux jours après, le 20 avril, S. M, C. toujours accompagnée par le général Savary, etitr^ sur le territoire français.
..éyénbme^fs i?e betonne. — cession du trowe
d'Espaoke.
Ferdinand VII, arrivé en France, y fut suivi de Charles IV et de la reine son épouse, ainsi que de tous les princes du sang des Bourbons d'Espagne. Napoléon les fit venir successivement à mesure que les progrès de
fintFig^e (h Biî»ypftne Ifi^i fiir^çit^Çitir Iç besoin de Içur présepc(Éî. J^ jwte dw g/^^ty^rT nei»4?nt| ^abjiû à MadrMi^s^y? ^^ v*^w 4« rester, par d^ ççpf*4i^ept^i4qi*§ ,^ritw;p»
. ^us^itpt.aprè^ l^ dpp^t de CJbwl^^ |V, Iç^ iûi'a»? fwmt obligp^ d# quitter la e^p^ t^J^ et dé pr,e^dj;e J4, rpm:(9 4^ ^r^nçG i accc^p^f nés dô^ rçgf et$ du j)#^te ^Jt d0* çri?.iutes de iQi^r^ ^aaais. B^^utçfÇ J'^udace 4v priuce Mwi^ ue s'arrêta pUl^ à de^ wgoh çi^tioi?^ jPj^pjgLgfmtps, U dQ«w: df^.ordr^*, isupposa des instfucûofig de F^r^Ji^wid YU, et , bon gré malgré , se fit rem^tfe ^ pa*' I4 jpgite^ le Prip^^ de laf aij^^dopjl: Jap^ps^tice à 5*y-9nRe dey^uait ijec^ssiir^ à Jlenjtiei? ac*complissemenf 4?|5 pn^et* di^ N^ç^p m^ la couronne d'Espagne. La délivrance du favori ftt plu^ d^efifet sur le peuple Espagnol que renlëveiAèttt de feon roi. On pouvait crowie encore qup Ferdimpd «t'était retenu-à Bayo;ine qme par 3^ propre volo»^; ro^ijs rélarçissexnept de Godoy ne laissait pjus de doute sur lés manœuvjfeç de Napoléon. Dès ce jour^ Ja haine attachée à God^y
HISTORIEE. UVtl
s'ëtencjiit juâqqi a l'empereur ; U conduite du geuerai en chef dq Farmëe fran^fti&e ^ tors de 1 ameute populaire du 22 h>ai^ (togmentales dispositiotis séditieuses de Itaniuititudejiie mëoontenteniciit se propagea' peu à peu, ïtv^ menta long- temps en silence dans les classes kifisrîeures y et enfin éclata d'une manier e terrible , aussitôt que des chefs firent flottet^ aux yeux des Espagnols Te'tendard de l'insmrection. Maïs il ne faut pas anticiper sur fes éyénemeas.
Ferdini^nd VII , entra <kj£s Bayonne le 20 aimii 1 808 , à midi* Il étai( aiecompagné de l'infant don Carlos , ae ses ministres , de ses C03ieœiller5 ^ de trois grande d'Ëspagœ qu'il avait envoyés, arec i^on frère, au devant; de Napoléon.
> Deux heures après ison arrivée, l'empereur accourut , à phe val^ dans la maison 4(}u« le piinoe occijq>aât. Eerdinaïul descendit , pour le recevoir, jusqu'à la porte de la rae ; les ndeux mooarquejK i'embrassèrent , et ie^ primeras paroles de Napoléon furent:
Prince , • tecî n'est point un guet - apens. Irofiûe cruelle, ou mensoiige audacieux!
Après mne îccmrte entrevue , l'empereur se
LKVIII PRÉCIS
retira. Ferdinand l'accompagna jusqu'à la porte ou il e'tait descendu pour le recevoir.
Le même jour, les deux souverains dinèrent ensemble^ et se donnèrent, devant toute la cour, des marques non équivoques d'amitié.
Ferdinand, fut amené au palais de Napoléon , et reconduit au sien dans les voitures impériales.
A la nuit , S. A. le prince de Neufchatel se présenta, devant lui , pour deuMinder le mot d'ordre de la place de Bayonne. Apres quelques cérémonies, le roi accepta cet honneur militaire.
Dans la conversation, l'empereur avait toujours donné, à Ferdinand, le titré de prince ; celui-ci , prévenu à Vittoria par le général Savary, n'en avait conçu aucun ombrage. Jusqu'à ce jour, la parole seule d'un officier français valait tous les sermehs.
