‹ Mémoires du Général HugoChapitre 38 sur 95 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

Esprit public. — Aflàire de Mengamunoz. — Circonstances critiques. — Dispositions secrètes.

jgij ]^in 1,9,09, J'epprij; pub)ic OT^it dé)à lût, dans Jia pprofvÎAGe d' A?ila , de tels progrès en faveur du nouveau gouvernement, que les paysans arrêtaient «t me livraient mes déserteurs. On fusilla les nommés Landi et Polimann . tous deux sqrgens-majors , désertés avec armes et bagages , et arrêtés par eux. Il est vrai qu'à cette époque FEspagne n'ignorait pas que l'empereur était maître duTyrol, du Yorarlberg, de la Carniole, de la Styrie , de la Carinthie , du pays de Salzbourg et de toute la haute et basse Autriche ; on y savait que la ville et le port de Trieste étaient au pouvoir de l'armée d'Italie , dont la jonction s'était opérée avec la grande armée ; il était enfin à la connaissance des Espagnols , que l'armée de Dalmatie avait même dû , le 5 juin , se réunir à ces deux armées.

Mous apprîmes bientôt, et je fis publier dans la province , la nouvelle de la bataille de Wa-

DU GÉNÉRAL til}G(K 67

grmXjf .fiagoéfi pur l-èinf^reiir .OLapolâm. sur bf foscM fféuaiea de la monardULe autrichienne^ t ffêatna&at jfdUà hqnuneA et quinze cents pièces 4» joanon a^vaiisnt ^é réunis' sur pu champ die JbatpîUe.

J|i3qu'ialor9 )e.n avais pas osé , a^ec mon seul E^îment » mnnjlrer dedétechemens aurrdel^ des Carpentins^ aur le Tlctar et TAlbereJie , mais j:e £uiiEBàis.qbsei:ver lea fottses ennemies qui A)y îwimr Tioent caisitonnées , par un fort détachement à tfeugamuûoz , irillage situé au débouché dii Puerto idel Pico, sur la partie septentrionale des monts. Ces forces épiaient le ipbment d'enlevi^r {lav sucprijse le délacliement qui les ohseryait , de pénétrer avec avantage dans le val d' Ambles et , par un mouvement ' rapide j d obligiEâr m^ fortins, sur le haut Termes à capituler^ ouleui's gamtsQna à se nepUer prompteaieiil; -sur tnot.

Le 29 juin fut le jour choislpav dleapouj^cette ^itrepiHi^. Mengamuâoz fut attaqué .pàf j ,6[oo hommes: d'ihfanteriedé ligne et cent faiommès 'de caviderte: avë^qtle jour ^leviUageatâit été CMdi* plétem^it cerné. Le commandant Louis Hugo, peu intimidé ^e la disproportion des forces , ré^ pondit vigoureusement à l'attaque, sortit du viU lage au pas de charge et délogea successivement Tennemi des hauteurs dont il s était emparé ; puis. Tayaut cd>ligé à la retraite , il le poursuivit

êH MEMOIRES

pendant deux heures dans les défilés du Puerto, tua le chef ennemi , fit des prisonniers et enleva des chevaux. M. Riche , capitaine , Kaufmann , adjudant-major, Husson, adjudant, et beaucoup de sous-officiers et soldats se distinguèrent particulièrement, dans ce combat où plus de 1 5,000 coups de fusils furent tirés de part et d'autre. Cette affîiire était d'autant plus brillante que , outre la disproportion des forces , la position du village dans une gorge , ne pouvait qu'être infiniment désavantageuse à la défense. J'accordai sur-le-champ dés récompenses aux braves qui me furent signalés.

Le moment approchait chaque jour où la valeur et la fidélité du régiment allaient être soumises aux plus sérieuses épreuves. Informé depuis quelque temps , par des marchands d'oranges qui venaient du Portugal , des revers essuyés, dans ce royaume, par l'armée française, j'en avais donné avis à Tétat-major-géné* rai de S. M. C. Je savais que M. le maréchal duc dé Dalmatie avait lui-même, par une de ces grandes résolutions dignes de son caractère, fait détruire son artillerie et ses bagages, en se retirant glorieusement devant des forces ennemies, devenues très supérieures aux. siennes par le concours des habitans^; cette retraite s'était ef^ fectuée à travers un. pays montueux, coupé,

difficflê et surtout entièrement soulevé ; je présvniai qu'il chercherait â s'appuyer du voisinage du maréchal Ney qui oÊcupait la Gàilicè } et que dès lors son mouvement laisiserait forcément les deux Castilles â découvert. Je pensai enfib qu'Avila, par sa situation dans le val d'Amblès, sur Time des communiîcatioM carrOssal)le8 de Madrid et sur la plus courte avec les puettos de Guadaramaet de Somosierra, pourrait jouer un rôle important , si , en marchant à l'armée fran» çaise en position sur la partie méridionale de la Sierra, l'ennemi cherchait, par une ma-> nœuvre habile, à tourner sa droite et à vedir in-^ quiéter la ville capitale sur ses derrièreé. Je me préparai donc à tous' les événemens que je pré» voyais et )e me décidai è^ augmenter- lès fortifi-' cations d'Avila, maisen^évitant'de feire soupçonner mes intentions dans un pays où toutes nos actions, observées et commentées, auraient servi de bases aux opéraâons dé Tennemi.

