CHAPITRE X
État de Rqyal'-Ëtranger . — Ëxpëdition du général Ggdinot.-:- Embauçhage. — Moine exécuté. — Ses Aveux.
Malgré ces tracasseries , le régiment était de-^ i^enu y je ne dirai pas beau , car son habille* ment n'était point uniforme , et son armement était très mauvais^ mais il était devenu respectable. L'habillement provenait de différens dépôts; le i"* bataillon Tavait reçu jaune, à collet brodé ; le a* blanc , le 3* bleu , et le 5* , composé d'ouvriers et de vieillards , brun ; c'està-dire celui que j'avais fait enlever aux volontaires de Guellar.
L'état-major général , inquiet du grand nombre de guérillas qui se levaient de toutes parts et parcouraient les provinces, autant que des rassemblemens qui s'opéraient dans les environs de GiUdad-Ro4lrigo , crut devoir faire , sur le Tormès, des démonstrations qui en imposassent à Balesteros et à don Carlos d'Espagne , chefs de ces rassemblemens. Il fit , en consé-
DU GÉNÉRâL HUGO. 6k
quence y partir de Hadrid pour ÂTila , une colonne aux ordres du général Godinot , avec qui je dus me concerter.
Ce général, ajfant pris la moitié disponible de Royal-Etranger » me laissa l'autre , à laquelle il ajouta un bataillon du id* léger; il marcha ensuite directement vers Piedrahita, par les montagnes formant la droite du val d' Ambles. Je me dirigeai sur Fontiveros {*) par la plaine , où je rencontrai quelques cavaliers ennemis que je fis vainement poursuivre. Le lendemain, après avoir traversé, le long du Zapardial, beaucoup de villages déserts depuis la maladie contagieuse de 1 800 ( fièvre jaune ) , je rejoignis le général Godinot, et nous descendîmes ensemble , le surlendemain , par la belle vallée du Merderos sur Piedrahita. Le général s'arrêta dans cette ville, et je me portai sur le Barco d'ÂvIla, où le capitaine Huzard commandait une de mes compagnies de voltigeurs , et s'était mis à l'abri d'un coup de main de la part des troupes établies à Bejar (^).
(*) Bourg de la province d*Ayila^ situé au milieu dhine vaste plaine très fertile en grains. Il a été autrefois beaucoup pins considérable qû*il ne Test maintenant.
{**) Petite ville manuùcturière à quelques lieues de la rîve droite dùTormès : on y fabrique beaucoup de draps.
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Après avoir pa$té la nuit «a Barco » |e me 4\^ posais 4 en partir pour ratouriier 4 PiedraUta » lorsque deux sergens de carabiuiar^ 4^ lU* I^ gier„ toud deux membre» de la Légiou'-d'B^nœur , déclarèrent à leur commandant que )eu[t fa^o avait voulu ie9 embaucher p^ur Giudadr Rodrigo. Cet offieier m*en ayant ilût le rapports et iii'ayant donné le meiltour témoignage do lu moralité de» deux «ergang, je ib arrêter Tbnte, qui se trouva être un ancien moine d'un cou-» veaat de Salamanque: C'était un homme d'un# corpulence élpprme^ il nous fallut chercher uiifi très fort mulet pour l'amener 'au général G^r dinot»
. Ce littéral ayant , à notre arrivée à Pkdra^ bita, iiomuiiié une oommi^M^n spéciale, le moine» av<ma son délit dervantisHoy en fut5 iTuMml^ mitéf Q0ndwméàla peimi de rag^U U dem^dn €Si$wta un pvétrei pour se confesser » ce ^Vm ne Im ^fusa p4înt*
Quoique la cot^^on soit un ^jeTs^cré^ et dont la révélation <ïst intttdife , ie prétro viiM néanmoins trouver le général , et lui dire^ devant beaucoup de monde , « que le moine ret connaissait comme une punition du cid la
« mort qu'il allait «ecev^ûr , pour avoir, ét4Mi; « gardien de son couvent , violé une jeune mie , « pour l'avoir tné^ parce qu'elle voulait m
DU GiNànàL auGo. ^ 03
tplaîpdre, et Kavoiir ensuite jetée parmorccMui
« dans les latrines. »
A^ânt de sortir pour être exécute, le jSMine fit appeler leadeujc sous-offickrs^leur demanda pardon , les embrassa et leur offrît sa montre et sa tabatière d^or , quç l'un et Faulre refusèrent : on le conduisît peu après sur le diewii du Puerto, de YiBatiw-a, ^A Vw vowliit l'iccro^ cher à un arbre, mais il était si posant, ^p» toutes les cordes se rompirent; alors , par pîtîé , on lui fît donner !a mortmiRtâïrement. lï fallut apporter d'autres cordes poyr suspendre le cadavre à unp branche.
