‹ Mémoires du Général HugoChapitre 40 sur 95 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Retranchemens magiques . — Bataille de Tâlaveyr« de la Rein». -—Importance d'Ayila. «^ Destmction complète d'une guérilla de bandits. ,

Les gabions et les fascines , fabriqués â Tinsu des Espagnols et de la garnison, allaient enfin sortir, d'un arsenal ignoré. Les habitans , livrés au sommeil , ne pouvaient , dans de malignes espérances , critiquer nos moyens ni gêner nos travaux. Dès onze heures du soir , un grand nombre de soldats exécutèrent en gabions et surmontèrent de fascines tous les ouvrages que j'avais projetés pour masquer les postes et flanquer la place ; ils les remplirent de la terre qu'ils enlevaient en creusant les fossés, et des sentinelles furent placées à quelque distance , pour retenir les curieux qui auraient voulu s'approcher de trop près.

Bientôt toute la ville et les environs, émerveillés de tant de travaux élevés pendant la courte durée d'une nuit de juillet, accoururent pour y croire ; et plutôt que de les attribuer à

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notx^. activité et à notre esprit de prévoyance , choses également incompréhensibles â la plu-* part, ils jugèrent plus simfdé de dirç que nous BOUS étions entendus avec le diable.

Ces retranchemena prenaient d'un jour à l'aulare ]dus de solidité, lorsque Ton apprit qu'une grande action venait ({'avoir lieu. En ^fiet, le roi Josqph, avec, les i"" et 4* corps (Bdlune et Sébastian!) ainsi qu'avec la réserve de sa garde 9 avait , le â8 juillet (1809), artta^ que , devant Tàlaveyra de la Reyna , les armées anglaise) espagnole et portugaise. La victoire étant restée indécise, et n'ayant causé d'avan» tage réel d'aucun côté, les armées conservèrent l'une et ràutre les positions qu'elles tenaient avant la bataille; les alliés, parce qu'ils attendaient l'armée du général espagnol Venegas , qui était en marche sur Tolède ; les Français , parce qu'ils espéraient, d'tin instant à l'autre, voir arriver les ^•^ 3* et ^' corp^ d'armée , aux ordres de M. le naréchàl duc d«iDalmatie, lesquels ^'avançaient de. Salaménquo par.Placenzia, sur les derrières de Wellington ^ aftn de Venférmer entré le T^ge^ les montagnes et le Portugal. Mais n'anticipons point sur ce mouvement habile , fruit des vastes conceptions de M. le maréchal Jourdan , avant d'avoir exposé' eii) quoi Âvila put étrç utile dans l€» opérations coniifaiaées.

C'est après la bataille deTalàveyra, que Ton reconnut que je ne m'étais pas trompé dans Topinion que je m'étais faite de l'importance d'Avila : tous les postes français de mes environs, même ceux de la cômmjunication avecYalladolid par Yaldesillas , étaient évacués , et cette retraite notis avait complètement isolés au pied septentrional de la Sierra. Mais^ du point que nous occupions, nous pouvions rendre plus de. ser-* vices que nous ne leussions fait sur un champ de bataille ; et c'est par ce point obscur que l'armée' française, en position devant Talaveyra, après la bataille, et celle en marche par la rive gaucbe du Tormès , purent espérer de communiquer entre elles : c'est par notre maintien dans cette position difficile, que cette dernière armée eut l'avantage d'apprendre à temps les grands événemens qui venaient de se passer sur le Tage , et dont l'exposé lui fit accélérer sa mar^ che, aussi savante que hardie; c'est par Teffet de cette rapidité qu'elle sauva la capitale des Espagnes , en arrivant avant l'apparition de Ycnegas , et qu'elle força Wellington à une retraite précipitée.

Effectivement, aussitôt que le roi Joseph eut acquis , par ma réponse à sa lettre et quelques autres rapports, la certitude de la direction que prenait l'armée anglo^-portugaise , il expé-

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dia Tordre à M. le maréchal duc de Trévise de se rapprocher de Madrid pour renforcer Tarmée du centre ; et â M. le maréchal duc de Dalmatie, qui avait fait sa )onction avec M. le maréchal Ney, et qui se trouvait sur le Duero, celui de marcher av6c les corps d'armée â ses ordres , et d'arriver sur les derrières de Wel'lington par la Sierra de Francia.