Le lendemain , 2 1 , le général Savary se présenta devant S. M. C. Il est difficile de peindre la surprise et l'émotion de Finfortuné monarque , lorsqu'il entendit ce même général , qui lui avait répondu , sur sa tête , du succès de la négociation et de l'heureuse
HISTORIQUE. LXU
îssae du voyage ^ lui proposer hardiment , au !]
nom de 1 empereur, l'échange du trône d'Espagne et des Indes ^ contre un apanage en pays étTMiger.
Ferdinand, iAdigné, repoussa, sans balancer, cette humiliante proposition : les eonseillers don Pedro Gevallos , et don Juan de Ëscoiquiz entamèrent aussitôt, d'après son ordre , une négociation dans le but de deniontrer, au ministère français, que l'échange demandé par le général Savatry , était au«si contraire à la véritable gloire de i'empereur , qu'à la justice des nations*
Le âa mars , AL de Charapagny, ministre des relations extérieures , répondit aux représentations des deux conseillers de S . M . C par de nouvelles propositions : après avoir déclaré que les intérêts nationaux de l'Espagne exigeaient le sacrifice de la dynastie 4es Bourbons, il offrait, en retour de la renonciation de Ferdinand , à tous ses droits , tant en son nom, qu'au nom des autres princes de sa famille , le petit royaume d'Étrurie. Il ajoutait, que l'intégrité du territoire espagnol serait garantie par le traité de ces- , mon, et qu'un frère de l'empereur serait
TOM. If- «
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placé sur le trône d'Espagne ; que y si Fei^i* nand acceptait la pi'oposition el; desirait jépouâer une princesse de la famille impériale , S, M. I- et R* ordonnerait la célâ>ratiop du mariage , aussitôt que le traité serait signé; mais que, dans le cas où Ferdmand refuserait ces offres , il perdrait le royaume d'Espagne , sans obtenir aucune compea- ^ation. , .
. Le roi , après avoir pris l'ayis de son conseil, repondit négativement aux nouvelles propositions. -Quelques jours s'écoulèrent : Napoléon, lui-même, voulut engager les .conseillers de Ferdinand à persuader au jeune monarque d accéder à ce qu'il proppsait. Aucun raisonnement, aucune pro- Viestse. ne purent ébranler leur fidélité ; ils essayèrent à leur, tour, mais isans plus de succès, d'amener l'empereur à l'abandon de .ses projets ambitieux : ils lui inontrèrent , en vain, la nation espagnole tout entière en armes pour s'y opposer. Nfippléofn n'était point un prince que la réfisjstance pût faire , reculer.
L»e a8 mars Ferdinand annonça , par une lettre adressée à M. Champagny, qu'il vou-
BISTOEIQUE. UUU
Ut retouraier en Espagne où il pourrait
ébonter et peser^ plus convenablement qu'à BBiyonne^ les propositions, impériales. Sa lettre re&ta sanâ réponse, et n'eut d'autre effet que de faire entourer d espions le palais qu'il habitait. Deux courriers qu'il envt>ya à Madrid furent airêtés, et, lorsqu'il seli plaignit, les ministres de Napoléon, oubliant les tentatives faites récemment pour engager le jeune roi à renoncer à sa couronne, répondirent que leur maître ne reconnaissait pas' d'autre souverain en Espagne, que Charles lY; que les ministres de Ferdinand n'avaient donc pas le droit de délivrer des passeports à des individus espagnols; et qu'au reste, les dépêches pouvaient être -envoyées par la voie sûre et prompte de l'estafette française : des ce jour la captivité du roi n'était plus douteuse. Cependant , malgré la gêne étroite où on le tenait, il trouva moyen de faire parvenir à la jimte de Madrid, avec la nouvelle de ce qui se passait , l'ordre de gouverner pendant son absence , de commencer les hostilités au niomeilt où il serait entraîné dans l'intérieur de la France , et de convoquer les cortès pour
tMM PRÉCIS
âViâêl' aux moyens de sauver l'Espagne. Ces ordres i^ purent pas êtr« mis à exe'cutiop , parce qu'ils n^arrivèrent dans la capitale qu'après d'autres ordres contradictoires , tfune. date postérieure ^ signés et envoyés pair Ferdinand Vïl , à la suite de la renonfciatio«i 4e Bayonrie. '
^ ' Cependant ^ l'empereur étonné de la résistance inattendue de son jeune prisonnier, se décida à faire usage de la protestation écrite à Aranjuez et r^nise au général Monthyon , pèr le tieux roi Charles ï V.
