CHAPITRE Vm
Désertion . — Mesures pour y mettre un frein . — Rayon occupe. Afikire de Tomavacas. — Exemple sur des déserteurs. -^ Postes perdus. — Bataille de MedeUin* «~ Esprit public «
Cependant les malveillatis , témoins de la composition de Royal-Etranger, et alarmés de Tactivité de ses entreprises^ ne négligeaient aucun moyen pour le dissoudre par la désertion; ils parvinrent à la rendre si considérable , que je fus obligé de prendre , contre les embaucheurs, un arrêté comminatoire des plus terribles. Les mesures qu'il prescrivait produisirent aussitôt un eflTet merveilleux : le roi , convaincu de leur utilité, les sanctionna par uu décret, et nous vîmes alors nos compagnies prendre un complet respectable , par suite duquel le régiment, deux mois après sa formation , s'étendit depuis le village de Las Rosas {*)
{*) Village mal Dommé, situé à trois lieues de Madrid.
et TEscurial , jusqu'au Barco d'Âyila [*) , c'est-àdire sur un rayon de trente lieues. 11 occupait ^ outre Piedrahita et le col de Yillatoro , dont je viens de parler , la ville d'Arevalo et le bourg de Yilla Castin , sur la route de Yalladolid par Yaldesillas ; les officiers eurent ordre de s y retrancher dans une caserne.
Ces postes, dont remplacement gênait beaucoup l'ennemi , l'obligèrent à nous observer à son tour , et , dans ce dessein , il établit , sous les ordres de don Cark)s d'Espagne (émigré français ) , un cantonnement de troupes anglaises , espagnoles et* portugaises, au Puerto de Tornavacas , à quelques lieues du barco d'Âvila. M. Ratimena , chef du 2* bataillon , eut ordre de l'y attaquer, parvint à l'y surprendre, et le culbuta le 17 mars 1809. M. d'Ambli, officier de voltigeurs , se distingua dans cette occasion par son sang-froid et son intrépidité.
Des déserteurs du régiment ayant , dans cette affaire, été pris parmi les ennemis, je les fis
(*) Petite ville dans la vallée du Haut-Tormës , ayant, SUT celte rivière, un beau pont de pierre, lequel est défendu par une tour bâtie sur Tune de ses premières arches. On marine, dans cette ville , beaucoup de truites, ifai sont, pour le pays, une branche de commerce. Le château et l'enceinte tombent en ruines.
juger à Piedrahita , où je m'étais porté , par nii conseil de guerre spécial , au centre des deux bataillons de guerre formés en quarré. Le jugement fut signé sur des caisses de tambour , et immédiatement exécuté par un . détachement descompagniesauxquelleslescondamnésayaient appartenu. Je fis ensuite. emporter leurs cada-* vres à Ayila , et les y fis enterrer au lieu même de la caserne où la garde se rassemblait et défilait les jours ordinaires. Par cette disposition , le souvenir de ce .châtiment indispensable fut continuellement rappelé à la npiémoire des soldats.
Pendant que d'un côté j'attaquais sans pitié Fembauchage et la désertion, de lautre des partis ennemis , depuis connus sous le nom de Guérillas , se formaient et faisaient sur les routes l'apprentissage de la petite guerre. Forts d'une instruction rédigée par le marquis de la Romana , tantôt ils enlevaient les courriers et les soldats isolés ; tantôt , plus audacieux , ils volaient à des entreprises plus importantes. L'un d'eux , encore à son origine , et commandé par un homme devenu célèbre, don Juan Martin , dit l'Empecinado , ayant enlevé sur la route de Yalladolid quelques marchands et quelques officiers français , au nombre de quinze personnes, parut dans la province ; je mis le capitaine Riche
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à ses trousses, et cet' officier parvint à lui re* prendre une partie de^ marchands.
Un autre détachement ennemi , sorti de Ciudad-Rodrigo, et beaucoup plus nombreux alors c{ue celui de FEmpecinado , attaqua l au sortir de Santo-Domingo deLas Posadas, un fort convoi de recrues que m'amenaient de Yalladolid le car pitaine Ménestrel et mon beau-frère , M. Martin , sous-lieutenant. Les recrues mirent bas le. peu d*armes qu'on leur avait confiées ; mais les deux officiers et les sous-officiers se firent tuer plutôt que de se rendre A des individus sans uniforme, qui ne leur paraissaient que des brigands.
De vieux soldats walons de mon S*" bataillon , détachés à Yilla-Gastin , sous les ordres de quelques officiers suisses, se gardaient mal; les officiers les avaient logés dans une caserne , et s'étaient placés plus à leur aise dans les meilleures maisons; des guérillas les y enlevèrent tous sans coup férir; un pareil événement arriva aussi , à Arevalo , à un détachement d'une semblable composition, aussi négligemment établi.
Par le facile enlèvement de ces deux postes , l'ennemi me débarrassa plutôt d'inutiles vieillards, qu'il ne me causa de perte réelle; car ces vieillards n'étaient bons qu'à figurer dans mon effectif. Mais la prise du convoi venu de Valladolid, de ses deux chefs et des bons sous-olÉ-