Les communications entre Madrid et les 5' et 6"* corps , postés dans le royaume de téon , étant devenues extrêmement inquiétante^ pour des détachemens , même considérables ; et M. le maréchal Mortier ayant , le lendemain de nH>n entrevue, quitté Villa- Castin pour se diriger vers ces corps , ce mouvement eut pour objet de faire arriver sûrement , à M. le duc de Dal-matie, les ordres du roi pour la conduite à tenir par ces trois corps d'armée réunis.

On était donc certain à Madrid que le duc de Dalmatie avait reçu l'ordre de son mouvement, puisqu'un corps d'armée le lui avait été porter; mais on ignorait s'il l'avait, ou de quel jour il l'avait -commencé; eb chaque jour on m'en demandait des nouvelles avec d'autant plus d'inquiétude , qu'on savait Yenegas ^ en marche à travers la Manche , et qwé son apparition sous Tolède , avant l'arrivée du maréchal duc de J)almatie, devait obliger infailliblement

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rarmée-, eici pp^îtion prè» de Tâlav^yr^^, i M v^ plier iur Madrid^ et sauft doute au->dclà du Gfiar> darama ; taudis q;u'£iu conjiraifa^ VaiTWée i^ec^l îUu«t|ts capitaine sur i^» di^mèreft de Twiné^ anglo-portugaise , ayaort q^e Y en^aç fût eti nmn sure d'obVgçr 4 U retraite ra«mée aux ordre» directs de Jç^^pb > dégagerait prompt^meot le front de celle-c) » oa forçai^t le géôérol HEiglaià' à ciiercher wn abri ep Portugal » ou sur la riye g^çbç du. T^^ > P9it le pont de i'Areobisp^ Là victoire d^i^it doue f^voir de gtands résditats p^ur )e premier 5. de YeDegM ou de Soult, qui ad:k^vçffaU ^n§ mw^uiire pareflk de part et d'^i^t^r^: ç'es^à'^dirç pour le premier qui paraitrait 9uf ]^ d^rièire» de Tarmée of^osée à son parti.

M/ le ipâ^^ah^l Jouirdau m'adresaa sàn^ pein dre de tejpups uue relatiou die la bataille de Tar* layeyr^ , pour qixç )e ia fiase passer à IL le maréchal 3oùU. £lle était rédigée de manière à pouypir êtçe aventurée daoô ub ppys qouyert d'ennemi^» parce que l'essentiel était qu'il en parvint uue copie a M. le maréchal Soult , afin de lui faire Yoir ^ par Texposé des faits , toute Fimportance d'une piv>mpte apparition.

Le roi chargea le courrier qui me portait cette rdation , d'une lettre pour moi , dans laquelle, TOulant me pénétrer plus encore de

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Vnf getKm û% &ife parvenir Mtte Mlàtion, pftr ioM lès ittoyeas mtaginfliblM , il «ne disait ces iDOtB : < Si dk (la rdulîoii) ne poisé pars ^ ou « éi^ile nrrite ftop t»rd> ^ setiai pèll^étre d&ns « rdbligtflicm d'abandonner nne seconde fois « lladrid , et ]e ne puii prévoir les «nites d'un «. poieil énénuMnt «

Une petite guérilla s'était poittée au TiUage même de Yillatoro, et rien ne pouvait plus passer par le puerto , d'où j'attendais tout Je la fis surprendre et détruire pendant la nuit^ par le capitaine Kauffmann. On m'en amena trois individus ; et , comme c'étaient des vagabonds allemands, sans uniforme , et sans commission pour courir en partis; comme ils ne parlaient pas même ^espagnol , je leur fis adresser, dans leur langue, quelques questions pour savoir d'eux en vertu de quel droit ils faisaient la guerre. Leur réponse n'ayant point été satisfaisante , je fis écarter la foule , qui , dans cette circonstance, s'était portée au-devant d'eux, \e désignai^ parmi les officiers présens, une commission spéciale, laquelle, après une courte délibération , les fit fusiller à l'entrée même de la ville. Dans toute autre occasion, j'aurais sans doute traité ces bandits un peu moins brusquement : dans celle où je me trouvais , je voulus convaincre les spectateurs que

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je n'attéudais de salut que de mon épée et de la valeur de ma garnison ; j'eus en outre Tintention de faire savoir aux gueriUas que c'était pour elles choisir un poste extrêmement périU leux, que celui qui coupait mes communications avec les rivés du Tonnes : aussi ,* depuis lors, aucune n'osa- 1- elle le réoccupèr, même passagèrement.

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