Gett« protestation -^ dont il a été parlé plus haut , fut alors connue pour la première fois, eile éjtait ainsi conçue :
« Je proteste et je déclare ^ùe mon décret du 1 9 mars ^ f par lequel j'abdique la couroBiie en fa?eur de mon < fils, est uu acte auquel j'ai été forcé pour prévenir « de pins grands^ malheurs et Teffusion du sang de « mes sujets bien aimés ; il doit en conséquence être « regardé comine do nuHe valeur.
' « Moi , LE Roi. »
« Aranfuez, le 21 mars 1808 (*).
{*)P'^oye%^ page Lvi^les réflexions sur cette date et sur les motifs ejui engagèrent Charles IV k «igner une pareille protestation»
Des instructions avaient été envoyées à Madrid : on. vit donc arriver en France Charles IV et la reine son épouse. Ils ve» naient concourir aux desseins de Napolépn, et déshériter leur fils. Le Prince de la Paix arriva inunédiatement ^prës eux et reprit , sûr le champ , son rang et son influence. Le favori appartenait alors à l'empereur «^ paf Vintérét , et par la reconnaissance. Il lui devait la liberté et , sans doute , la vie. Napor léon comptait que Fempire de Godoy sur les deux époux , serait eniployé à faciliter et à assurer le succès de ses prétentions injustes et ambitieuses : il ne &t pas trompé dans ses espérances.
Arrivé à Bayonhe, lé premier acte de Charles IV, après un entretien secret avec Fempereur , fut de faire venir son fils seul , dahs son palais. Là , en présence de la reine et de Napoléon, il lui signifia que , si le jour suivant (6 mai) , à six heures dû matin, il ne lui avait pas rendu la couronne, lui, son firère et sa suite seraient, dès ce moment, traités comme émigrés.
Ferdinand obéit : sa résistance eût été ÎQutile. Il mpiHyle 6 mai, son abdication.
ixivf^ MECI8 ^
après avoir déjà prévenu , par écrit , Napoléon , le 5'au soir, dé ce quUl avait résolu dé faîi'e le lehdemaiii, '
C'est aussi le 5 , que le traité par lequel Charles IV cédait à rempereur Jî'apoléoh la couronne d'Espagne et des Indes , fut rédigé et signé/ Le maréchal Duroc représenta 1 empereur^ le Prince de la Paix signa , avec les pouvoirs de Charles IV. Ce dernier n'attendit pas , pour apposer sa signature , que le vieux . roi son maître , fut rentré dans tous èes droits , par la renonciation de Fer dî-
najidVnn-
Pendant que ces événemens s'accomplissaient, le 6 mai, on reçut, à Bayonne, la nouvelle de l'insurrection qui avait éclaté à Madrid le â mai. Le grand duc de Berg, dans son rapport, exagérait, on ignore par quels motifs , la gravité des faits et le nombre des victimes. Napoléon, allarmé et furieux, se rend, aussitôt, auprès de Charles IV: SQudain, le prince des Asturies est mandé pour la seconde fois : il arrive , il attend ,
(*) f^i>9ez ce traité, dans les Ptieesjusitficcuives^ W^T*.
pendant «ne heure , qu'il plaise à 9on père de le recevoir, enfin il e»t introduit. L'empereur et ses parens sont assis, lui seul reste debout. Là, il s'entend reprocher, aiçec amertume et arec violence , d'être la cause de tous les malheurs qui sont arrivés : il veut se défendre ; la reine , sa mère , lui ferme la boudbe, et le roi lui ordonne de faire, sur le champ, une renonciation* absolue à la couronne, sous peine d'être puni avec toute sa maison, comme usurpateur du trône et conspirateur contre la vie de ses parens.
Ferdinand se résigna, il abandonna sur l'ordre dej son père , les droits qu'il avait reçus de lui. L'infant don Carlos, son frère, et rin£uit don Antonio , son oncle , imitè-^ rent son exemple, ils renoncèrent à leurs droits natureb , déterminés à ce sacrifice par l'espérance que l'Espagne trouverait, sous ime autre dynastie^ le bonheur, qu'il n'était plus au pouvoir de la famiUe de Qiarles lY de lui donner.
Napoléon voulut avoir Un acte revêtu de k signature des princes , ou de celle de leur fondé de pouvoir ; le conseiller Ëscoiquiz.
