HISTORIQUE. XI
vengeance est un fruit qu il faut laisser mûrir. La paix n'était pas signëe avec les puissances ennemies; elles étaient vaincues, mais non pas encore accablées. La guerre avec le Midi eût été impolitique et désastreuse , en ce qu'elle pouvait faire une puissante diversion en faveur des rois coalisés , et jeter l'empire français dans de grands embarras. Napoléon fiit obligé de temporiser. Sans laisser paraître qu'il eût été inquiété par la proclamation , il demanda dans quel but elle avait été faite. Le ministre espagnol, connaissant la victoire de Jéna , et effrayé de son imprudente levée de boucliers , répondit qu'il avait craint une tentative armée de l'empereur de Maroc , et quelques mouvemens militaires du Portugal ; le monarque français eut l'air de trouver cette réponse satisfaisante.
Cependant la glorieuse paix de Tilsit laissa l'empereur libre de s'occuper des soins de sa vengeance, et contre l'Espagne d'où était partie la proclamation, et contre l'Angleterre qui avait poussé l'Espagne à cette dangereuse attaque. Il comprit que l'alliance avec le Midi ne lui offrait plus la même sta-