‹ Mémoires du Général HugoChapitre 33 sur 95 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Expédition de Guellar. — • Afikire de Santiago. — Prise de

Saragosse,

En né discontinuant point des travaux, dont le prcHnpt éloignement de TEmpereur et ma position aux avant-postes / me faisaient sentir là sérieuse importance, j'eus, en moins de quinze jours ,- mis la viUe à l'abri d'un vigoureux coup de main. Les deux premiers bataillons de guerre furent organisés , et l'instruction variée des anciens soldats qui les composaient , fut rectifiée et soumise à l'ensemble des réglemens français. Le 5* bataillon reçut les hommes hors d'état de servir activement , mais par son organisation , il fut mis à même de n'être point inutile. ' Déjà l'Empereur, prévenu des projets hostiles dé l'Autriche , était de retoiu* à Paris. S ne lui avait fallu en Espagne que quelques semaines , pour battre et disperser les forces de l'insurrection rassemblées dans l'Aragon , les Asturies et la Yieille-Castille ; forcer le terrible passage de

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Somosierra , soumettre la capitale , et présenter ses aigles sur le Tage. De ce point , jusqu'aux côtes des quatre royaumes du midi, il n'allait plus trouver d'obstacles , si la marche de l'armée anglaise ne l'eût obligé à revenir sur le Ouadarama , dont il eut le premier à franchir le Puerto encombré déneige ; à poursuivre cette armée sur Benavente , et à la forcer à se rembarquer précipitamment en Galice.

Plus Napoléon avait mis de rapidité à s'éloigner de Madrid^ plus 11 importait de couvrir cette capitale aussi rapprochée de la frontière » que l'était autrefois Paris , avant la conquête et la réunion à la France des provinces de là rive gauche du Rhin. Les Espagnols dispersés n'étaient pas détruits ; les uns , répri^anisaiefit leurs brigades dans rEstramadùre , les autres sous la protection de Giudad Rodrigo» Partout aussi, on leur créait des bataillons; pavtout ils étaient chaudement servis par les partisans de Ferdinand YII qui , ouvertement ou en secret , leur fournissaient tontes sortes de secours. .

Le Royal-Etranger n'avait encore obtenu que son déci^t de formation; quelques fiuâils, rebuts des arsenaux , ou ramassés sur les champs d^ bataille et raccommodés à la hâte , lui avateat été envoyés sous l'escorle des recrues faites pour lui , et dont la plupart désertaient en

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chemin; aucun hfibilletneat, aucun objet d'équipepient ne lui avait encore été fourni , et son état de pénurie le fatiguait beaucoup, dans une saison toujours rigoureuse dans les hautes montagnes.

Informé par les secrets et nombreux partisans du nouvel ordre de choses , qu'on Tenait de confectionner à Cuellar un habillement et beaucoup d'effets , pour les volontaires de l'arrondissement de cette petite ville » située en ligne droite à douze lieues de nous, dans la province de Ségovie, je pris des dispositions pour les leur enlever , et bientôt ils furent dans les magasins de mon régiment* Ce secojars et quelques autres reçus a la même époque du gouvernement royal, me décidèrent à me rendre maître du Val d'Amblès , par l'oçoupatign du Puerto de Yillatoro, afin d'obaerv^^r, de ce point*, les rives du Termes , de menacer le col de Tomavacas qui s'ouvre sur l'Estramadure , et qui se trouvait , ainsi que celui de Banos , occupé par des troupes insurgées ; de pouvoir enfin communiquer avec les détachemens que la province de Salamanque serait dans le cas d'établir sur ma droite , pour éclairer la frontière de Portugal.

- Bientôt après , je portai sur Piedrahita même qudques cents hommes aux ordres de mon frère

Louis y aucieu capitaine de grenadiers au 55* de ligne 9 devenu chef du i " bataillon du régiments Cet officier prévenu, pendant la nuit du la au u5 février (1809), qu'on devait l'attaquer au point du jour, jugea plus convenable de marcher àFennemi, que de l'attendre; il fit en conséquence prendre les armes, se mit en route, et rencontra en avant de Piedrahita , huit cents volontaires d'Avila , qui débouchaient du petit village de Santiago. Mais quel fut son étonnement de se voir, au commencement de Faction, abandonné par la moitié de ses soldats qui , nou contens de passer à rennemi, firent aussitôt feu sur les braves restés fidèles à ses côtés ! Malgré cette épouvantable défection , mon frère tira si bon parti de la valeur et du dévouement de ces derniers, qu'il repoussa les volontaires , et les poursuivit près d'une lieue , après quoi il revint prendre sa position de Piedrahita (*). Informé de cet événement d'une nature bien

(*) Petite viUe de la province d'Avila, au pied de la Sierra , d'une population de mille à douze cents àme$ , non compris plusieurs couvens. des deux sexes. Elle est entourée par une enceinte à tours carrées, laquelle tombe en ruines. On n'y trouve de remarquable que le joli château de la défunte duchesse d'Âlba. Il y a des sources minéx^des dont on n'a^fait encore aucun usage.

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peu rassurante pour les officiers, et dont la composition du régiment devait leur faire appréhender la récidive , je fis partir aussitôt un renfort choisi pour Piedrahita , avec ordre à mon frère de s'y maintenir et d'y retrancher sa troupe dans le couvent de Saint-François. J'accordai de l'avancement aux braves qui s'étaient distingués , particulièrement au sergent Husson.

Nous apprîmes dans le courant de février ( 1 B09) par un ordre du jour que Saragosse, après une mémorable défense , venait d'être prise , avec une garnison d'environ vingt- quatre mille hommes*

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