^héra^^p^r: lïo traita ^ $%iie le lo inai (^)i au t;r,ait4é couclu le 5 pM*<lë maréchal Dv^o€^ et par 1^ Prince de la Pai&ï , . ^ '^
Chartes IV éoi^ an conseil dé Câ6tilb^| et à celui deTinquisition^, pour iem Mt^ pBLrt des actra de cession ^ et pour leWdoti-^ ner ordre de reoonnaitre le nouveau soûve^ rain qu'il plairait à. FekiïpereiLr àés Fraûfâii^ de donner à rEspagne.
Le prince des Astnrieâ et les ihCints joî-^ gnirent leurs exhortations âilx ordres dit roi ; afin de prouver leur sincérité dans l'abandon qu'ils venaient de faire de leurs droite, ils adressferéiit , dé Bordeaux, nne proclamation au pèttple espa^oi , pour Fen* gager à sùitre letii^ exemple et à se sc^umet-* trte , sans résistance , à la foi de la nécessite,
Cependant, à Ta nouvelle des évënemens de Bayônne, des séditions éclatèrent dan* plusieui's villes de fiEspagtié : le peuple se rëvolta naal^é les autorités qui cherchaient à exécuter lés derniers ordres de Charles IV^ en publiant et en faisant reconnaître Tactè
(^) YoyfiE, PiècéêjuêUfcoHve^^ N'II,
àp €6$taon^ N^poJbéoQ ^j^'iaquieta peu de ces Mtitèremenft p<^laài^ ^ à lâ tête desquie)» ea né nhofmifmk^nooré aucun homme d'uà mmn^cdiKiii» il jetait en poXtes^îon <fes cttsK delks JLqip«rl4mtè6 V ^t la Valeur de «on année .'«•nlti^it devoir lui assurer,, poiir l'àni^îr^ VehémtmM de rEapague.
-: AuMitot qu'il s était tu maître de dispo^^ fier (ib la couronne d'Espagne , il avait convo«> filé , à Bayonoe^ uncr îi^nte nationale. Cetfet îiuntei) Tégulièrement asbemblée^ :devftit se composer de grands d'Espagne, des dépur tés des conseils nationaux, et de presque tout ce qpie FËspagne coiuptait d'hommes éminens dans les ordres ecclésiastiques , mi-lilaîrés et admiiiistrati&. il avait annonce qe^ fi(m im^iûoD était de placer un de ses fr^H^.l^ur le trône d'£$pague. C'est poi^rfuoi , vaulant doimer.au .nouveau souverain l^i|^pvi 1^ la tolonté natio^le, et ^nsacr^ \^ résultat dds évétien^s de Bayonne^ pa|* une aorte dféWeti^tm libre , il engagea le consçil ée G^i^^te, la j Apte de gouvçrnement: établie à A|a4rid, les coDseik nrnnic^aux des .prifiMHpaks viUes, et i'assemblée de fisy^^ï^Bi^t À t^hpisir ufi ror parmi les princes
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de sa familte. Il né leur cacha pas qu'il verrait, avec plaisir, Télëvatioii de son fr^e Joseph au trône d'JB^pagne ; mais il les laissa mattres de choi^r. Aucun autre ne pouvait mieux convenir que ce prince, aux besoins de l'Espagne : on connaissait sa douceur, ses vertus et ses intentions Honorables ; son administration, dans les états de Naples, faisait concevoir de favorables espérances ; il fut solennellement demande à Tempereur par des adresses des corps de Tëtat et des villes espagnoles.
Joseph pboclamé Roi. -^ Soir eittree en Espagne.
Le 6 juin 1808, un décret impérial proclama roi des Espagnes et des Indes , Joseph Napoléon, alors roi de Naples et de Sicile.
Joseph arriva le lendemain. Invité par Fempereur, son frère, à se rendre à Bayonne,il avait quitté Naples, et était accouru en poste. Le décret de la veille lui fut communiqué. Il accepta le tràoe qu*on hii offrait , après avoir lu , dans l'acte , cette phraàe de Napoléon : « Nous garantissons au roi des c Espagnes l'indépendance et ¥ intégrité. à^
HISTORIQtJX. tmx
cses étftts soit dTlurope, soit d'Asie , soit « d*Mriqae , soit d'Amérique ; » et , après aroir déclaré qu'il ne couMntait à régner sur l'Espagne, que dans Tespéranœ qu'il aurait le poiiToir de faire le 'bonheur de ses ncru<^ ?eàux<sujets.
