‹ Mémoires du Général HugoChapitre 42 sur 95 · ME1I0I&E · texte numérisé non relu

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lies inoUes y on croit s'apercevoir d'un endroit fraîchement recousu, on décoùt à la hâté ; et la dépêche est trouvée : mais comme on ne peut avoir qu'un objet avec une pareille mission, Ton juge inutile de pénétrer le contenu de la lettre : on la laisse à la place où elle est cachée , et l'ouverture faite au bât est grossièrement refermée.

Un détachement de troupes espagnoles venu à la découverte , allait repartir pour rejoindre l'armée : on donne le mot au chef qui le commande et l'on, engage le moine à marcher avec lui 9 pour être plus en sûreté. Concha , afin de n'être pas suspect , n'hésite point à y consentir.

Son dîner fini , notre moine se rend à l'écurie pour y seller lui-même sa monture, et s'aperçoit aisément qu'on a recousu l'endroit qui conduit à la dépêche. Il tâte à son tour, et reconnaît qu'on ne l'a point ôtée, mais il ne doute plus que l'objet de sa mission ne soit soupçonné ; il se rappelle fort à propos m'avoir entendu lui dire qu'il était indifierent qu'une ou plusieurs copies fussent prises, pourvu qu'il en parvînt une. Ce souvenir est pour lui l'arche du salut ; il bâtit son plan en conséquence, et, tout en cheminant, il fait â voix basse ,' confidence à l'oflficier , que le gouverneur d'Avila qui le tenait prisonnier, lui a promis la liberté, un çanonicat et une grosse somme , s'il voulait se charger d'une lettre

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pour le général ea chef d*uiie forte arm^e française, en marche de Salamanque sur les derrières des Anglo-Espagnols ; il ajoute qu'il na point hésité â prendre une commission qui le met à même de servir utilement la cause de son pays, et qu'il porte la dépêche au général Cùesta, pour l'avertir des dangers qui se présentent.

L'officier qui, jusque-là , croyait escorter un trattre, change aussitôt d'opinion après cette confidence. Mais l'alcade de Sailit-Bonaventure lui a remis un rapport contre le moine , et il avoue à celui-ci , que faute de s'être ouvert plutôt on l'a mal jugé ; il lui fait ensuite part , que d'après des avis partis d'Avila même , on l'attendait à Saint-Bonaventure , et lui confesse que s'il n'eût eu l'intention de se rendre auprès du général en chef de l'armée espagnole , on l'y eût conduit par force ; mais que , puisquil s'y rendait de sa propre volonté, il l'y ^ocomps^gne* rait par rapport à la lettre de l'alcade , et qu'il serait enchanté d'être utile â un homme qui allait rendre un si éclatant service à la cause de Ferdinand YII.

Concha suivit â onc le plan formé pour son salut. Le vieux général Guesta , tout en le félicitant sur son patrio tisme , parut n'être pas dupe de sa conduite , car il ne lui permit pas de traverser l'armée une seconde fois; et, sous prétexte

â'aœura* Gonchâ contre leà routeurs français ^ 9 lé fit conduire sous bonne escorte , à la j ante de Séville.

La maligne )oie de quelclues personnes attira mon attention : ;)e fis jaser leurs Ibmmes, et )'a|>pris par elles qvce le moine était pris. Un chirurgien que ) pdur le charger ^'un duplicata, j'aVais tiré des prisobs où il était détenu depuis alitez long^temps , sur le soupçon d'arvoir acheté ées bestiaux volés > aYait été arrêté à Pi^dtahtta {)ar les guérillas de Lopez et de Morales, knais il avait avalé sa petite depédhe. Donc, à tna ctofiKiissanoe , ^ dèins leé eiroonstances les plu^ critiques^ aucune n'était encore passée. Il ne me mettait plus qu'un seul parti â prendre pour réussir ; c'était de troiMper le plus honnête homno^ de la province , et je le fis ; parce qu'il n'y avait aucun moyeâa de faire difl^remment , et qyill valait mieui l'employer , que d'exposer notre armée et le roî à courir les chances les plus désastreuses.

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