Après uuu sorte da promenade wUitairç :4j«| ne un P0S de longue durée, k oolonnedit ^ néral Godlnot(*) pe«ra dons la Nouvelle-Cas-
(*) ^e. général <iMînaf^lait ««taché M oerps^^armée 4umai:écluil(i«içde6elluae^ qui &i«al^ partie iilf l'année d'Anâalousi^ au^ orâre^ du i»|yDéc}ii4 4m 4o I^j|»9%, et qui fut cl^argé ** J)te^ufi 4e Q^4iX,^ d# Wte d# JUep. Cegénéml îoulssaèt aloi^d^une iv^utatiena»^^, mw ^ décrut da9s jja caioiiiagac de 1 8i i » 1} #'étjHto ^listifi^ué à la malheureuse ))at4ili6 d'AtlMifa^ra» ob oepwdmt» 9*il faut eu ci^ir0 qi|i$lqiie(s Méii«»ir^ poUtiés sur la omi^ p^p<x4r*A^4^^udie^,le<ii|oiini^e9»ent âesaMg^e ii'avMt pa%iMifllites desaaiM du «énéjnà.eR chef. Plus lard:^ 4w9 lai<Mltn{iagofede i8<ft^ ^miUptma^ d^avMir mkmm Wtirnie IfMiteur «tomssesa^éraftious, teni^iiir«quip«iimt
tille. L'ennemi ne tarda point à èavoir que de nouydles forces avaient pan^ dans là province , mais qu elles étaient déjà retournées à Madrid. Il
compromettre le succès de la campagne. Quelque temps après rexpédition contre Balesteros , dans le camp de Saint-Roch , sous les murs de Gibraltar, il fut remplacé dans le commandement de sa diykion , et rappdé à Seville par le général en cbef.
Arrivé dans cette capitale de rAndafousie, le général Godinot reçilt de M. le maréchal duc de.Dalmatie quel* ques reproches 9 faits sans doute avec tous les ménage* mens dus à sa réputation et à une vieille amitié. Il s*en montra néanmoins profondément affecté. Quelques jours après 9 il emprunta , soilê un prétexte viagtie, le fusil d*un des soldats de garde à sa porte > et, s'étant enfermé dans sa chambre^ il s^étendit sur son lit, pla^ Tarme meurtrière sur sa poitrine, et, pressant la détente avec son pied, il se donna la mort.
Les caïuses de son déplorable* suicide furent diversement interprétées ; plusieurs Totit attribué aux reproches que M. le maréchal avait cru devoir lui faire sur le lionsuccès de son expédition : il est certain que le général Godinot était doué d'une grande susceptibilité; mais tous les officiers que y ai consultés sur ce malheureux événement, m'ont assuré que M. le maréchal, connaissant son caractère , ne lui avait rien dit de trop désobligeant , et encote moins rien qui pût le porter à attenter à ses Jours. On prétend que de» affections de famille fatiguaient depiûs lottg-4èaips son esprit; il laut creîrë , et cette opinion parait la mieux fondée, que les nou-
apprit aussi la punition infligée au moine em^ baucheur, et le blâma hautement de s'être adressé â des Français décorés, quand c'était sur Royal-Etranger seul que ses agens" devaient diriger leurs manœuvres.
Telles que cet infortuné général avait reçues de France à son anirée à Séville, jointes à la vive contrariété d'avoir échoué dans ses opérations, lui auront occasionné une maladie soudaine, qui^ dérangeant totalement ses Êicultés nioralesyl^aura conduit à l'acte de désespoir qui termina ses jours.
Le général Godinot avait été colonel du a5* régiment d'in&nterie légère, et venait d'obtenir, depuis quelques jours seulement, le grade de général de division.