Aussitôt que la nouvelle de l'arrivée dû roi Joseh fut répandue dans la ville , les grands d'Espagne, et les Espagnols de toutes les classes, réunis à Bayonne , s empressèrent d'aller présenter leur hommage à S, M. La noblesse de ses manières, son affabilité, ses paroles gracieuses parurent lui avoir conquis tous les cœurs.
Une députation de la grandesse lui fut prés^itée. On comptait alors parmi les Grands réunie à Bayonne les hommes Fesj^us iUttstresdel'EspagnepM'leurnom, leur naissance et leur fortime, MM. le prince de Gas^ tel-Franco , . les^ ducs de J'Infantado , Frias \ Parque , Hijar et Ossuna ; les marquis d'Harizas et de Santa-Gruz, et les comtes de Fernan Nunez^ Orgaz, et Santa-Colona. Dans le discours de félicitation qui fut adressé au nom de toua par le duc de l'Iniantado , on
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Femarqua le passage suivisq^t : 0c Les ^par tt gnols fi^tendent leur bopheur du règne d« idi y. M. On de^re ardemment votre pr^ésencf «: en pspsigiijà pour fixer leiEî idéçs , concilier ^ tous les 4ptérêts ^ et re'tablir Fordre si né- « cessaire pour la régénération, de la patri^. « Sire ^ les Grands d'Espagne se sont tou* « jours distingués par leur fidélité envers leur « souverain : Votre Majesté réprouvera ainsi a que nptre affection personnelle. »
L'adresse de l'armée présentée par le duc del Parcjue, celles du conseil d'état, dû conseil de Castille et du conseil de l'inquisition ne renfermaient pas de moindres protestationj.de dévouement et de fidélité.
Cétait peu que dfe témoigner ainsi publiquement leur satisfaction, ces Espagnole »r les premiers dfe la nation ,. qui , quelques aiois aptes, ah^donnërent le pluti cpt'ili^ avai^it Si $i>le£inellement embramé, consi*gnaiebt encore d^ns leur eorrespondanee l'expression de leur dévouement : on lit dans une lettre confidentielle d'iin des anciens mi*iikires de Perdiiianit , de ^ébài qitî diéf endit avec le plus de t^aoké les intérêts légitimés de soin maftré contre lœ prêterions usur-
BISTORIQCT. LXXXI
ptttrice$ de Napoléon (*) , ces lîgiies quî sont , sans aucun douté ^ f expression libre et to« lonEairedes sentimens de rëcrfvain : « J'ai eu iÈ rhbQQQeur d'être présenté au roi qiii est c arrivé hier de Naplés ^ et je crois que sa € seule présence , 3a bonté et la noblesse de < son oœur qu'oit dicoiwre à ia première « nntjd^ suffiront poui^ padifier les province» 4L sans «voir necours aux armées. »
Daca la ferveur àk leur naissant amour pour Jofiepfa ^ toisa lés Espa^iols qui att^* dâient à Bayonne Fouverture des* travaux de rassemblée nationale^ fAdurent mettre le teosq» à profit eC donner spontaaéiueht: une aiarqiie édataute de leur sile pour le nouveau souverain. Ils ôpmpoaèreot et pu- Uièrient.uue proclamation à leurs compatriotes^ poujt les exhorter à se soumettre tranquiËUietoeat à la dynastie nouvelle. Afin de mieux lever tous les obstacles \ les plus habiles s'étaient chargés de développer, avec
(*) Bon Pedra Ce? adlos , cdai qui a fait connaître le peoiier, Amis un €xpo^ p«Wié en^iSoS, tes moyens «mployés par Tempereur Napoléon pour enlever la conix)nne d*£spagne à Ferdinand VII.
LXZXII ]?iiicis
chaleur et avec logique, les avantages que présentait poui^ le banheitr de l'Espagne, le dMmgeinent cffété dans le gouvernement. 0
: Edfin rassemblée ouvrit sa session le r5 juin; Elle était présidëe parM, Azanzâ ; exministre du roi Ferdinand VII : une*adrèsste respectueuse autoT Joseph Napoléon fiit son premier acte public. Elle s'occupa ensuite de l'examen de la constitution. Cette cons"titution, également ékHgnée dé l'anarchie populaire et du despotisme ministériel, consacrait les droits d'une liberté raisonnable. Destiné à rempfcfcer l'édifice antique et irrégulier des pactes constitutifs des royaunkes de la Péninsule, ce nouveau pacte national con- €rmait et conservait leurs dispositions utiles. On vit régner dans l'assemblée là liberté la -plus entière pendant la délibération des articles. Le général des cordeliers attaqua la suppression des ordres religieux ; un con-
{*) Sans le jnème temps , la junte de SévUle» après avoir déclaré, le 6 juiii , la guerre à N^pioléon , puUiait une in$trucUon peur apprendre aux eitoyenê à résU^ ter aux armées françaises, ( Voyez ^ PUcesjustifica- Hves, KMII.) . .