La boulangerie «te mon régiment était'à Âvila dans une grande maison aà l'on pouvait loger encore à l'aise et séparément une forte compagnie. J'y plaçai les vieillards du régiment et je réussis , avec la promesse de Jeur faire donner du vin matin et soir s'ils n'en sortaient, pas. ^ à les employer activement à. la confection des ga« bions et des fesdnes. Là ^ sous le spécieux pré-*

7Q IfÉAfOIEES

texte de rapproYiw>:BQement d^s faurs.,:|]è ïtààÈr faisais çQndukc b^ucoupt debQi».|>r<^|>re ànMB pb)et^ un^ e^omsrPfEkîiei^.^M. CbarivUle ). aoriarit 4^ rartilleria.46 kgârde^ dirigeait ]es.tr»taii» avec M^.^ ipt€lIigan.oe et. uaé habileté qUi .MtrU passaient mes espétano^s. Tput: ce- dont, fems besoiù fut aiiisi pFotnfptemeort ooirfebtiexHBfé. -. .

La partie basse de Ja. yiUe étant ferteakeilt plongée et d'uBe défense. ÂolpoSsible:^ jeJa fid séparer, de H partie b^ute ^ pisur un FelirArich6ment palîfiiBâdé^ qa» fut flaoqué de boniMs te-', dputes a« centre et aux- extipé<nité^4 0tt'di9|jk>9«l m^Q^ en arrîèi^e^ Uoie seepfide ligne retta»cbée^ eii cas q.u^ U . prejrnîèffe: ?lot À. étf'é. foi^éea hw h^bitans» qui de^isition irméeau.œiliêiirdc^i» né m'avaient pas. vu ralentir me» traiàus ^ eon-^ sidérèrent ^ette oaut>.U>re et ses acoéssôî^e»^ anissl qtiet la §^nde aetivité que 'fj faisais mettre^^ comtoiie .une suite du système dé défease .que j'avais Adf^ftéét II naiaifiait^pfte qud<}ités beiinM p0M.déç0uVrir, è portée defiisil^ les,âppik>eBies demésif^mncheaiicàs, atteitdru qti'eU^n'étaienè couvertes que par des^ m^m 6b pisé {*y. .

(^) dh' Construit 5 en Gastine, beaucoup de murailles eki téiT^ batttié ëti pisé, et la dutée de quelques-ùned, exÈÊ^mtkatnVhkékéi» Âe oaillOtttai|j[eV atteéfé. hèaucoiip ejï favei^r de^ leur solidité. L'eneoioto de Hedina .del

DU GÉRÉftAL BU60. ^r

J'attiif ïneiÈ Tiateiilioii d'étacuer les poMes que îe coBserrai» iùr le ToiMès et dang le yàl ë'Amlilèft 6u d' Adaja y mais fs tenais à ne VexécQ^ tef qu'à la dernière exfrémitë , fnrce qoe j'avais la presque cortitiide tpie l'emteiiii i*y jetterais immédiatement. C'était dans le dessein de me faire précipiter celte résolution, qu'il vint, dans lecôurant de juillet, inutilement tirailler devant le Barco , et former une nouvelle attaque contre Piedrahita , dont tout récemment je venais de former un arrondissement aux ordres de mon frère.

Je voulais tenir cette l^e de défense jusqu'au dernier moment , parce que l'abandonner, c'eût été me resserrer à la fois sous le rapport des fonds et des subsistances , en ce que m'es postes retirés, il eût fallu que la troupe se passât de solde , ou que le trésor public la lui fit de Madrid même , enfin qu'elle vécût sur les magasins d'Âvila , dont l'approvisionnement de siège n'était pas encore assez considérable. D'ailleurs je pouvais , dans une marche forcée , me porter à Las Casas del Puerto de Yillatoro , y rassembler mes détachemens , sans crainte

Campe ( Ville da Champ ) est en pisé, d*une élévation considérable; oe qu*il en reste, quoiqu'on ruine, est d*une étonnante dureté. ^

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d'être tourné , et me retirer par rim ou l'autre flanc du yal d'Amblès , quelles que pussent être les forces de Fennemi. Ce motif suflElsait seul pour me tranquilliser; il est souyent un des avantagés de la guerre de montagnes.

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ou 6éllBKA£ HDGO. 75

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