‹ Mémoires du Général HugoChapitre 3 sur 95 · X PRÉCIS · texte numérisé non relu

X PRÉCIS

c'est Manuel Godoy , qui , du rang de simple garde-du-corps , est , en peu d'années , arrive, par un grand scandale public, aux premières dignités du royaume d'Espagne ; c'est le favori du souverain ; un homme qui, sans les talens de ces fameux favoris espagnols , tels que le connétable Alvaro de Luna, le marquis de Siete-Iglesias et le comteduc d'Olavidès , a surpassé leur fortune.

Un Godoy oser attaquer un Napoléon !

cette idée transportait l'empereur d'une rage qu'il se garda pourtant bien de laisser paraître ; car cet homme d'un génie extraordinaire , qui s'emportait si facilement pour la moindre contrariété domestique, savait se contraindre lorsque la manifestation inopportune de sa colère pouvait en arrêter les effets. Il connaissait le proverbe italien : La

Tint, pendant quelques jours ^ à cause de son opinion sur la guerre, le favori de la nation. U croyait , par sa proclamation de 18069 retrouver sa popularité perdue; il se trompa. Les temps n^étaient plus les mêmes , son administration désastreuse avait pesé sur TËspagne, et sa proclamation mystérieuse n'y produisit aucun effet. Le peuple, qui oublie si facilement les bienfaits, conserve un souvenir opiniâtre des persécutions.

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