HlITOftlQCE. UIXIII
4idllw d'inquisition demandu que le tribunal, de la foi ne liât pas détruit, mais qu'il tàt seulemaat astreint à suàrre les formes .pudiques des tribunaux ecclésiastiques épiscopanx ; Fas^mblée considérant que ces mesores étaient du ressort de la législation, les ajourna , déclarant qu'elles ne pouvaient £ure partie de l'acte constitutif. La question des majorais et la* quotité 4^ leur revenu fiir^t l'objet d'une vive discussion à laquelle prirent p^ le duc de l'Infaxitado , le duc d'Ossuna , le n;iarquis de Santa-Cruz et d'autrjss Grands d'Espagne. H iîit. résolu, confonnémeQ,t à la proposition du duc de l'Infantado , q\ie les revenus d'uii ma|orat ^ppurra^t s'élever à ap,ooo piastres fprtes (loo^o^. francs.)
, Enfin après une délibération qui avait duré douze jours , la constitution , modifiée dans quelques articles , fut entièrement terminée. (*)
Le 7 juillet, Joseph prêta le serment de la. maintenir, et aussitôt les quatre-vingtonze membres composant l'assemblée lui
tA\ mm «k * t * ^*^^ ^* mw^ vw
jttr^»«ciri: i^lk^é. Deuk jouro ^res, te ^i, S. M. C. se mit ee route poi^ ses étÈdè.
Déjà, à BayenAe, leiBkiiMèfrèétkmaisdti duiKmv^au souverain dvàienl; el^ tùnaéêée^ ancien» ministres de Gharies IV, <le Eercli^ nand Vil et lies grands offieier^de là maisoti de Charles IV. Tou^ avaient iiri^iie cet hônr neur avec empressement , tc^s avaient pro^ mis fidélité aaa frère de Napoléon.
D(!S le ^4 juin , le marquis dé h R^Mmna i^ait-envoyé à S. M. l'acte de^ prestation d# seirment par tout seu corps d^iarméè , d^nis ie général en chef jusqu'ati dernier soldats >
Le premier acte de «ouvei^ilneté , exercé par Joseph , à son entrée sfÊtt lé territoire es^ pagnol , fut U9 actede clémence ; il pardcHum aux habitans de Saint-- Ai^der qui v«nbi€^t de se révolter contre les trotipe^ françaises et qui Paient en conséquence menacés d'une exécution militaire.
Il recueillit, pendant son voyage à Ma^ drid , autant de témoignages d^attacfiement qu'il en avait reçus pendant : son s^our à Bayonne. Toutes les villes qui se trouvaient sur son passage , toutes celles qui avoisinoient la rou4:e , s^empne^ssàrent de lui prêter
HISTOBIQ0E. LXXXf
sœment de fidélité par l'organe de leurs dépatati»Qft.
. Un régiment espagnol , le régiment d'Afriqpie^ poussa l'enthousiasme jusqu'à vouloir dételer les chevaux de sa voiture ;, Joseph s'y r^^a, mais il ne put empêcher ces soldats de le soivTO pendant trois lieues en l'accompagnant de leurs acclamations.
S. M. arriva à Madrid le qlo juillet ^ et y fit son entrée au milieu des wi^at de la multitude. Le spectacle des combats de taureaux ,* donné gratis à la populace , des secours pé^ cuniaires répandus parmi les classes pauvres^ le paiement des pensions échues ^ firent en peu de jours bénir ^ dans toute la ville ^ le nom de Joseph Napoléon.
Aussitôt après son arrivée , il fut proclamé roi des Espagnes ^ suivant le cérémonial usité en pareille circonstance , et reçut les sermens de tous les corps de l'État. Seul le conseil de Castille, qui avait été le premier à demander Joseph pour souverain , semblait , en tardant à lui préseiïter l'hommage de son dévouement , vouloir être le dernier à le reeopnaître comme roi«
Déjà ^ cette reconnaissance avait été faite