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bilite que par le passe; TËspagne ruinée dans son commerce ^ et privée , par le système continental , des ressources de ses colonies , desirait la rupture du traité qui la liait à la France. Napoléon voulut prévenir cette rupture, recommencer, comme il le disait, l'ouvrage de Louis XIV, et renouer avec solidité la ligue des États du Midi , en plaçant des princes de sa famille à la tête de tous ces états. Il est douteux , quoiqu'on Tait assuré, que les desseins de son ambition aient été plus étendus : ces mots qui lui sont attribués : Avant peu ma dynastie sera la plus ancienne^ ne peuvent être appliqués qu'au Midi (*). Sa famille quoique nombreuse , ne l'aurait point été assez pour oc-
(^) La formation d'une confédération des États da Midi^ sous la protection de la France, parait avoir été dans tous les temps le projet de Napoléon. A une époque où il n^était encore que le général Buonaparte , un des employés supérieurs de Farmée d'Italie \ui a entendu dire : Il faut qu'un jour ta Méditerranée deviewM le iac français. L'affermissement de sa dynastie sur les trônes d'Italie, de Naples et d'Espagne aurait fait réussir son gigantesque dessein, auquel il avait préludé par l'occupation militaire des Iles-Ioniennes, et par son ex*
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cup^* et conserver tous les trônes, il le savait bien ; mais se considérant comme hé* ritier, par la conquête, de la couronne de Louis XrV , il Voulait être le maître de tous les royaumes qui avaient formé l'héritage des descendans du grand roi. Joseph tenant déjà le sceptre de Naples , il ne lui manquait plus que la péninsule hispanique pour achever l'accomplissement de son désir ambitieux. Malheureusement , en n'attaquant pas l'Espagne après la proclamation du Prince de la Paix, et en ne profitant pas de cette cause réelle de guerre pour légitimer son invasion, il avait ôté la justice au succès de son entreprise. Nul doute que s'il eût pu entrer , en
pédition en Egypte. Personne^ à Pépoque oîi il dévoilait ainsi ses projets sur Tempire de la mer Méditerranée, n'aurait osé prévoir sa grandeur future; maisBuonaparte avait mesuré avec son génie le but élevé qu'il voulait atteindre, il avait compris qu'il avait la puissance d'y arriver; il aurait sans doute pu s'emparer de l'autorité aussitôt après ses conquêtes en Italie, mais il devinait les destinées de la république; il se sentit assez fort ^our attendre y et il laissa les partis révolutionnaires se détruire les uns par les autres, s'user, en quelque sorte, d'eux-mêmes, afin de les vaincre ensuite plus facilement, et de les anéantir sans «ecousse.
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ennemi , dans la monarchie de Charles IV ^ au moment où ce prince semblait luimêpie violer une alliance solennellement jurée, il n'eût triomphé d'un roi, que l'administration du favori avait peut-être privé de l'amour de son peuple : il alors aurait pu placer son frère sur le trône conquis ; de bonnes lois , une liberté réglée et sage , une administration paternelle eussent guéri les plaies de l'Etat. La bonté et l'afFabilité naturelles à Joseph eussent fait le reste. La grande masse de la nation, cette masse moutonnière et indifférente au choix du pasteur, n'était pas éloignée de souhaiter un changement de dynastie. Le grand nombre de partisans que trouva Joseph , le prouve suffisamment. Mais nous avons vu plus haut quelle cause politique empêcha Napoléon de se déclarer après la fameuse proclamation du 5 octobre i8o6. L'Espagne qui se serait soumise à la victoire , s'arma contre la trahison. Napoléon qui pouvait être conquérant fut usurpateur : et dès lors l'issue de la guerre ne pouvait pas être heureuse.
Voyons quelle fut la conduite du Prince